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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 22:37

Oz.jpg

Oz est un royaume magique dirigée par un mystérieux magicien depuis la Cité d'Emeraude. La jeune Dorothy et son petit chien Toto y sont projetés par un cyclone pour de merveilleuses aventures. Oz, c'est aussi un diminutif pour le pénitentier d'état imaginaire de sécurité maximum d'Oswald. En son sein existe aussi une "Cité d'Emeraude", tout aussi fictive que le pénitencier, une unité toute spéciale qui regroupe des prisonniers de tous horizons et de toutes spécialités dans l'espoir de faciliter la réinsertion de ces derniers. Aussi curieuse que soit cette idée, elle devient une magnifique opportunité dans l'univers merveilleux des séries télévisées. Construire une micro-société de criminels de tous poils, y insérer quelques délinquants mineurs, un monsieur-tout-le-monde... la logique de Big Brother poussée au-delà de ses limites, ou la télé-réalité avec l'intelligence d'un vrai scénario en plus: ça déménage!

Tom Fontana, scénariste/producteur aujourd'hui reconnu, créateur de Oz - dont il a, fait exceptionnel, écrit seul ou en collaboration la totalité des 6 séries d'épisodes -, a donc construit son monument autour du concept d'une unité pénale regroupant des criminels de tous poils et leur encadrement.

Les prisonniers ont toutes leurs tendances représentées et sont regroupés en clans bien archétypés portant chacun ses propres valeurs et usages et contrôlant un domaine particulier, un secteur spécifique de l'unité: le multi-culturalisme américain vu à travers le prisme de la société criminelle.

Les italiens, les latinos, les "aryens" (blancs tendance suprématistes), les musulmans, les irlandais, les "homeboys" (noirs tendance rap) vivent chacun leur code, leurs valeurs, leurs champions, leurs ennemis, leurs drames, nouant ou dénouant des alliances au fil du temps.

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Les sans clans et autres égarés qu'une défaillance, un écart fatal ont placé là sans être déjà liés à un gang déterminé, sont poussés à choisir leur camp rapidement. A défaut, ils échoueront le plus souvent à l'étage le plus bas de l'échelle sociale d'Oz pour finir impitoyablement exploités, réduits en esclavage par le reste des détenus.

Car bien évidemment, si la prison est un endroit moderne, propre et bien tenu (rappelant par de nombreux détails le pénitencier modèle de Ghosts... of the Civil Dead), ses occupants les plus permanents et les plus endurcis n'ont pas perdu leurs habitudes. La seule loi en vigueur est celle du plus fort, et certains ne feront pas de vieux os.

L'encadrement pénitentiaire, lui, reste toujours sur la brèche pour tenter de contenir le bouillonnement permanent. Cette unité si spéciale est dirigée par Tim McManus (Terry Kiney) et contrôlée par des gardiens dont certains sont physiquement en poste au centre du dispositif, une femme - l'officier Diane Whittlesey (Edie Falco, alias la Carmela des Sopranos) parmi eux. Une conseillère psychologique (Rita Moreno) et un médecin forment le maigre reste de l'élément féminin de la prison.

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Les dissensions dans la gestion de l'unité spéciale sont aussi légion. McManus conserve une vision très progressiste de l'endroit, vision constamment mise en défaut par la politique toujours plus répréssive du gouverneur de l'état (Zeljko Ivanej, décidément dans tous les bons coups: Damages,  Heroes, True Blood...) Le directeur de la prison (Ernie Hudson), lui, en est souvent réduit à compter les points.

Ces deux optiques de la détention - punition ou réhabilitation - s'affrontent sans cesse et alimentent les frictions entre les détenus.

Bien entendu, on est ici très loin de l'univers simpliste de Prison Break : le propos de Fontana est de décrire un monde répressif complexe dans lequel les problèmes abondent et où aucune solution n'est facile.

Oz3.jpg

Le pari est réussi. Les personnages sont vrais, leurs enjeux clairs. Les intrigues sont traitées de façon réaliste, et aucun des problèmes de l'univers carcéral n'est esquivé.

Les trafics, les luttes d'influence, la politique, les problèmes salariaux, les luttes entre gangs, la religion, la drogue, la peine de mort, le sexe... Tom Fontana n'est pas allé vers le simplisme traditionnel des séries, mais traite chacun des thèmes avec intelligence, réalisme et des partis pris limités. Car si la vision optimiste et rédemptrice du responsable de l'unité spéciale semble le plus souvent mise en valeur, elle finit aussi fréquemment par être mise en défaut par les réactions des détenus mêmes, qui devraient pourtant être les premiers à y aspirer. McManus passe ainsi plus d'une fois pour un naïf illuminé, éventuellement dangereux à son insu.

Le piège du politiquement correct et de la bien-pensance est ainsi évité.

Quelques épisodes construits autour d'un thème central (drogue et peine de mort) pêchent par une convergence d'intrigues trop artificielle vers un même sujet, mais la série retourne rapidement au mieux de sa forme par la suite.

On attend donc avec impatience la série Borgia, nouvelle étape dans la carrière de Fontana, prévue cet été, auprès de laquelle sa  rivale de Showtime ne pourra que pâlir si sa qualité est à la hauteur de celle d'Oz.

 

Note: 18/20

 

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 17:59

TheBorgiasLa série historique phare de Showtime (Dexter, Californication), The Tudors, arrivant à son terme, il était temps de relancer la machine sur une autre voie. Mais laquelle? L'état-major de la chaîne a dû se réunir pour examiner les prétendants à la succession d'Henri VIII. Que leur fallait-il? De beaux costumes, un soupçon de relation avec la vérité historique (c'est un peu le prétexte et la marque de fabrique du filon), du sexe, de la violence, du sang (ça c'est pour la chaîne et accessoirement pour l'audience) et du suspense, et encore du sexe. Voyons voyons... Côté Espagnol: trop de puritains; les pays protestants? pareil et trop peu connus; le Japon? On n'y comprend rien et de toutes les façons ils réaliseront ça mieux qu'une production américaine; les capétiens? gros potentiel, mais il y a déjà eu les Rois Maudits et puis les français ne sont pas vraiment vendeurs... sauf en France. Les empereurs romains? Exploités il y a trop peu de temps par la série Rome des rivaux HBO/ BBC, avec laquelle il sera difficile de rivaliser. Les grecs? pour la sexualité on repassera... Ah mais c'est bien sûr, l'Italie décadente de la renaissance! Les Borgias! Julia Farnese! Jolis costumes garantis! Sexe, meurtres et le poison en prime! La recette semble imparable, et si on y ajoute Jeremy Irons dans le premier rôle, alors ça ne peut pas manquer... ou bien?

1492. Rodrigo Borgia (Jeremy Irons), cardinal d'origine espagnole, est l'un des principaux prétendants à la succession du pape Innocent VIII, qui vient de mourir. Face à lui, surtout des italiens: Ascanio Sforza (Peter Sullivan) et Giuliano Della Rovere (Colm Feore)

Le conclave des cardinaux réuni, Rodrigo n'hésite pas à bafouer le huis-clos, s'appuyant sur ses fils au-dehors, dont César (François Arnaud), le plus débrouillard d'entre eux, pour corrompre, promettre à tout-va et faire pencher la balance vers son élection.

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A force d'argent et de serments la main sur le coeur, Rodrigo est élu et devient Alexandre VI. Aussitôt, deux de ses adversaires les plus féroces se liguent contre lui, Della Rovere et Orsini, ce dernier allant même tenter de l'assassiner au cours d'un banquet auquel il a convié tous les cardinaux...

Raconter les Borgias, c'est un vrai challenge: où commencer, placer la frontière avec les faits et la rumeur, de quelle façon transcender l'histoire, qui suit son propre rythme, et la rendre abordable et intéressante pour le télespectateur du XXIème siècle, à la durée d'attention notoirement réduite?

L'axe retenu par Neil Jordan (Michael Collins, Interview with a Vampire, The Crying Game), scénariste de toute la série et réalisateur de deux de ses épisodes, a donc été de partir de l'élection d'Alexandre VI et de suivre l'ascension de la famille avec ses coups bas et ses manoeuvres, tout en mettant en valeur leurs frasques sexuelles, mais sans trop les transformer en monstres sanguinaires. Hum!

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On comprend donc les intentions de la production, soulignées par le sous-titre de la série: "la famille criminelle originelle", donc les Sopranos au Vatican.

Oui mais voilà, si les épisodes sanglants de l'histoire familiale Borgia sont effectivement nombreux, ils sont tout de même étalés dans le temps, et les présentent comme des personnages très dépravés. Et Jordan, s'il a réécrit les faits, réarrangés çà et là leur chronologie, a pris un grand soin à ne pas tomber dans une créativité débridée pour garder l'argument - le prétexte - de la leçon d'histoire télévisuelle.

Si la série Rome avait réussi à nous intéresser à ses puissants grâce à l'intermédiaire d'un homme du peuple et d'un centurion fictifs, personnages dont les aventures comblaient les périodes de calme - toujours relatif -, ici il n'en est rien. Neil Jordan se concentre sur la famille, rien que sur la famille, s'interdisant tout à-côté pourtant intéressant sur un personnage ou une famille italienne qui représenterait le peuple italien.

Borgias3.jpgOn vogue donc avec The Borgias dans le faste, les décors rutilants, les lents travelings qui rentabiliseront la dépense, et sur les liens père-mère-frères-soeurs -pièces rapportées Borgias au détriment du reste. De tout le reste.

La politique, quand elle est traitée, devient dialogue laborieux sur les forces et les enjeux préparant une scène familiale de sexe ou de violence ou un étalage de beaux costumes, c'est selon.

L'histoire, elle, est réduite à une succession d'anecdotes réarrangées pour servir de faire-valoir aux mauvais coups de la famille infernale. Idem pour ce qui est des dilemmes religieux quelquefois effleurés.

Dès le troisième épisode de la série (après l'élection d'Alexandre VI, deux épisodes réussis), le rythme en prend donc un coup.

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Le gâchis scénaristique qui s'ensuit réduit à néant les performances d'acteurs secondaires pourtant excellents qu'on a attelés à la tâche. Savonarole (Steven Berkoff) fait les gros yeux, Charles VIII (Michel Muller, étonnant de vérité - la révélation de la série) admire ses jolis canons quand il n'est pas à table, Sancia de Naples (Emmanuelle Chiqui) a de belles robes - comme les autres actrices d'ailleurs.

Les dialogues virent par moment au sitcom familial US typique de saison 4. La faute peut-être aussi à François Arnaud, César frêle et inconsistant auquel on a du mal à croire.

Nous voici donc réduits à appréhender la saison 2 déjà annoncée, à espérer enfin que ces Borgias se montrent à la hauteur de leur réputation.

Aussi à attendre la série franco-allemande produite par Canal +, Borgia, sur le même thème, avec cette fois Tom Fontana (scénariste du célèbre Oz) aux commandes. Dans l'espoir de voir mieux...

 

Note: 09/20

 

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 17:49

Caprica.jpgLe dernier monstre des séries télé, c'est bien sûr la version des années 2000 de Battlestar Galactica, une enfilade de 4 saisons et quelques miniséries qui nous jouèrent un space opéra placé dans un univers futuriste riche en références de toutes sortes, avec - pour une fois - une histoire qui se tenait et se développait sans faiblir. Un début, un milieu, une fin, c'est assez rare et méritoire dans ce milieu pour être signalé. Une fois terminée cette saga, difficile de la prolonger quand on en connaît la fin. Pour ne pas laisser perdre le filon, il était par contre possible de s'attaquer à ses origines. Comment était-on arrivé à cet affrontement humains-robots? Eh bien pas de problème, la prequel Caprica s'est aussitôt, une fois la série-mère terminée, proposée de nous en offrir l'explication. Avec les mêmes créateurs et producteurs exécutifs (Ronald Moore, David Eick et Remi Aubuchon) aux commandes, le tournage se fait au Canada et commence par un pilote qui sera poursuivi par des épisodes d'une quarantaine de minutes chacun. La série sera limitée à une saison, arrêtée pour audience insuffisante.

L'histoire retrace la naissance de ces fameux robots qui mettront en péril l'humanité, les cylons*, autour de deux familles de la planète Caprica, les Graystone et les Adama, 50 ans avant les évènements décrits dans Battlestar Galactica.

Daniel Graystone (Eric Stoltz), magnat de l'industrie électronique, a une fille unique Zoé (Alessandra Torresani) surdouée de l'informatique, mais également membre d'un réseau de terroristes religieux adorateurs d'un dieu unique - alors que la plupart des Capricans sont polythéistes.

Entraînée dans un attentat suicide, elle perd la vie en même temps que beaucoup d'innocents, dont la femme et la fille unique de l'avocat de la pègre Joseph Adama (Esai Morales), père de William Adama [le futur commandant du Galactica pour les connaisseurs]

Caprica1.jpgMais Zoé s'était créée avant sa mort un avatar hyper perfectionné dans un monde virtuel qui, sans connaître tous ses secrets, est une parfaite réplique mentale de son original.

Daniel Graystone récupére dans un premier temps cet avatar pour l'implanter dans un robot prototype qu'il compte fabriquer en série pour l'armement grâce à l'appui de la mafia Tauron, dont le conseiller n'est autre que Joseph Adama. Celui-ci, apprenant le rôle de Zoé dans l'attentat qui a décimé sa famille, décide de se venger des Graystone.

Et nous en sommes à peu près au troisième épisode.

Comme on le voit, le scénario, très compliqué, regorge de personnages réels et virtuels, d'univers parallèles qui en compliquent la lecture. A quoi s'ajoutent, s'il en était besoin, les revirements - vrais ou simulés - d'alliances entre les protagonistes.

Etant donnée la densité d'informations, les créateurs de Caprica auraient pu en faire plusieurs saisons, mais on sent que les décisions stratégiques sur l'avenir de la série ont pesé sur le développement des intrigues.

Caprica2.jpg

Un pilote molasson suivi d'un démarrage en trombe, puis d'un passage à vide sur quelques épisodes où on ne sait pas très bien où l'on va - certains personnages disparaissent brusquement de la scène pour réapparaître opportunément quelques opus plus tard - pour terminer quand même sur un final très réussi: le niveau des épisodes est très variable, et la cohérence globale n'atteint pas la qualité de la série mère.

Si la réussite technique, les effets spéciaux sont par contre parfaits, à l'image de ceux qui ont contribué au succès de Battlestar, les principaux atouts de Caprica gisent en fait dans les nombreux particularismes et les peaufinement de cet univers singulier mais néanmoins parallèle au nôtre, et donc créateur de questionnements sur ce dernier.

Caprica3.jpg

Préjugés racistes,  fanatisme religieux virant au terrorisme, mondes virtuels devenant nouvelles réalités, avancées de la robotique, grandes corporations toujours à l'appât du gain...

Ca ne vous dit rien? Tout est semblable, et pourtant tout est différent, et donc les mises en perspective sont riches.

Quant à l'épopée des cylons, si elle constitue bien la colonne vertébrale, le fil rouge de la série, elle est intelligemment placée en toile de fond des aventures des deux familles. C'est la cerise sur le gâteau qui ravira les fans de Battlestar, et pourra servir d'introduction aux néophytes.

 

Note: 13/20

 

* Qu'est-ce qu'un cylon? Pour ceux qui ne seraient pas familiarisés avec l'univers de Battlestar Galactica, ce mot ne signifiera pas grand'chose, mais pour les autres, c'est bien sûr les méchants (ou pas, ça dépend) robots qui mènent une lutte acharnée contre leurs anciens maîtres humains, sortes de Terminators dont l'intelligence varie en fonction du modèle et de la fonction, et dont la foi reste mystérieusement enracinée dans un dieu unique.

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 17:23

WireInTheBlood.jpgLes anglais, depuis Conan Doyle et autres Agatha Christie, ont une réputation inégalée pour ce qui est du whodunit ("qui l'a fait"), vous savez, le film ou feuilleton policier dans lequel l'intérêt réside dans l'identité du tueur, révélée dans les toutes dernières minutes, les toutes dernières pages de l'histoire. Quand le whodunit est développé en série, la récurrence procure un autre intérêt à celle-ci, c'est le développement du personnage central de l'enquêteur: Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Miss Marple... Avec Wire in the Blood, les british lancent une machine télévisuelle basée sur un profiler modèle - métier en vogue dans le domaine - pour héros: le docteur Hill (Robson Green), psychologiste universitaire à la personnalité complexe et tourmentée. Des criminels redoutables, un enquêteur surprenant mais très efficace: la recette est éprouvée. N'y manquait qu'une femme détective au caractère bien trempé pour obtenir une des meilleures séries policière des années 2000. Ce sera sur les trois premières saisons l'inspecteur Carol Jordan (Hermione Norris)

Le docteur Hill (Robson Green) est donc un psychologue qui travaille en clinique comme à l'université sur l'esprit criminel.

Parallèlement à ces occupations, il aide la police locale dans ses enquêtes quand elle est confrontée à des criminels en série. Et pour ce qui est de ce type de personnage, si l'on en croît la série, et pour le plaisir du téléspectateur, l'Angleterre en fourmille. Des illuminés, des sadiques, des perdus, des traumatisés... les voies pour devenir serial killer y paraissent inépuisables. Mais heureusement pour le royaume, le docteur Hill est là pour décrypter l'âme criminelle. Et donc éclairer les failles de l'âme humaine du ùmême coup.

Wire1.jpg

A partir des indices les plus subtils, il est capable de décrypter à partir des scènes de crimes et des indices les plus glauques le caractère de leur auteur, de détecter les mensonges des meilleurs mythomanes, de renifler le psychopathe à son seul regard. Il lit dans les pensées et dans les âmes.

Son talon d'Achille - que serait-ce s'il n'en possédait pas -: il est pratiquement autiste, incapable d'exprimer des sentiments qu'il éprouve néanmoins, toujours plongé dans la personnalité de son sujet d'étude du moment, en osmose ambigüe avec les criminels.

C'est ici qu'intervient l'inspecteur Jordan (Hermione Norris), qui complète le génie égaré dans sa tour d'ivoire mentale en lui donnant la chance d'expliciter ses fulgurances.

 

Wire2.jpg

Ingrédient indispensable dans la structure de la série, elle fournit aussi à des intrigues qui se concentrent a priori sur des personnages peu reluisants - et n'hésitent pas à décrire avec forces détails les exploits des maniaques de tous genres - l'occasion de développer au fil des épisodes une relation romantique et coincée. Very british quoi.

L'équilibre entre les personnages reste sur le fil, les intrigues sont très variées, les dialogues intelligents et bien menés, tout cela sur un format d'une heure et demi, plus long donc que la normale. Une chance donnée aux scénaristes et réalisateurs de développer les personnages - récurrents ou non - et les subtilités de chaque histoire en prenant le temps et en créant un vrai style riche en psychologie, loin du film d'action policier.

 

Wire4.jpg

A mesure que les épisodes s'enchaînent, les recettes s'épuisent inévitablement et deviennent moins originales, les trucs récurrents plus évidents: la haute hiérarchie policière est toujours composée de bureaucrates incapables, la presse toujours à l'affût du scoop, les personnages secondaires toujours cantonnés dans les mêmes postures qui en viennent à friser la caricature, le couple d'enquêteurs toujours personnellement menacé à un certain moment de l'intrigue pour renforcer les enjeux.

Le bateau finit donc par tanguer sur la durée mais ne lasse pas encore, porté par le jeu du couple d'acteurs principaux et la qualité, la profondeur psychologique des scénarios comme des dialogues. Une grande série policière donc.

 

L'inspecteur Jordan est hélas remplacée à partir de la saison 4, mais c'est une autre histoire...

 

Note: 15,5/20

 

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 15:03

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Le Montecito à Las Vegas, vous connaissez? Cet hôtel luxueux et imaginaire, au coeur de la série américaine Las Vegas est l'endroit idéal pour passer des vacances, dépenser son argent, règler de vieux comptes, tenter arnaques et hold-up, côtoyer les excentriques de la planète entière... bref le cadre rêvé pour tourner de nombreux épisodes tous plus prenant les uns que les autres. Et quand le cast est mené par le légendaire James Caan (Rollerball, A Bridge Too Far, The Godfather), il n'y a plus qu'à s'accrocher, les jeux sont faits, rien ne va plus!

Si le Montecito est le "personnage" central de la série, la série tourne autour de certains de ses acteurs en particulier, avec à leur tête Ed Deline (James Caan), ancient agent de la CIA, baroudeur au passé trouble mais honnête devenu chef des opérations du casino.

LasVegas1.jpg

Son adjoint est Danny McCoy (Josh Duhamel), ancien marine et un peu le fils qu'Ed aurait voulu avoir. La moindre robe fendue, le plus petit décolleté lui font immanquablement tourner la tête.

Ce qui ne manque pas de se produire très régulièrement, car des filles toutes plus mignonnes les unes que les autres, il y en a à foison. Ne mentionnons ici que les "permanentes": Sam (Vanessa Marcil), l'hôtesse en charge des gros joueurs, DeLinda Deline (Molly Sims), la fille d'Ed et gérante du Mystic, restaurant chic du Montecito, Mary (Nikki Cox), ancienne petite amie de lycée de Danny et responsable des évènements spéciaux, et enfin Nessa (Marsha Thomason), croupière d'élite dont le père "travaillait" avec Ed dans ses années sombres.

Mike (James Lesure), ingénieur en informatique/ électronique devenu voiturier - ça paye mieux et c'est quand même plus amusant - complète la fine équipe.

LasVegas2.jpg

La saveur de la série découle en grande partie de la nature des relations entre ces différents personnages, empreintes d'humour et de légèreté, ce qui renforce les quelques passages dramatiques.

Autre intérêt, les clients de toute nature qui défilent dans les couloirs du Montecito, occasion de décliner le thème du casino, petit monde merveilleux en soi. Salles de jeux, centre de sécurité, restaurant, suites, piscines, salles de concert fournissent le cadre idéal à toutes sortes d'intrigues qui durent le temps d'un épisode. Le choix a été porté - après quelques hésitations apparemment si on se réfère aux deux premiers épisodes - sur un format où manquer quelques chapitres ne perturbera pas le spectateur.

D'où un style moins schématique mais qui évoque les séries des années 80 Fantasy Island [l'Ile fantastique] ou The Love Boat [La croisière s'amuse]

Comme dans ces dernières, les guest stars ajoutent au piment de certains épisodes. L'occasion de croiser Alec Baldwin, Paris Hilton, Jean-Claude Van Damme (inattendu comme toujours, ne pas manquer l'épisode 15) ou Denis Hopper dans des rôles plus ou moins conséquents.

Sur le plan moral, pas d'ambigüité, le casino est un business, un parc d'amusement, machine à faire rêver bien sûr mais avant tout une machine à engranger les sous. Un client qui ne dépense pas d'argent, même s'il compte parmi les plus riches de la planète, n'a aucun intérêt pour les patrons du Montecito qui chercheront à s'en débarraser le plus vite possible, surtout s'ils ont fait la bêtise de le compter au départ parmi les "whales" (baleines), gros joueurs capables de perdre des millions aux tables de jeu sans sourciller. La chance au jeu tourne toujours au bénéfice du casino.

Note peut-être cynique mais réaliste qui, accompagnée d'une description des systèmes de sécurité en place dignes de big brother - appuyée par l'utilisation d'effets spéciaux efficaces -, laisse peu d'espoir à ceux qui croiraient encore à la fortune facile.

 

Note: 14/20

 

 

Las Vegas Saison 2:
Les personnages évoluent chacun dans une direction qui leur est personnelle en gardant leur couleur propre.
Toujours de l'action, de la dérision, des coups de théâtre et du second degré. James Caan tient la barre du casino merveilleusement bien.
Note: 16/20
Las Vegas Saison 3:
Arrivée d'un nouveau propriétaire au Montecito, Monica Mancuso (Lara Flynn Boyle), arriviste insupportable bousculant le petit univers bien réglé de la fine équipe.
Coups de théâtre, éclats de rire, suspense, la saison 3 est encore meilleure que la précédente et se termine comme les autres sur un cliffhanger.
Note: 17/20

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 20:38

MadMen3.jpgIl est devenu fréquent de juger les actions du passé suivant les normes du présent; lire l'histoire à travers nos grilles contemporaines. La plupart des oeuvres cinématographiques ou télévisuelles d'aujourd'hui participent à ces relectures pour façonner le monde de demain, le confortant dans ses certitudes ou bousculant ses a priori. Les années 60 au USA avaient jusqu'ici pratiquement échappé à ces efforts - bien que viennent à l'exprit l'excellent Revolutionary Road [Les noces rebelles] de Sam Mendes en 2008 ainsi que certains films des frères Cohen. Le fossé se comble avec la série Mad Men, centrée sur un des piliers de la société de consommation de cette époque qu'on voit sans histoire: le milieu publicitaire, alors en plein boom.

La série suit le trajet et l'entourage de Don Draper (Jon Hamm), directeur création de la firme de publicité Sterling Coooper sur Madison Avenue à New York. Autour de lui gravitent ses collègues, sa famille et ses maîtresses, un "panel représentatif" de la middle et de l'upper class américaines des années 60, de leurs problèmes, leurs joies et leurs humeurs.

MadMen1-copie-1.jpg

Au total une foultitude de personnages qu'il devient parfois difficile, il faut l'avouer, de suivre de front.

Parmi les plus importants, citons la femme de Don, Betty (January Jones) stéréotype de la femme au foyer jeune et belle, le portrait craché de la ménagère américaine idéale travaillée par la vacuité d'une vie qui passe entre ses parents, ses deux enfants et l'ombre d'un mari absent.

Peggy (Elizabeth Moss), elle, est une jeune secrétaire pas très bien dans sa peau, trop intelligente - et peut-être pas assez jolie - pour se contenter de rester plante de bureau, destin naturel d'une femme qui travaille à cette époque.

Pete Campbell (Vincent Kartheiser) est un jeune cadre aux dents qui rayent le parquet, issu d'un milieu aisé, mais qui insupporte visiblement Don, dont les origines troubles resteront mystérieuses une bonne partie de la saison.

Tous ou presque fument comme des pompiers et boivent comme des trous, les noirs sont cantonnés à la distribution de sandwichs et au pilotage des ascenseurs, les divorcé(e)s sont des moutons à cinq pattes. Il y a des choses qui se font et d'autres qui ne se font pas. Parmi celles qui se font, il y a celles ne se disent pas. Chacun a son petit secret derrière son masque. Nixon et Kennedy se disputent la présidence dans un combat feutré dont l'issue se décidera à l'amiable. Kodak sort ses projecteurs circulaires.

Un monde rassurant où les femmes sont habillées - et traitées - comme des poupées, sous le vernis lisse et polissé des valeurs de la société de la consommation américaine. Ah, qu'il est bon de voir se craqueler sous les coups des frustrations, de la réalité et de ce qu'on pourrait appeler la démocratisation de la société!

MadMen2.jpgEt ce même si cette relecture se fait sous les auspices du politiquement correct du jour...

Les costumes et les décors sont impeccables et replongent le spectateur instantanémant dans l'ambiance années 60, et ce dès le générique, très esthétique, façon North By Northwest [La mort aux trousses]

Pour apporter un bémol, étant donnée l'ambition de la série, et pour avoir un fil narratif à peu près abordable, chaque épisode est concentré sur un groupe restreint de personnages tandis que le suivant s'attache à d'autres. En résultent des mouvements de va-et-vient des intrigues secondaires dont la présence quasi-constante de Don ou de sa femme a du mal à limiter l'impact.

Les "cliffhangers" d'épisode à épisode (instauration d'un suspense insoutenable) sont donc beaucoup plus difficiles à installer dans Mad Men que dans d'autres séries comme 24h par exemple, et le rythme en souffre.

D'où quelques passages soporifiques, et certaines histoires ou personnes qui disparaissent pour ressurgir quelques opus plus tard, ce qui nuit à la continuité du récit.

Reste tout de même une chronique sociale techniquement parfaite, et des personnages recouvrant un tel éventail de portraits qu'il est difficile de ne pas y trouver son compte, même s'il se trouve un peu noyé dans la masse.

 

Note: 14/20

 

 


 
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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 17:56

Extras1.jpg

Ricky Gervais n'est peut-être pas très connu en France, mais outre-manche, c'est un monstre dans le paysage comique anglais. A son actif des tonnes de sketches, des livres, de la radio, de la chanson, du stand-up, des rôles dans tout plein de films et quelques séries dans lesquelles il cumule au minimum les emplois de scénariste et d'acteur principal. Parmi ces séries: Extras. Son cadre: l'univers des extras (figurants) pour la saison 1, avant de s'étendre sur celui des show télés dans la 2.

Extras, ça commence comme une chronique des sans-grades de l'audiovisuel. Considérés comme faisant partie du décor, utiles pour animer un paysage, toujours dans l'ombre, leur rêve est  d'accrocher les projecteurs et de lancer quelques mots à une caméra. Bref un monde ou pullulent frustrés, loosers et crevards.

Andy Millman (Ricky Gervais) et Maggy Jacobs (Ashley Jensen) y grenouillent depuis un certain temps. Andy, ancien employé de banque venu dans le milieu sur le tard, est un extra ambitieux qui tente de lancer vendre un show télévisé à la BBC en dépit de son agent Darren (Stephen Merchant, le compère de Gervais). Maggy, le compagnon de route de figuration d'Andy, cherche l'âme soeur et est très, mais vraiment très très bête.

La série suit ces deux personnages et leurs "amis" sur 12 épisodes (2x6) + 1 spécial.

Chacun des épisodes est centré sur un tournage où les deux anti-héros rencontrent une ou plusieurs vedettes (David Bowie, Orlando Bloom, Kate Winslet, Ben Stiller extras2.jpgpour n'en citer que quelques-uns) qui incarnent leur propre rôle en plongeant souvent dans l'auto-dérision et le second degré. Stiller devient ainsi un réalisateur complètement infatué de sa personne, Winslet n'arrête pas de dire des cochonneries en costume de bonne soeur, Bloom fait une fixation sur les démérites de Johnny Depp...Bref une vision délirantes des coulisses des stars du grand écran.

Les personnages récurrents de la série sont excellents, dans la lignée d'un humour britannique froid et malin qui les fait sombrer les uns après (ou avec) les autres dans le ridicule et qui surtout, surtout n'hésite pas devant le politiquement incorrect.

Andy est ainsi un curieux mélange de fourberie et de naïveté dont les manigances se retournent immanquablement contre lui, notamment grâce aux gaffes innombrables de Maggy (excellente), toujours prompte à enfoncer candidement son camarade.

Extras3.jpg

Darren, lui, un des personnages les plus comiques, proche du clown, est le type de l'agent d'acteurs complètement inutile, voire néfaste pour ses poulains. Quand il ne se tourne pas les pouces dans son bureau (et c'est une façon de parler, il peut faire pire), il mine continuellement les efforts d'Andy pour émerger de la masse.

Si la première série prend la forme de suites de sketches autour d'un thème par épisode, la seconde voit Andy enfin lancer son show et se ridiculiser toujours plus, fournissant ainsi plus de consistance aux rôles récurrents.

Les intrigues, intelligentes et variées, s'appuient sur les clichés du métier (même mine d'intérêt que dans Entourage donc, mais dans un autre style) et des personnages - connus ou pas - toujours plus fous. Chacun des épisodes constitue une descente aux enfers pour Andy, qui encaisse coup sur coup sans sourciller, dans un savante combinaison de satire et d'auto-dérision. Le résultat reste drôle parce que son personnage n'est pas très sympathique et qu'il mérite en général ce qui lui arrive.

Enfin, grâce notamment à la très grande qualité des acteurs et leur jeu toujours axé sur leur vérité, l'intrigue aboutit souvent à des moments d'émotion où les sentiments les plus nobles prennent le pas sur le rire. La marque des grandes réussites dans le domaine.

 

Note: 18/20

 

 

 



 
 
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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 15:48

Damages1.jpgQuand on réunit un secteur aussi excitant chez les anglo-saxons que le juridique, une équipe d'acteurs excellents, avec en tête rien moins que Glenn Close (ah, Dangerous Liaisons, Fatal Attraction...) et un scénario assez travaillé pour tenir en haleine le spectateur sur treize épisodes, le résultat est au rendez-vous: la première saison de Damages pose les jalons d'une des meilleures séries américaines de ces dernières années.

L'intrigue tourne autour du cabinet d'une des meilleures new-yorkaises, Patty Hewes (Glenn Close) Elle recrute une jeune cadre, Helen Parsons (Rose Byrne) alors qu'elle entame une class action contre l'industriel milliardaire Arthur Frobisher (Ted Danson) qui a roulé ses employés dans la farine.

Outre le sujet, à la mode - on pense à certaines affaires ayant marqué les esprits et les média dans les dernières années, le scandale Enron par exemple -, la qualité des acteurs et la construction des personnages (nous y reviendrons), l'intérêt de la série vient de l'architecture de son scénario.

 

Suivie linéairement, l'intrigue offrirait certes des rebondissements et une progression intéressante. Mais ici, les scénaristes ont choisi de présenter l'histoire en commençant presque par la fin, et en déroulant l'action comme un ensemble de longs flash-backs qui dévoilent peu à peu les raisons des évènements du dénouement, qui nous sont parcimonieusement distribués au fil des épisodes.

Pour compléter ce côté "teasing" et résolution d'énigme, rendre le dévoilement de l'intrigue toujours plus imprévisible, les scénaristes n'hésitent pas non plus à multiplier les fausses pistes de tous poils: ne pas lui montrer un des interlocuteurs dans une discussion, hacher le déroulement de certaines scènes sans en montrer d'importants détails qui seront révélés plus tard etc... [même procédé par exemple que dans la saison 2 de Breaking Bad]

Damages3.jpgBref la série est un gigantesque puzzle où les indices sont distillés intelligemment et au compte-goutte.

De quoi en rendre accro plus d'un!

 

Autre intérêt donc, la construction des personnages. Un des atouts naturels d'une série télévisée est que les scénaristes ont le temps de développer des personnages complexes au fil d'un certain nombre d'épisodes, de quitter le champ du cliché et du manichéisme. Ceci permet de développer des personnalités plus complexes que dans un film, et si c'est réussi de mieux conserver les spectateurs - et donc les scores d'audience élevés.

La qualité de cette construction est très élevée dans Damages. Chacun a des forces et des faiblesses exacerbées qui se développent également au fil de la série. Des masques qui tombent également avec le temps. Aucun n'est traité à la légère, personne n'est tout bon ou tout mauvais.

Damages4.jpgPatty Hewes (Glenn Close) est ainsi un monstre de pouvoir froide qui n'a certainement pas les mains propres mais reste en lutte avec sa propre conscience.

Le personnage du "méchant" de cette saison, paramètre essentiel à la réussite d'un film, Arthur Frobisher donc, est montré également comme un grand gamin qui fait un peu n'importe quoi et ensuite tâche de cacher ses bêtises.

Son avocat (joué par Zjelko Ivanek, qu'on a vu un peu partout, de Heroes à True Blood en passant par 24 heures...) navigue aussi sans cesse entre ombre et lumière.

Et ainsi de suite.

Bref une somme de personnages auxquels il est difficile de ne pas s'attacher parce qu'ils sont complexes, non manichéens et qu'on les découvre au fil du temps.

D'où une première saison très réussie pour Damages.

Espérons que la deuxième sera à la hauteur!

 

Note: 17/20

 

 


Damages Saison 2:
La série perd de son souffle et les fils de la construction du scénario deviennent trop apparents. Le teasing qui était utilisé avec bonne foi la plupart du temps devient de la manipulation, les fausses pistes trompent le spectateur et le lancent dans des directions sans intérêt.
Note: 12/20
Damages Saison 3:
Mêmes recettes et mêmes acteurs que dans les deux saisons précédentes. L'intrigue, pourtant basée sur l'affaire Madoff, a du mal à convaincre en laissant beaucoup d'espace de flottement. Une fois de plus le teasing dissimule la faiblesse du scénario sous-jacent.
Les personnages principaux n'évoluent pratiquement pas.
Note: 08/20
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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 11:49

Dexter1.jpgEh oui, le serial killer préféré de la télé fait encore des siennes en 2010 avec une nouvelle saison. Sans être à la hauteur des meilleures passages de la série, celle-ci réserve tout de même de bons moments, surtout dans sa seconde moitié. Cette fois, Dexter (Michael C. Hall) rencontre l'amour en la personne de Lumen (Julia Stiles), jeune fille qu'il a sauvée des griffes d'un (autre) maniaque. Mais est-ce la bonne? 

La saison précédente finissait mal pour notre héros avec l'assassinat de sa femme Rita (Julie Benz), personnage assez insupportable représentant la femme au foyer américaine peut-être typique. Une bonne chose a priori pour le rythme de la série, car Rita ralentissait nombre d'épisodes en imposant répétitivement à Dexter une vie de famille pesante. Un train-train totalement incompatible avec le rythme qui était une marque de fabrique Dexter.

Malheureusement (manque d'idées, volonté de profiter du deuil pour diluer l'action ou pour tenter d'orienter la série vers un terrain plus "soft"?) les scénaristes mettront un peu de temps à combler le vide laissé par cette absence. Les cinq premiers épisodes de la saison 5 (sur douze quand même) en deviennent verbeux et sans direction claire. Chaque personnage vit sa petite vie avec des intrigues séparées sans lien clair entre elles. C'est peut-être plus réaliste, mais diablement ennuyeux. Masuka (C.S. Lee, toujours aussi barré) devient quasiment le pivot de la série.

L'épisode 6 marque le (re)décollage de l'action avec l'arrivée du grand méchant de la saison, Jordan Chase (Johnny Lee Miller) et de Lumen, une jeune fille que ce dernier avait kidnappée et que Dexter a sauvée dans un épisode précédent. Dexter2.jpg

A partir de là, les intrigues secondaires disparaissent les unes après les autres sans crier gare - au détriment de la vraisemblance de l'ensemble, mais ça confirme leur fonction remplissage - et on se concentre enfin sur Dexter, son nemesis et Lumen, qui progressivement évolue vers sa partenaire de crime.

La saison prend enfin toute sa dimension à partir de ce triangle. Y sont triturées les relations victime-bourreau-amour-haine-sexe-pouvoir, en jouant à fond sur les ambigüités. Les postures relatives des autres personnages complètent alors utilement le tableau sans le parasiter. Les vieilles recettes restent les meilleures.

Bref une bonne fin de saison qui sauve l'ensemble, bien mal parti.

A voir!

 

Note: 14/20

 

 

 

 

 

 

 


 

 


 
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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 13:06

HTMI1.jpgAlors qu'Entourage s'essouffle en saison 7, HBO et l'équipe de Mark Wahlberg tentent de relancer la musique avec How to Make It in America, chronique de l'ascension sociale de deux copains dans le milieu de la mode à New York. Mais Entourage est-il vraiment transposable?

C'est l'histoire de deux potes cools d'un quartier de New York, Ben Epstein (Bryan Greenberg) et Cameron 'Cam' Calderon (Victor Rasuk). Ben vient de se faire plaquer, la vie n'est pas facile.

Heureusement c'est un surdoué de la mode et du fashion design.

Il décide donc de prendre son courage à deux mains et, épaulé par Cam, dessine un modèle de jean qu'il essaie de faire fabriquer. Parallèlement, il a vraiment, vraiment du mal à se remettre de sa rupture avec sa petite amie Rachel (Lake Bell) - je sais je me répète mais c'est important (en tout cas pour lui)

Sinon, Cam a un oncle (Luis Guzman) qui a fait de la taule mais qui essaie de monter un business honnête de distribution d'un succédané de Red Bull.

Ca y est, vous êtes accroché?

Non?

Eh bien dommage, car l'intrigue des 4 ou 5 premiers épisodes (sur 8) de How to Make It in America (Comment réussir en Amérique), une nouvelle série de HBO créée par l'équipe d'Entourage, tient toute entière en ces quelques lignes.

Le style enlevé de la série précédente est présent, mais là où Entourage se concentrait sur les épreuves traversées par une bande de cinq gars qui ne se prennent pas la tête dans l'univers fantasmagorique d'Hollywood, on aurait bien du mal à cerner ici le sujet réel de l'intrigue.

HTMI2La mode? Les péripéties de l'anti-couple Ben/ Rachel? Une success-story à l'américaine (comme le titre tendrait à faire penser)? New York?

Sans doute un peu de tout ça, mais finalement rien de précis et surtout rien d'approfondi: les bribes d'action sont diluées dans les rond-de-jambes et les quelques personnages inconsistants et/ou stéréotypés. Et sans objectif bien décrit, l'intérêt que le téléspectateur moyen peut porter à cette nouvelle saga ne peut que s'étioler.

On notera néanmoins la bonne tenue de Luis Guzman, probablement censé apporter la touche 'mafia', et la remontée du rythme dans ses trois derniers épisodes. Qui sait, peut-être la seconde série (eh oui, How to Make It... a été prolongé pour une deuxième année) saura-t-elle faire vraiment monter la sauce, mais pas facile d'accrocher aux péripéties de ces nouveaux héros.

Il n'y a pas à dire, le glamour et la vie des stars à Hollywood offrent quand même plus de piment que les premiers pas de deux loosers du Bronx. 

 

Note: 10/20

 

 


 
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