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Critiques Films

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Red Riding Hood [Le chaperon rouge]

Melancholia

Rise of the Planet of the Apes [La planète des singes: les origines]

Jodaeiye Nader az Simin [Une séparation]

X-Men: First Class [X-Men: Le commencement]

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The Eagle [L'aigle de la neuvième légion]

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2010

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2009

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2008

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2007

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Ji jie hao [Héros de guerre/ Assembly]

Before the Devil Knows You're Dead [7h58 ce samedi-là]

Kuro-obi [Black Belt]

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2006

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La Vie des Autres
The Last King of Scotland
Thank you for smoking
2005

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2004

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Boksuneun naui geot [Sympathy for Mr. Vengeance]

Tasogare Seibei [Le Samouraï du crépuscule] 
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1997

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1996

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1995

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1990

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1989  
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1988

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1980  
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1979

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1978

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1977

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1970

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1968

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1967

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1966

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1962

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1960

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1958

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1957

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 15:14

SweetKarma.jpg

Les réseaux de prostitution et plus particulièrement la traite des filles de l'Est font les beaux jours des reportages télévision souvent aguicheurs, un peu moins ceux du cinéma. Sweet Karma, polar-thriller avec des couleurs de reportage, nous vient du Canada pour se placer sur ce terrain avec une histoire de vengeance utilisant de façon ambigüe les atouts de ce milieu sordide (belles filles souvent en déshabillés, violence sourde ou affirmée) pour mieux en dénoncer les vices, à l'instar des bon vieux polars des années 70-80.

Karma, c'est le prénom d'une jeune et belle russe muette (Shera Bechard) qui a perdu sa soeur Anna dans une filière d'immigration de jeunes femmes russes à Toronto dans de mystérieuses conditions. Le réseau en question prétend placer des jeunes femmes de l'Est comme domestiques chez de riches canadiens, mais en fait les condamne à rembourser des "frais" exorbitants en travaillant pour eux comme strip-teaseuses ou/ et prostituées.

La frêle Karma décide donc de remonter l'organisation en supprimant au passage tous les intermédiaires qui ont participé à la mort de sa soeur, et commence un périlleux et sanglant voyage.

Dans son résultat, le terrain sur lequel se place Sweet Karma reste incertain.

Reportage-dénonciation sur les pratiques des mafias de l'Est (et d'ailleurs) et des milieux louches qui y sont liés? Certes, le fonctionnement du réseau y est décrit minutieusement, des appâts déployés pour attirer les jeunes femmes jusqu'à ses différentes conclusions possibles en passant par des portraits variés des différents acteurs. Mais on est loin de la thèse ou du plaidoyer.

SweetKarma2.jpgFilm aguicheur dans la lignée du genre sexploitation soft des années 70-80? Aussi, par son style réaliste, classique et efficace, ses plans américains - on pense souvent aux séries américaines - comme par les multiples scènes et prises de vue déshabillées ou "sex and violence" quelquefois gratuites.

Thriller policier? Egalement, grâce à une construction du scénario qui multiplie les rebondissements de qualités diverses pour monter vers un final qui se veut percutant. Mais les scènes d'action sont souvent simplistes et peu réalistes.

Les talents d'Andrew Thomas Hunt, le réalisateur (dont c'est le premier film) tendent à se perdre en ne choisissant pas - et donc en ne poussant jamais à bout aucune de ces lignes directrices.

SweetKarma1.jpg

Le scénario n'est pas non plus exempt de défauts et comporte des incohérences et imprécisions dans les pourquoi des actions des personnages. Le fil de l'histoire se brise et hésite, à l'image du style  de la réalisation. Pourquoi par exemple se débarrasser du méchant le plus impressionnant vers le milieu du film?

Mentionnons néanmoins l'actrice principale - Shera Bechard, ancienne playmate - dont c'est apparemment le premier long métrage, et qui tient de bout en bout un personnage difficile à incarner de façon crédible. C'est en grande partie grâce à sa prestation que le film ne tombe pas dans le ridicule.

En résumé, un film d'action aguicheur sur un thème contemporain, qui rappellera le standard du thriller des années 80, sans arriver à la hauteur de la moyenne des réalisations actuelles.

 

Note: 09/20

 


 
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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 16:58

TheFighter.jpgFamille et travail, ça ne va pas toujours ensemble. Alors comment devenir un grand boxeur quand on est entraîné par un grand frère drogué et coaché par une mère-harpie? La partie semble perdue d'avance, et c'est donc le sujet de The Fighter, le dernier film de David Russell, réalisateur des excellents Spanking the Monkey et Three Kings [Les rois du désert]. Une comédie dramatique et sportive qui aura déjà récolté - et mérité - deux oscars (meilleurs seconds rôles masculin et féminin), attribués à Christian Bale et Melissa Leo.

Tiré d'une histoire vraie, The Fighter raconte l'ascension de Micky Ward (joué par Mark Wahlberg) au titre de champion du monde de boxe dans les années 90, en se concentrant sur ses liens avec son entourage familial et professionnel à la fois.

Car Micky vient d'une famille où la boxe est au centre de la vie. Son demi-frère Dicky (Christian Bale) vit entre le souvenir d'un de ses combats où trébuchait Sugar Ray Leonard, ses séances d'entraînements avec Micky et la maison de crack dans laquelle il passe le plus clair de son temps, à moitié défoncé. Sa mère Alice (Melissa Leo), elle, dirige d'une main de fer un système matriarchal composé de son mari et d'une imposante couvée - un nombre incalculable de soeurs, toutes copies plus ou moins conforme du chef -, manageur tyrannique toujours en adoration devant son fils préféré Dicky.

Cette organisation réserve naturellement à Micky le rôle de petit frère et pas celle de champion, et c'est contre elle - et donc contre sa famille, contre une partie de lui-même - qu'il devra d'abord se battre pour y faire sa place.

Fighter2.jpgL'habileté de David Russell dans The Fighter est d'avoir su dépasser le film de boxe traditionnel pour placer l'action au coeur de la famille de Micky, où il faut bien avouer que les seconds rôles prennent rapidement le premier plan, même si Wahlberg tient très bien sa partition.

Christian Bale (qui a encore perdu un nombre considérable de kilos pour son rôle - décidément c'est une habitude) et Melissa Leo, qui auraient pu être cantonnés aux rôles de faire-valoir, excellent dans la composition de ces personnages white trash, durs ou paumés au grand coeur qui donnent au film son véritable élan, au-delà de l'ascension de Micky sur les podiums.

Le reste de la distribution - beau-père, soeurs, entraîneurs, managers, petite amie de Micky - ne démérite pas et complète la fresque pour lui donner toute sa profondeur.

Fighter1.jpgDavid Russell optimise alors l'utilisation de ses acteurs pour procurer à The Fighter la dimension de plus qui transforme le film de sport façon Rocky en épopée à relents sentimentalo-comiques.

Le décor et les acteurs posés, ne reste qu'à dérouler le tapis sur lequel le spectateur n'aura plus aucune difficulté à se laisser entraîner, au gré des aventures de Micky.

 

Note: 14/20

 

 

 


 
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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 17:42

9Souls.jpg

Un groupe hétéroclite de neuf détenus s'évade d'une prison au Japon, un ensemble d'individus condamnés pour les crimes les plus divers et que rien n'aurait dû réunir hormis le fait de se trouver au même endroit au même moment, dans cette grande cellule collective. De la cavale qui suit ce fait divers imaginaire, Toshiaki Toyoda, réalisateur du fameux Aoi Haru [Blue Spring] crée 9 Souls (neuf âmes en français), suivant le parcours de ce groupe qui se crée pour mieux se déliter, de tous et de chacun de ces individus en recherche, mais de quoi? Un film doux et dur sur l'homme, la culpabilité et la rédemption qui mêle habilement comédie et tragédie, poésie et action dans un voyage picaresque à travers le Japon contemporain.

Dix détenus, tous condamnés à au moins dix ans de prison, la plupart des meurtiers, déjeunent dans une cellule. Brusquement, l'un d'entre eux, devenu fou furieux, révèle aux autres la cachette d'un magot caché avant d'être emmené par les gardiens.

Le soir même, les neuf autres s'évadent pour entamer une cavale vers le trésor de leur ex-camarade. Après avoir volé une camionnette rouge, le groupe entame une virée à travers le Japon, goûtant à leur liberté retrouvée, poursuivis ou à la recherche de leur passé, tandis que la traque policière se resserre lentement autour d'eux.

Toshiaki Toyoda a choisi de présenter dans son groupe de personnages un "échantillon représentatif" des différents stéréotypes des condamnés pour crimes assez graves: meurtriers de tous poils bien sûr, mais aussi un fabriquant de bombes, un roi du porno, un nain roi de l'évasion, un ancien chef de gang juvénile.

9Souls2.jpg

Un assemblage de profils hétérogène et assemblé artificiellement certes, mais qui offre au scénariste-réalisateur l'occasion d'aborder le sujet du film à travers neuf prismes bien différents, et d'offrir à chaque fois un dénouement, une leçon apparemment particulière.

Ce sujet, quel est-il?

Bâti sur un synopsis de road-movie classique, 9 Souls est donc l'histoire d'une évasion - ou de neuf évasions. Ou plutôt de neuf tentatives d'évasion. Car même passés les murs et assouvis les premières ivresses de liberté et l'objectif immédiat de la chasse au trésor qui occupent la première partie du film, chacun se retrouve face à sa vraie prison: son passé et ses anciennes victimes. Sa conscience.

9Souls1.jpg

Les neuf hommes tentent chacun de se racheter pour un nouveau départ, mais auprès de qui? S'enfuir oui, mais le but n'est-il pas de s'arrêter quelque part?

Les attitudes varient alors en fonction des crimes, des caractères, des attitudes. Des rencontres et des opportunités saisies ou non aussi.

Ici intervient le talent de conteur de Toyoda. Des neufs évadés, monstres objectifs de la société ordinaire, il transmet sur tous les tons un jeu où se mêlent les émotions de toutes natures, un patchwork de sentiments qui ne peut que toucher à tel ou tel moment, accompagné d'une bande originale envoûtante à la guitare.

Rires, comédie, nostalgie, poésie, amour, violence... Un vrai voyage spirituel vers une rédemption que chacun devra tenter de conquérir à sa façon, un vrai film à vivre.

 

Note: 15/20

 

Autres films de Toshiaki Toyoda chroniqués dans ce blog:
Aoi Haru [Blue Spring] (2001)
 
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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 16:28

TheFountain.jpgThe Fountain marque une ambitieuse tentative de Darren Aronofsky: l'abordage du champ peu exploré, surtout dans le film grand public, de la mortalité en tant que telle, sans parabole plus ou moins transparente. Sur plusieurs histoires parallèles appuyées par des effets spéciaux somptueux et des images ésotériques provenant de religions diverses, il mêle mystique et profane pour projeter sa vision du temps qui passe, de l'homme face à son destin.

C'est l'époque de la Nouvelle Espagne. Un conquistador (Hugh Jackman) est envoyé par sa reine (Rachel Weisz) en pays maya pour y découvrir l'Arbre de Vie qui lui donnera l'immortalité.

Ce conquistador, c'est aussi aujourd'hui Tom, un médecin qui recherche désespérement un remède contre le cancer qui ronge sa femme Izzi.

Et ce sera encore un homme du futur dans son jardin-bulle à la recherche d'un havre de paix où il pourra se reposer avec sa bien-aimée.

Trois époques, trois pays, trois histoires, trois univers parallèles dans lesquels se joue et se rejoue le même combat, la même tentative de déjouer la mort de l'autre, la mort du couple.

Aronofsky entrelace ces aventures de leurs débuts à leurs fins dans des décors et des ambiances bien déterminés en conservant les acteurs comme seules constantes. L'univers du conquistador est celui du guerrier, violent et sombre, le monde du chercheur est celui du cocon contemporain, le futur est ésotérique et détaché du réel. Les issues sont variées, mais Jackman incarne toujours le principe masculin et Weisz le féminin sur la base d'un rapport sur l'archétype reine-chevalier servant.

Fountain3.jpgLa réalisation technique est irréprochable et s'appuie sur des effets spéciaux saisissants, surtout dans les segments futuristes, où se mêlent beaucoup d'images de références bouddhistes. Au contraire du précédent Requiem For A Dream, la poésie est omniprésente, dans la nature de l'amour entre les personnages principaux mais aussi dans les décors et costumes somptueux.

Passées ces belles images, l'ensemble pêche hélas par la démesure du projet.

Traiter le rapport à la mort en trois histoires et en un peu plus d'une heure et demi sans la personnaliser, a provoqué l'utilisation de raccourcis et de clichés, consensuels mais trop rebattus pour capter l'intérêt du spectateur sur un temps long.

Fountain2.jpg

Ces lieux communs sont utiles pour transmettre les sentiments ou les idées d'Aronofsky, mais si peu explorés, employés quelquefois à la va-vite (comme l'emploi d'attitudes bouddhique pour donner l'image d'un éveil plus ou moins mystique), qu'ils s'apparentent plus à des tours de passe-passe qu'à des descriptions justes. Le poncif comme le baragouinage philosophico-mystique ne sont pas loin.

Aronofsky aurait pu compenser ce problème par des cliffhangers placés à la fin de chaque aller-retour, mais ce n'a pas toujours été, manifestement, son choix. The Fountain n'est pas un film d'action, ni dans l'idée, ni dans le style, ni dans la réalisation.

Fountain1.jpg

Ce n'est pas un mal en soi, mais les aller-retour entre les trois segments, au lieu de relancer l'attention, contribuent en conséquence à plomber le rythme qui n'était déjà naturellement pas très gai, le sujet aidant.

Et malgré le message somme toute positif délivré, malgré le talent de ses acteurs, malgré les superbes images poétiques dont il est rempli, The Fountain en arrive naturellement à plonger le spectateur dans une mélancolie, voire un ennui, peu réjouissants.

 

Note: 11/20

 

 


 

Autres films de Darren Aronofsky chroniqués dans ce blog:

Black Swan (2010)

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 18:25

MemoriesOfMurder.jpg

Corée, années 80. Une belle jeune femme est retrouvée étranglée dans un champs. Puis une deuxième. Une troisième suit. Sur cinq ans, au total dix femmes seront retrouvées, violentées et tuées de la même manière. Une sombre histoire qui secoua la Corée à l'époque. Prenant le point de vue des détectives chargés de l'enquête, Joon-ho Bong développe dans Memories of Murder une réflexion riche, profonde et pour tout dire passionnante sur la police et la justice dans leurs principes et dans leurs réalisations bien humaines, et donc souvent bien imparfaites.

Confrontés à la découverte d'un premier cadavre, les inspecteurs Park Doo-Man (Kang-ho Song, qu'on aura déjà pu remarquer dans les excellents films de Chan-Wook Park Bakjwi [Thirst, Ceci est mon sang] et Boksuneun naui geot [Sympathy for Mr. Vengeance]) et Cho Yong-koo (Roe-ha Kim) appliquent leur méthode habituelle: rafle des hommes ayant fréquenté la victime et sélection d'un suspect - pour ça, Park a une méthode qu'il estime infaillible, c'est de regarder l'hommes dans les yeux, et alors il sait. Ensuite, ce n'est plus qu'une histoire de le passer à tabac assez longtemps pour qu'il aie retenu des aveux plus ou moins cohérents à signer et réciter devant la justice.

On tape d'abord, on réfléchit après. Ou pas. Méthode qui donne des résultats certains (tous les suspects craquent évidemment avec le temps) mais très aléatoires. A mesure que les bavures se multiplient, l'image de la police ne s'améliore pas dans une population déjà au bord de l'émeute politique.

Au deuxième cadavre, l'inspecteur Seo Tae-Yoon arrive de Seoul avec des idées et des procédures nouvelles pour aider la fine équipe en place, avec laquelle il ne tarde pas à entrer en conflit.

Memories1.jpg

Le groupe renforcé, l'enquête se développe bon gré mal gré, les policiers progressent, les indices sur la personnalité du meurtrier s'accumulent. De nouvelles pistes sont suivies, mais l'assassin demeure insaisissable et des femmes meurent. La frustration et le désespoir des inspecteurs montent dans ce sillage meurtrier tandis que l'obligation d'obtenir des résultats les place - avec le spectateur - sous toujours plus de pression.

Pour réussir Memories of Murder - car ce film est indéniablement une réussite -, Joon-ho Bong suit et humanise tous ses personnages, des principaux aux secondaires, leur donnant le temps d'exister et de se placer sur un plan émotionnel et non purement policier. Grâce à cette étude fine ainsi qu'à la variété des protagonistes, grâce également aux acteurs de talent qui les portent, le registre des émotions transmises dépasse le cadre habituel du film à suspense: on sourit, on rit même parfois, et ce tout en restant dans l'action. Comme dans la vie.

Memories2.jpg

Du coup, nous sommes plongés en pleine osmose avec détectives et victimes dans cette traque incertaine, où chaque nouveau cadavre annoncé - intelligence du scénario - retentit comme un échec supplémentaire, rallonge d'une étape la résolution d'un puzzle de plus en plus inextricable.

Comme les autres grands films de genre, Memories of Murder dépasse ainsi nettement la dimension du policier classique - souvent réduit au jeu du gendarme et du voleur - pour aborder en douceur des thèmes plus profonds: l'évolution des méthodes policières et leur compatibilité avec la démocratie, la logique du maintien de l'ordre, la confrontation avec la nouveauté, les mécanismes de l'erreur judiciaire, la fin et les moyens.

En résumé un des meilleurs films policiers de ces dernières années qui, une fois n'est pas coutume, vous entraînera vers une dernière scène poignante pour un dénouement inattendu. A ne pas manquer donc!

 

Note: 17/20

 

 


 
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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 17:47

Savage.jpgOn n'a pas souvent l'occasion de voir un film irlandais sur grand écran.  Brendan Mudowney comble cette lacune avec Savage, à la fois drame psychologique et thriller à un personnage, qui raconte l'aggression d'un homme et ses conséquences physiques et psychologiques tragiques sur une victime et sur son entourage. Une analyse qui veut explorer sans concession le processus trouble et complexe d'une auto-destruction qui s'annonce inévitable.

Paul (Darren Healy) mène une vie de photographe de presse sans histoire, entre un père malade dont il s'est longtemps occupé et l'infirmière de celui-ci (Nora-Jane Noone), avec laquelle une relation prometteuse débute. Rentrant seul d'un pub après une soirée avec cette dernière, il est pris à partie et violemment agressé par deux voyous.

Quatre jours plus tard, il se réveille sur un lit d'hôpital, balafré et castré, marqué dans sa chair et dans son esprit.

Commence alors un douloureux périple personnel à travers lequel il tente de se reconstruire malgré un traumatisme qui lui a annihilé tout amour-propre: un trajet en quatre étapes résumées par Mudowney par peur, contrôle, colère, et enfin revanche.

Car l'aventure de Paul, comme celle de nombre de victimes, ne fait que commencer avec son aggression.

L'objectif de Mudowney n'est pas de faire pleurer dans les chaumières sur le sort du photographe, mais de suivre pas à pas ses incertitudes, ses douleurs, ses questionnements.

Savage1.jpgSon premier entretien avec la police, sa première confrontation avec les media en tant qu'objet, la reconstruction de son intégrité physique, sa nouvelle orientation - consolatrice? dérisoire? - vers le body-building et les sports de combat, les effets du regard compatissant et apitoyé des médecins et de ceux qui savent: Paul ronge sa chrysalide pour en sortir transfiguré, papillon-monstre qui atteindra son apogée au terme du film.

Muldowney n'arrive pas complètement à établir une ligne d'évolution claire de son personnage principal, mais y en-a-t-il vraiment une?

Savage2.jpg

C'est dommage pour la continuité et la structure du film, participe à brouiller les pistes, mais plus réaliste. En refusant de gommer certains épisodes, en faisant participer le spectateur aux cahots et péripéties traversés dans leurs détails, Paul acquiert une vérité et une fragilité dans laquelle toutes les issues semblent possibles et pourtant improbables, proches de son état d'esprit torturé, perdu.

Le constat final n'arrive pas hélas à sortir un message clair de cette confusion, mais peut-être la morale de l'histoire se trouve-t-elle justement dans ces tourments.

A signaler au crédit de Muldowney, une photographie et une technique remarquables et en harmonie complète avec le sujet.

 

Note: 12,5/20

 


 
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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 16:06

MachineGirl.jpgScénario simplet et invraisemblable, acteurs de second ordre, effets spéciaux au hachoir - au propre comme au figuré -, budget réduit, réalisation de style série télé: The Machine Girl se place résolument dans la série B, comme les autres créations de Noboru Iguchi. Une série B pas comme les autres, puisqu'elle a atteint une notoriété que bien des films de grands studios pourraient envier - sans parler des productions françaises, jusqu'à atteindre le stade de, allez, osons-le, film-culte.

Ce succès, The Machine Girl ne le doit donc certainement pas à l'élaboration de son scénario.

Jugez-en plutôt: Ami Hyuga (Minase Yashiro) mène une vie de lycéenne sans histoire avec son jeune frère Yu (Ryôsuke Kawamura), jusqu'à ce que ce dernier se fasse racketter par une bande de camarades menés par le fils d'un chef de gang yakuza-ninjas.

Une rencontre qui tourne mal, et Yu et le copain qui l'accompagnait sont tués. Ami, qui tente de le venger, tombe dans les mains des yakuzas qui lui tranchent le bras. Heureusement (?), les parents du copain mort de Yu vont l'aider à poursuivre sa vengeance en lui montant sur son moignon une mitrailleuse avec lequel elle pourra déchiqueter tous ses ennemis.

Passons sur les nombreux épisodes défiant toute logique, ils font partie du charme et des surprises du film.

Pour jouer cette intrigue toute en finesse où pullulent ninjas en survêtements rouges à bandes blanches, shurikens saucissonneurs, sushis au doigt et geysers de sang par tonneaux entiers, Noboru Iguchi a choisi des acteurs à la hauteur: principalement des actrices de porno soft à la japonaise et des acteurs dont il y a fort à parier que la plupart ne devraient pas faire une grande carrière.

MachineG1.jpgLes comédiens, tous à peu près du même âge (sauf les membres du gang, plus âgés) se différencient surtout par leurs costumes et autres uniformes, dont bien sûr celui d'Ami. La tenue de collégienne reste un grand excitant au pays du soleil levant.

Les moyens sont faibles, et ça se voit à l'écran. Raccords non réalistes, effets spéciaux souvent ratés ou virant au grotesque (recommandons à ce sujet le bras en beignet-tempura façon bouquet de pissenlits), armes en plastique...

Mais tous ces détails semblent peu importer à Noboru Iguchi, dont l'objectif est visiblement de remplir de la manière la plus farfelue ses rouleaux de pellicules (numériques) de chairs sanguinolentes et de membres amputés, le tout assaisonné d'explosions de toutes tailles et généreusement arrosé de litres d'hémoglobine synthétique.

MachineG2.jpg

Et sur ce terrain, impossible de nier son talent. Le gore a trouvé un nouveau maître, la vague grindhouse, Tarentino et ses émules n'ont qu'à bien se tenir, leur mauvais goût fera bientôt l'effet d'une douche tiède face à Iguchi.

Pour ce qui est des influences, The Machine Girl se place dans la lignée des pink movies japonais tendance violente, sans la réflexion qu'on pouvait leur prêter: le discours reste au niveau du divertissement et balance entre premier et second degré.

Les super sentai du type de Bioman et Power Rangers sont également des sources d'inspiration évidentes.

Si Iguchi n'atteint pas l'inventivité, la précision de Miike et ne fignole pas autant, cela viendra peut-être avec le temps, et c'est tout ce qu'on lui souhaite.

Conseillons donc The Machine Girl pour des soirées arrosées entre amis, il y fera à coup sûr de l'effet.

Enfin, dernière remarque: pas besoin de sous-titres, les dialogues n'ont pas d'importance.

 

Note: 08/20 mais à voir!

 

 


 
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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 15:03

LasVegas.jpg

Le Montecito à Las Vegas, vous connaissez? Cet hôtel luxueux et imaginaire, au coeur de la série américaine Las Vegas est l'endroit idéal pour passer des vacances, dépenser son argent, règler de vieux comptes, tenter arnaques et hold-up, côtoyer les excentriques de la planète entière... bref le cadre rêvé pour tourner de nombreux épisodes tous plus prenant les uns que les autres. Et quand le cast est mené par le légendaire James Caan (Rollerball, A Bridge Too Far, The Godfather), il n'y a plus qu'à s'accrocher, les jeux sont faits, rien ne va plus!

Si le Montecito est le "personnage" central de la série, la série tourne autour de certains de ses acteurs en particulier, avec à leur tête Ed Deline (James Caan), ancient agent de la CIA, baroudeur au passé trouble mais honnête devenu chef des opérations du casino.

LasVegas1.jpg

Son adjoint est Danny McCoy (Josh Duhamel), ancien marine et un peu le fils qu'Ed aurait voulu avoir. La moindre robe fendue, le plus petit décolleté lui font immanquablement tourner la tête.

Ce qui ne manque pas de se produire très régulièrement, car des filles toutes plus mignonnes les unes que les autres, il y en a à foison. Ne mentionnons ici que les "permanentes": Sam (Vanessa Marcil), l'hôtesse en charge des gros joueurs, DeLinda Deline (Molly Sims), la fille d'Ed et gérante du Mystic, restaurant chic du Montecito, Mary (Nikki Cox), ancienne petite amie de lycée de Danny et responsable des évènements spéciaux, et enfin Nessa (Marsha Thomason), croupière d'élite dont le père "travaillait" avec Ed dans ses années sombres.

Mike (James Lesure), ingénieur en informatique/ électronique devenu voiturier - ça paye mieux et c'est quand même plus amusant - complète la fine équipe.

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La saveur de la série découle en grande partie de la nature des relations entre ces différents personnages, empreintes d'humour et de légèreté, ce qui renforce les quelques passages dramatiques.

Autre intérêt, les clients de toute nature qui défilent dans les couloirs du Montecito, occasion de décliner le thème du casino, petit monde merveilleux en soi. Salles de jeux, centre de sécurité, restaurant, suites, piscines, salles de concert fournissent le cadre idéal à toutes sortes d'intrigues qui durent le temps d'un épisode. Le choix a été porté - après quelques hésitations apparemment si on se réfère aux deux premiers épisodes - sur un format où manquer quelques chapitres ne perturbera pas le spectateur.

D'où un style moins schématique mais qui évoque les séries des années 80 Fantasy Island [l'Ile fantastique] ou The Love Boat [La croisière s'amuse]

Comme dans ces dernières, les guest stars ajoutent au piment de certains épisodes. L'occasion de croiser Alec Baldwin, Paris Hilton, Jean-Claude Van Damme (inattendu comme toujours, ne pas manquer l'épisode 15) ou Denis Hopper dans des rôles plus ou moins conséquents.

Sur le plan moral, pas d'ambigüité, le casino est un business, un parc d'amusement, machine à faire rêver bien sûr mais avant tout une machine à engranger les sous. Un client qui ne dépense pas d'argent, même s'il compte parmi les plus riches de la planète, n'a aucun intérêt pour les patrons du Montecito qui chercheront à s'en débarraser le plus vite possible, surtout s'ils ont fait la bêtise de le compter au départ parmi les "whales" (baleines), gros joueurs capables de perdre des millions aux tables de jeu sans sourciller. La chance au jeu tourne toujours au bénéfice du casino.

Note peut-être cynique mais réaliste qui, accompagnée d'une description des systèmes de sécurité en place dignes de big brother - appuyée par l'utilisation d'effets spéciaux efficaces -, laisse peu d'espoir à ceux qui croiraient encore à la fortune facile.

 

Note: 14/20

 

 

Las Vegas Saison 2:
Les personnages évoluent chacun dans une direction qui leur est personnelle en gardant leur couleur propre.
Toujours de l'action, de la dérision, des coups de théâtre et du second degré. James Caan tient la barre du casino merveilleusement bien.
Note: 16/20
Las Vegas Saison 3:
Arrivée d'un nouveau propriétaire au Montecito, Monica Mancuso (Lara Flynn Boyle), arriviste insupportable bousculant le petit univers bien réglé de la fine équipe.
Coups de théâtre, éclats de rire, suspense, la saison 3 est encore meilleure que la précédente et se termine comme les autres sur un cliffhanger.
Note: 17/20

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Published by Eddl - dans Télévision
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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 22:41

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S'il y a un spectre qui hante les allemands, c'est bien celui du nazisme. Ah non, on ne les y reprendra plus: le fascisme et ses avatars ne repasseront plus par eux. Ce traumatisme, ils le cultivent, l'entretiennent et le nourrissent pour ne pas retomber dans la gueule de la bête immonde. Die Welle [La Vague] est dans la lignée de ces films à thèse plus ou moins didactiques, plus ou moins moralisateurs et qui donnent plus ou moins à réfléchir.

L'idée vient d'une expérience réelle réalisée non en Allemagne, comme on aurait pu s'y attendre, mais à Palo Alto (Californie) en 1967. Ron Jones, un professeur d'histoire contemporaine, y avait mené une expérience de mise en situation, destinée à démontrer la fragilité du système démocratique quand on en retire l'individualisme.

Créant un mouvement fictif appelé "La Troisième Vague" sur la base du slogan "La force par la discipline, la force par la communauté, la force par l'action, la force par la fierté", il avait réussi à entraîner un nombre impressionnant et toujours croissant d'étudiants dans un mini-système égalitaire où beaucoup étaient plus qu'heureux de dénoncer leurs petits camarades, participer à des manifestations de masse et se saluer avec un geste très proche du salut nazi.

L'expérience s'était terminée au bout de quatre ou cinq jours par la confrontation brutale des étudiants à leur propre naïveté.

L'expérience avait déjà inspiré un téléfilm américain en 1981, duquel avait été tiré un roman - américain également - paraît-il très étudié outre-Rhin.

Vague2.jpgDans cette nouvelle version, l'action est donc déplacée dans un lycée en Allemagne de nos jours et encore plus dramatisée que ses premières sources ne l'avaient été, histoire de frapper les esprits.

Les différents types d'élèves sont actualisés et stylisés de manière à représenter les profils psychologiques variés qui succomberont - ou pas pour un petit nombre d'entre eux - à l'attrait de "la Vague", appellation du nouveau mouvement.

Le descendant d'immigrés turcs en voie d'intégration, la bonne élève un peu stressée, la fille un peu baba, le fils à papa qui se la pète, la petite grosse, l'inutile mal dans sa peau, le jeune metteur en scène qui n'arrive pas à contrôler ses acteurs... Tous trouvent un intérêt, une force, une protection dans la naissance de la Vague.

Vague3.jpgL'élan donné devient raison de vivre pour certains de ces adolescents peu structurés - parce que jeunes, parce que seuls et désoeuvrés, mais aussi, thèse plus intéressante, par laisser-aller généralisé. Trop heureux de se perdre - et donc de se trouver - dans le groupe, les plus faibles psychologiquement, en mal d'identité, trouvent à l'état pur dans la Vague ce qu'ils se procuraient à l'état embryonnaire dans leurs petites bandes de lycée.

Cette nouvelle cohésion les aide dans leurs tâches de groupe, leur permet de se dépasser, leur procure de meilleurs résultats en sport par exemple, retisse leurs relations avec leurs camarades.

Pour certains, cette aventure est un déclic, une révélation dans laquelle ils se lancent à corps perdu.

Le prix à payer, la perte d'une identité propre, de leur individualisme, est peu de chose pour la plupart des lycéens qui n'en ont pas.

Organisateur du mouvement rapidement promu au rang de gourou, le personnage du professeur, Rainer Wenger (Jürgen Vogel), tente de surfer sur cette vague sans se faire déborder.

Vague1.jpgMais l'équilibre est précaire, surtout quand on goûte - à son corps défendant au départ, puis avec plus d'ambigüité - à l'ivresse du pouvoir, qui entraîne toujours plus loin.

La thèse sous-jacente, même si ses ficelles sont un peu grosses, démonte les mécanismes qui ont fait le succès du nazisme: ses théories n'ont pas construites à elles seules l'organisation qui a mené à la solution finale. Hitler a organisé un terreau fertile, un système sur lequel il a prospéré en apportant une valeur, en présentant un réel intérêt à ses serviteurs, en exploitant les faiblesses individuelles.

Cette valeur, c'est la constitution d'un groupe, d'un mouvement qui a permis à beaucoup d'atteindre une reconnaissance, de donner un sens, une protection  à des personnes perdues ou en état de crise.

Comme dans Lacombe Lucien, l'adolescent est à la fois la victime et le bénéficiaire idéal de tels groupes car en pleine mutation. Plus il est faible, plus il sera entraîné loin.

Si l'union fait indubitablement la force, la Vague une fois lancée devient une entité déferlante qui ôte toute capacité à la réflexion personnelle, ce qui est confortable, mais mène à de terribles errances.

Même si les traits sont appuyés et les épisodes très dramatisés par rapport à l'expérience réelle et à la première version télévisée - ce qui diminue la crédibilité du message - le piège du film moralisateur est évité: Die Welle est source d'interrogation et ne donne pas de réponses toutes faites au problème.

Y en-a-t-il d'ailleurs?

 

Note: 13/20

 

 


 
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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 13:32

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C'était le second long métrage d'Alexandre Aja, réalisateur maintenant reconnu - et passé aux US - des remakes des films d'horreur des années 70/80 The Hills Have Eyes [La colline a des yeux] et Piranha 3D. Un film français qui semble rétrospectivement fait - et qui avait déjà été analysé à l'époque - pour montrer les talents d'Aja dans le film d'horreur et aborder le marché américain. Un film qui retourne aux sources pour coller aux conventions et usages des films du genre des années 70 pour se concentrer sur l'essentiel: la peur.

Un scénario très simple, voir simpliste, sert de base de travail.

Marie (Cécile de France) et Alex (Maïwenn), deux copines, partent en vacances dans la maison de campagne de la famille d'Alex.

Pendant leur première nuit sur place, un mystérieux homme habillé en garagiste (Philippe Nahon, bien inquiétant dans le rôle) pénètre dans la maison, massacre la famille et kidnappe Alex. Marie tente de lui échapper et de sauver son amie.

Le style est celui de l'école du slasher américain original type Friday the 13th, Halloween et autres Texas Chain Saw Massacre. On ne se pose pas de questions, tout le monde va passer à la moulinette ou presque, le problème étant de savoir comment, le pourquoi on s'en moque. D'ailleurs, moins on en sait, mieux c'est.

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Les premiers 90% du film, résolument affirmés dans cette direction, atteignent leur objectif. Le talent d'Aja pour monter la tension, l'angoisse, la peur en partant d'un situation où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes est indéniable.

Les règles et objets classiques du genre (téléphones, armes per se ou par destination et autres placards par exemple) sont suivis ou utilisés à la lettre, ou mieux, savamment détournés dans d'ingénieuses et néanmoins simples variantes par rapport à la convention.

Le niveau du mécano générateur de tension pur et dur est atteint, pas de digression verbeuse ou psycho-analytique. L'horizon de l'espérance de vie des protagonistes et futures victimes est réduit au maximum aux prochaines deux minutes, pas de répit avant l'échéance suivante. Le spectateur est scotché et le film porte bien son titre.

HauteT2.jpgOn est et on reste dans l'émotion pure.

Les choses se gâtent malheureusement dans le dernier quart d'heure, où une tentative de rationnalisation et d'explication fait verser le slasher dans ce qui pourrait être un thriller psychologique.

Résultat, le gore reste, mais la "haute tension" savamment distillée précédemment se dissipe avec le mystère à l'origine de l'essentiel de la peur viscérale des débuts.

L'explicatif qui a fait l'essentiel des films du genre dans les années 90, voire 2000 arrive au premier plan et hélas compromet la pureté du tout. Le gore devient du second degré involontaire, le spectateur se détend, l'apex passe à la trappe.

Dommage pour l'ensemble. Restent tout de même le souvenir d'une très bonne première partie, et les preuves de l'indéniable potentiel d'Aja.

 

Note: 13/20

 

 


 
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