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Critiques Films

2011

Red Riding Hood [Le chaperon rouge]

Melancholia

Rise of the Planet of the Apes [La planète des singes: les origines]

Jodaeiye Nader az Simin [Une séparation]

X-Men: First Class [X-Men: Le commencement]

The Tree of Life

Source Code

The Eagle [L'aigle de la neuvième légion]

Thor

Battle: Los Angeles

Sucker Punch

The Rite [Le rite]

2010

Bu-dang-geo-rae [The Unjust]

Due Date [Date limite]

Centurion

Tucker & Dale vs. Evil

Casino Jack

Animal Kingdom

Waste Land

Incendies

Rare Exports

The Fighter

True Grit

127 hours [127 heures]

Repo Men

The Sorcerer's Apprentice [L'apprenti sorcier]

Black Swan

Resident Evil: Afterlife 3D

The King's Speech [Le discours d'un roi]

Tekken

Another Year

The Town

Akmareul boatda [I saw the Devil]

Scott Pilgrim vs. The World

Kick-Ass

Iron Man 2

The Expendables

Four Lions

Machete

RED
The Other Guys [Very Bad Cops]

2009

Agora

Fantastic Mr. Fox

Sweet Karma

Savage

Amintiri din epoca de aur [Contes de l'âge d'or]

State of Play [Jeux de pouvoir]

Harry Brown

The Last Station [Tolstoï, le dernier automne]

Cold Souls [Âmes en stock]

Goemon

The Men Who Stared at Goats [Les Chèvres du Pentagone]

Enter the Void

Bakjwi [Thirst, Ceci est mon sang]

The Road [La Route]

The House of the Devil

2008

Bitten

Zombie Strippers!

Li Mi de caixiang [The Equation of Love and Death]

Max Manus [Opération sabotage]

Kataude mashin gâru [The Machine Girl]

Die Welle [La vague]

Gomorrah

2007

Se, jie [Lust, Caution]

Sex and Death 101

Battle for Haditha

Ryû ga gotoku: gekijô-ban [Yakuza: Like a Dragon]

Ji jie hao [Héros de guerre/ Assembly]

Before the Devil Knows You're Dead [7h58 ce samedi-là]

Kuro-obi [Black Belt]

Katyn

Crows Zero

30 Days of Night

Zodiac

Irina Palm
Sunshine
Le Prix à Payer
Anna M.
300
2006

Omaret yacobean [L'immeuble Yacoubian]

The Fountain

Rescue Dawn

46-okunen no koi [4.6 Billion Year Love/ Big Bang Love Juvenile A]
Jesus Camp
Letters from Iwo Jima
Ne le dis à personne
The Departed [Les infiltrés]

Little Miss Sunshine
The Good German
Apocalypto  
La Vie des Autres
The Last King of Scotland
Thank you for smoking
2005

Danny the Dog / Unleashed

Chinjeolhan geumjassi [Lady Vengeance]

Down the Valley
2004

Rabudo gan [Loved Gun]

Layer Cake

Git [Feathers in the Wind]

Chi to hone [Blood and bones]

Samaria [Samaritan Girl]

D'autres mondes

Baramui Fighter [Fighter in the Wind]

Kung Fu [Crazy Kung Fu]
Dawn of the Dead [L'Armée des Morts]

Napoleon Dynamite
2003

9 Souls

Salinui chueok [Memories of Murder]

Haute tension

Akarui Mirai [Jellyfish/ Bright Future]

2002

Dirty Pretty Things

Boksuneun naui geot [Sympathy for Mr. Vengeance]

Tasogare Seibei [Le Samouraï du crépuscule] 
Punch-Drunk Love
2001

Jopog manura [Ma femme est un gangster]

Das Experiment [L'expérience]

Aoi haru [Blue spring]

Training Day

2000

Gongdong gyeongbi guyeok JSA [Joint Security Area]

Hyôryû-gai [La cité des âmes perdues]
La Parenthèse Enchantée
1999

Le créateur

Am zin [Running Out of Time]

Titus
Summer of Sam

1997

Unagi [L'anguille]
1996

Gokudô sengokushi: Fudô [Graine de Yakuza]

1995

Welcome to the Dollhouse [Bienvenue à l'Age Ingrat] 

1990

A Fei jingjyuhn [Nos années sauvages/ Days of Being Wild]

1989  
NL's Xmas vacations
1988

The Cowboy and the Frenchman [Les Français vus par David Lynch]

Ghosts... of the Civil Dead

1981

Stripes [Les bleus]

1980  
Caddyshack
1979

Hardcore

Kukushû suru wa ware ni ari [La Vengeance m'appartient]

1978

The Boys from Brazil [Ces garçons qui venaient du Brésil]

1977

Une sale histoire

1975

Zerkalo [Le miroir]

Love and Death [Guerre et amour]

Maîtresse

1972

Vampire Circus [Le cirque des vampires]

1970

La pacifista

Catch-22

1969

Yuke yuke nidome no shojo [Go, Go Second Time Virgin / Vierge violée cherche étudiant révolté]

Les Damnés

1968

If...

1967

Two for the Road [Voyage à deux]

1966

Hakuchû no tôrima [L'obsédé en plein jour/ Violence at High Noon]

Taiji ga mitsuryô suru toki [Quand l'embryon part braconner]

1965

Repulsion

1964

Fail Safe [Point Limite]

1962

Le doulos

1960

Junfrukällan [La source/ The Virgin Spring]

1959

The Mouse that Roared [La Souris qui rugissait]

1958

Touch of Evil [La soif du mal]

1957

Celui qui doit mourir

1956

Bob le flambeur

1955

Shin heike monogatari [Le héros sacrilège/ Tales of the Taira Clan]

1950

Los olvidados [Pitié pour eux]

1926

The Scarlet Letter [La lettre écarlate]


Télévision

Oz 1

The Borgias 1

Caprica

Wire in the Blood 1-3 [La fureur dans le sang]

Las Vegas 1

Mad Men 1

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How to Make It in America 1

The Walking Dead 1
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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 18:35

UneSeparation.jpg

Une banale histoire de divorce qui se complique, voilà le squelette, a priori peu affriolant, de l'intrigue de Jodaeiye Nader az Simin [Une séparation], film iranien d'Asghar Farhadi, déjà habitué aux récompenses et autres prix internationaux, et qui refrappe un grand coup avec cette dernière réalisation: Ours d'Or, meilleure actrice et meilleur acteur à Berlin 2011. Pas de clinquant dans cette séparation: le propos n'est pas spectaculaire, pas même politique - ouvertement - et encore moins porté par des effets de manches. Juste une analyse précise et délicate de l'évolution des rapports humains de deux couples et de leurs entourages aspirés dans une spirale destructrice. Placés par le sort face à la société et à leurs consciences, les émotions transmises sont intenses, le jeu cruel, et personne n'en sortira gagnant - si ce n'est le spectateur.

Simin (Leila Hatami) veut partir pour l'étranger, mais son mari Nader (Peyman Moadi) ne peut abandonner son père (Ali-Ashgar Shahbazi) en pleine descente alzheimerienne. Ils ont donc choisi le divorce, solution déchirante pour eux comme pour leur fille de 11 ans, Termeh (Sarina Farhadi)

Nader embauche donc une aide-soignante, Razieh (Sareh Bayat) pour s'occuper de son père quand il travaille.

Un jour, en rentrant chez lui, il découvre que celle-ci s'est absentée dans la journée en abandonnant son père. Une altercation s'ensuit avec Razieh qui est congédiée. Hélas, celle-ci était enceinte, et poussée dans l'escalier - ou pas -, perd son enfant.

Nader, inculpé de meurtre, tente de se défendre avec l'appui de Simin et de Termeh...

Separation1.jpgL'histoire part donc sur l'un de ces imbroglios de la vie quotidienne, un dérapage de la vie qui tient autant à la fatalité qu'à la nature des interactions humaines.

La première scène pose le ton du film: face à un juge invisible, dans une pièce presque nue, les deux parents s'affrontent dans une tentative de conciliation en exposant leurs raisonnements, chacun dans ses convictions, sa vérité, mais tous deux irrémédiablement incompatibles. Pas de méchant, pas de gentil, aucune mauvaise foi apparente dans cette discussion, le spectateur est balloté entre les états d'âme, les désirs et les problèmes que vivent tour à tour les personnages.

Separation2.jpg

La machine judiciaire intervient là-dessus, mue par sa propre logique, aveugle aux désirs des uns et des autres.

Certains essaient bien de maneuvrer la bête pour leur profit, mais ces tentatives pathétiques, leurs petits mensonges et arrangements se soldent par une accumulation de difficultés toujours plus insolubles où l'individu s'enlise jusqu'à finir étouffé.

L'anti-manichéisme du réalisateur, l'intelligence de jeu des acteurs, les rebondissements permanents de l'intrigue aggrippent le spectateur et lui injectent de manière réaliste et convaincante les émotions et les tourments de tous, universels car poussés par des ressorts si simples. Impossible de ne pas s'identifier tour à tour à chacun des personnages, jusqu'à l'éclatant et déchirant naufrage des illusions de la jeune Termeh, une scène qui, à elle seule, vaut le ticket pour la séance.

La tragédie est pure, limpide, maîtrisée. Le plaisir suit.

 

Note: 18/20

 

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 23:03

ShinHeike.jpgEn voilà une belle affiche! Pour son avant-dernier film - et son premier en couleurs -, le célèbre réalisateur japonais Kenji Mizoguchi avait choisi de s'attaquer à une épopée du japonais médiévale, le conte des Heike. Celui-ci décrit l'ascension et la chute de ce clan (aussi appelé Taira), dont l'un des membres, Kiyomori, établira au XIIème siècle le premier gouvernement dominé par la classe des samouraïs au Japon. L'épopée est conséquente non seulement par son importance historique, mais aussi par sa taille. Mizoguchi ne s'attaque donc ici qu'à son introduction. Le propos est essentiellement historique et politique, une direction originale pour un réalisateur plus accoutumé à la description des relations interpersonnelles qu'aux rivalités de clans. Shin heike monogatori  décrit donc les circonstances dans la réflexion et l'action qui mèneront à la construction d'un point de rupture: celui du basculement d'une société corrompue, en bout de course, vers un nouvel ordre plus en adéquation avec les valeurs du moment, plus aux prises avec la réalité, celui des samouraïs.

Quand le capitaine Taira no Tadamori (Ichijirô Oya) revient d'une expédition victorieuse contre les pirates de l'Ouest avec son fils Kiyomori (Raizô Ichikawa), sa réception n'est pas vraiment triomphale, malgré la reconnaissance de la population. Les courtisans ont en effet décidé qu'il ne fallait surtout ne rien lui accorder de peur de renforcer son orgueil supposé, et se font donc un devoir de le battre froid.

Il se voit même bientôt contraint de mettre le nez dans la poussière devant un cortège de palanquins des moines Hiei, toujours plus puissants, toujours plus corrompus, toujours plus imbus d'eux-mêmes.

Taira1.jpgSi Tadamori reste stoïque devant ces humiliations, sa femme Yassuko (Michiyo Kogure), ancienne courtisane, méprise chez lui ce qu'elle interprète comme un manque de caractère et d'ambition.

Kiyomori aussi a du mal à ronger son frein face à ces vicissitudes, et les choses empirent quand il apprend par un marchand que des rumeurs courent sur son propre compte: il serait le fils naturel du défunt empereur Shirakawa.

Si Mizoguchi a l'habitude de mettre à nu les plis et les replis de l'âme humaine (comme dans Ugetsu monogatari [Les contes de la lune vague après la pluie] ou Sanshô dayu [L'intendant Sansho]), l'histoire du clan Taira, elle, est beaucoup plus axée sur la politique et la réalité historique japonaise.

Elle met en valeur l'arrivée au pouvoir de la caste des guerriers - les samouraïs - au détriment de la noblesse de cours et du clergé, dépassés et imbus de pouvoirs dont ils ont abusé, et qui ne représentent plus rien aux yeux du peuple.

Taira2La leçon était valable aux yeux du Japon des années 50, alors en pleine reconstruction et donc en besoin de rompre avec les autorités qui l'avaient mené au désastre, elle est encore d'actualité aujourd'hui.

Si le message est pertinent, il cadre mal par contre avec le cinéma de Mizoguchi, écartelé entre l'échelle humaine - où il excelle - et celle des masses.

Le personnage central de Kiyomori gagne certes en consistance avec ses questionnements sur sa naissance, son amour avec la jeune Tokiko (Yoshiko Kuga) ou ses relations avec ses parents, mais ces développements peinent à entrer en symbiose avec les évènements historiques qui forment le fond du film et dont les ficelles deviennent du coup trop apparentes.

La description de la société médiévale japonaise, très soignée, profite à plein de l'introduction de couleurs riches et fastueuses mais contraste aussi avec la subtilité habituelle des sentiments soulignés par Mizoguchi.

Taira3.jpgLe spectateur pris entre deux directions opposées - le grandiose et l'humain, l'écrasant et le léger - hésite donc sur la direction à suivre, et les nuances dans les émotions et les sentiments finissent malheureusement écrasées dans la bataille.

Peut-être une tentative de sa part de se porter vers le cinéma d'action ou à grand spectacle, Shin heike monogatari n'est donc pas l'un des meilleurs Mizoguchi, loin s'en faut. Très classique dans sa présentation, plus instructif et didactique qu'émouvant, il présente néanmoins une description intéressante des équilibres et déséquilibres politiques qui ont mené le Japon féodal vers le règne des seigneurs de la guerre.

 

Note: 12,5/20

 

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 22:37

Oz.jpg

Oz est un royaume magique dirigée par un mystérieux magicien depuis la Cité d'Emeraude. La jeune Dorothy et son petit chien Toto y sont projetés par un cyclone pour de merveilleuses aventures. Oz, c'est aussi un diminutif pour le pénitentier d'état imaginaire de sécurité maximum d'Oswald. En son sein existe aussi une "Cité d'Emeraude", tout aussi fictive que le pénitencier, une unité toute spéciale qui regroupe des prisonniers de tous horizons et de toutes spécialités dans l'espoir de faciliter la réinsertion de ces derniers. Aussi curieuse que soit cette idée, elle devient une magnifique opportunité dans l'univers merveilleux des séries télévisées. Construire une micro-société de criminels de tous poils, y insérer quelques délinquants mineurs, un monsieur-tout-le-monde... la logique de Big Brother poussée au-delà de ses limites, ou la télé-réalité avec l'intelligence d'un vrai scénario en plus: ça déménage!

Tom Fontana, scénariste/producteur aujourd'hui reconnu, créateur de Oz - dont il a, fait exceptionnel, écrit seul ou en collaboration la totalité des 6 séries d'épisodes -, a donc construit son monument autour du concept d'une unité pénale regroupant des criminels de tous poils et leur encadrement.

Les prisonniers ont toutes leurs tendances représentées et sont regroupés en clans bien archétypés portant chacun ses propres valeurs et usages et contrôlant un domaine particulier, un secteur spécifique de l'unité: le multi-culturalisme américain vu à travers le prisme de la société criminelle.

Les italiens, les latinos, les "aryens" (blancs tendance suprématistes), les musulmans, les irlandais, les "homeboys" (noirs tendance rap) vivent chacun leur code, leurs valeurs, leurs champions, leurs ennemis, leurs drames, nouant ou dénouant des alliances au fil du temps.

Oz1.jpg

Les sans clans et autres égarés qu'une défaillance, un écart fatal ont placé là sans être déjà liés à un gang déterminé, sont poussés à choisir leur camp rapidement. A défaut, ils échoueront le plus souvent à l'étage le plus bas de l'échelle sociale d'Oz pour finir impitoyablement exploités, réduits en esclavage par le reste des détenus.

Car bien évidemment, si la prison est un endroit moderne, propre et bien tenu (rappelant par de nombreux détails le pénitencier modèle de Ghosts... of the Civil Dead), ses occupants les plus permanents et les plus endurcis n'ont pas perdu leurs habitudes. La seule loi en vigueur est celle du plus fort, et certains ne feront pas de vieux os.

L'encadrement pénitentiaire, lui, reste toujours sur la brèche pour tenter de contenir le bouillonnement permanent. Cette unité si spéciale est dirigée par Tim McManus (Terry Kiney) et contrôlée par des gardiens dont certains sont physiquement en poste au centre du dispositif, une femme - l'officier Diane Whittlesey (Edie Falco, alias la Carmela des Sopranos) parmi eux. Une conseillère psychologique (Rita Moreno) et un médecin forment le maigre reste de l'élément féminin de la prison.

Oz2.jpg

Les dissensions dans la gestion de l'unité spéciale sont aussi légion. McManus conserve une vision très progressiste de l'endroit, vision constamment mise en défaut par la politique toujours plus répréssive du gouverneur de l'état (Zeljko Ivanej, décidément dans tous les bons coups: Damages,  Heroes, True Blood...) Le directeur de la prison (Ernie Hudson), lui, en est souvent réduit à compter les points.

Ces deux optiques de la détention - punition ou réhabilitation - s'affrontent sans cesse et alimentent les frictions entre les détenus.

Bien entendu, on est ici très loin de l'univers simpliste de Prison Break : le propos de Fontana est de décrire un monde répressif complexe dans lequel les problèmes abondent et où aucune solution n'est facile.

Oz3.jpg

Le pari est réussi. Les personnages sont vrais, leurs enjeux clairs. Les intrigues sont traitées de façon réaliste, et aucun des problèmes de l'univers carcéral n'est esquivé.

Les trafics, les luttes d'influence, la politique, les problèmes salariaux, les luttes entre gangs, la religion, la drogue, la peine de mort, le sexe... Tom Fontana n'est pas allé vers le simplisme traditionnel des séries, mais traite chacun des thèmes avec intelligence, réalisme et des partis pris limités. Car si la vision optimiste et rédemptrice du responsable de l'unité spéciale semble le plus souvent mise en valeur, elle finit aussi fréquemment par être mise en défaut par les réactions des détenus mêmes, qui devraient pourtant être les premiers à y aspirer. McManus passe ainsi plus d'une fois pour un naïf illuminé, éventuellement dangereux à son insu.

Le piège du politiquement correct et de la bien-pensance est ainsi évité.

Quelques épisodes construits autour d'un thème central (drogue et peine de mort) pêchent par une convergence d'intrigues trop artificielle vers un même sujet, mais la série retourne rapidement au mieux de sa forme par la suite.

On attend donc avec impatience la série Borgia, nouvelle étape dans la carrière de Fontana, prévue cet été, auprès de laquelle sa  rivale de Showtime ne pourra que pâlir si sa qualité est à la hauteur de celle d'Oz.

 

Note: 18/20

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:46

Repulsion.jpgRoman Polanski est célèbre par son traitement des ambiances de tous les jours qui s'épaississent, se troublent et deviennent toujours plus glauques pour atteindre un paroxysme dans l'horreur. Dans cette série il y a The Tenant [Le locataire] bien sûr, Rosemary's Baby aussi, mais également son second long métrage, le premier tourné en anglais, Repulsion. Il y offre certainement l'un de ses meilleurs rôles à Christine Deneuve, jeune employée de salon de beauté londonien  esseulée prise dans un tourbillon de fantasmes qui dérape peu à peu dans la réalité. Un voyage aux sources de l'un des plus grands réalisateurs actuels.

Carole (Christine Deneuve) vit avec sa soeur Hélène (Yvonne Furneaux) dans un appartement à Londres. Jeune fille effacée, son temps se passe entre une vie quotidienne où les passages de l'amant d'Hélène, Michael (Ian Hendry), homme marié, lui pèsent de plus en plus, et les petites histoires du salon de beauté dirigé par Madame Denise (Valerie Taylor), où elle travaille comme manucure.

Seules perspectives extérieures, ses trajets entre ces deux endroits et son déjeuner dans un restaurant où elle se fait repérer par Colin (John Fraser), jeune homme séduisant qui commence à lui faire la cour.

Carole s'enferme dans une solitude où les regards des hommes  croisés prennent de plus en plus de place. La solitude renforce ses fantasmes.

Le départ en vacances d'Hélène et Michael va la laisser encore plus seule dans une confrontation avec des démons intérieurs qui ne la laissera pas indemne.

Repulsion1.jpg

Le mécanisme central de Repulsion tient dans l'identification du spectateur et la progression méticuleusement orchestré de l'état d'esprit de la jeune manucure.

La description de la vie quotidienne de Carole dans ses détails les plus banals est graduellement polluée par une série d'évènements du monde extérieur bien déterminés et filmés avec tant d'acuité qu'ils en prennent l'importance démesurée qu'ils peuvent avoir pour l'héroïne.

Le passage récurrent de joueurs ambulants, le regard d'un ouvrier, des sons de cloche du couvent voisin sont autant de mini-signes, minuscules évènements qui rythment la narration et développent la paranoïa qui envahit la manucure.

Pris dans le mouvement, plus de difficulté à adhérer à l'explosion de folie intérieure et à ses débordements qui poursuivent le récit. On retrouvera le même schéma, la même maîtrise, le même développement de l'angoisse que Polanski utilisera quelques années plus tard dans The Tenant [Le locataire] La même présentation du voisinage aussi. Les mêmes grands angles.

Repulsion2.jpgCatherine Deneuve laisse affleurer ses tourments de bête traquée, glace rongée par un feu intérieur jusqu'à son inexorable éclatement.

Une séquence finale apporte une explication au déroulement des évènements. Etait-elle nécessaire? La réponse n'est pas évidente, mais cette coda toute en légèreté clôt brillamment le récit en ouvrant sur une gamme d'émotions non abordées jusqu'alors.

 

Note: 14/20

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 21:19

LayerCake.jpg

Pour simplifier, le cinéma britannique après les Monty Python s'est résumé pour l'exportation aux comédies romantiques d'époque ou non (Four Weddings and a Funeral [Quatre mariages et un enterrement] et consorts). Puis vers la fin des années 90 surgit une série de films conjugant humour et subtilité british et violence réaliste: une exploitation culturelle de la pègre anglaise en quelque sorte, avec en fer de lance le célèbre Guy Ritchie (Lock, Stock and Two Smoking Barrels [Arnaque, Crimes et Botanique] en 1998, Snatch en 2000)* Producteur de ces deux films, un certain Matthew Vaughn. Ce n'est donc pas une surprise qu'au début de la carrière de réalisateur de ce dernier - maintenant en pleine explosion hollywoodienne avec  X-Men: First Class [X-Men: le commencement] - il y ait eu Layer Cake. Une troupe d'acteurs solides du cru y entoure Daniel Craig (le futur 007) sur un scénario explorant les charmes de la pègre et du trafic de drogue britanniques. Le style se veut percutant, similaire à celui de Ritchie, sans toutefois atteindre ses extrêmes. Bref un départ très honnête pour le futur réalisateur de  Kick-Ass.

Le héros (Daniel Craig), dont nous ne connaissons pas le nom, est un de ces truands sérieux dont l'ambition est de se faire un maximum d'argent avant de se retirer. Pour ce faire, le trafic de drogue s'impose comme la solution naturelle et la moins risquée, à condition bien sûr de ne pas faire d'histoires, et donc de conserver un profil bas et limiter ses contacts à un échantillon extrêmement réduit de personnes de confiance.

Bref XXXX est un petit malin qui veut réussir sans faire de vagues avant de s'esquiver à l'anglaise. Qui veut faire son petit business dans les zones d'ombre avant de bronzer au soleil. Qui veut le beurre et l'argent du beurre.

LayerCake1.jpg

Hélas, son boss, Jimmy Price (Kenneth Cranham), ne l'entend pas de cette oreille, et lui confie deux missions qui vont rapidement déraper en mettant XXXX au contact de ceux qu'il a toujours tenté d'éviter: récupérer la fille droguée et perdue d'un de ses amis et confrères, et négocier la récupération d'un gros lot d'un million de pilules d'ecstasy auprès du Duke (Jamie Foreman), un branque qui doit se prendre doute pour Al Pacino dans Scarface.

XXXX se rend rapidement compte que ces missions sont deux pièges dont le seul objectif semble être de le faire disparaître de la surface de la terre, et voit ses ressources mises à forte contribution pour survivre.

L'intention du scénario, tiré d'un roman de J.J. Connolly, est de faire le portrait d'une société sur le modèle de "l'arbre à singes", multi-couches (d'où l'image du layer cake), où chaque étage souffre sous le poids des niveaux supérieurs en écrasant sans pitié les plus bas.

LayerCake2.jpg

Et des étages, il y en a tellement qu'on a peine à suivre le grand nettoyage au cours duquel les obstacles - souvent des personnages - se succèdent sans souffler les uns après les autres.

Daniel Craig et son gang tiennent bien la barre pendant l'hécatombe, mais le scénario pêche par l'absence d'un némésis bien identifiable, le compensant par des surprises et des décrochements par rapport au déroulement attendu des intrigues. Si les britanniques sont friands de ces variations, leur profusion est tout de même déstabilisante.

Il ne faudra pas se plaindre si certains fils ne sont pas noués, si certaines boucles ne sont pas bouclées. Le film aurait aisément pu durer quelques dizaines de minutes supplémentaires.

Le style de la réalisation va donc dans l'efficace et l'indispensable: plans rapprochés et courts, entrelacement éventuel des séquences, rythme élevé: pas le temps de respirer.

 

LayerCake3.jpg

L'ensemble est si fignolé, si dense qu'il prend parfois des airs de bande démo au détriment de l'intrigue, mais tient le spectateur en haleine au moins sur des qualités techniques irréprochables.

Le résultat final est donc inégal. Vaughn n'a pas alors encore trouvé son style propre, il colle celui du Ritchie de l'époque. Mais sans être un coup de maître, Layer Cake prépare habilement le terrain et plante des repères de confiance pour les sociétés de production en vue des réalisations suivantes - plus ambitieuses, plus originales - de Vaughn (Stardust et  Kick-Ass)

 

Note: 11,5/20

 

* D'autres réalisateurs de talents aussi bien sûr, comme Stewart Sugg avec son Kiss Kiss Bang Bang

 

Autres film de Matthew Vaughn chroniqués dans ce blog:

X-Men: First Class [X-Men: Le commencement] (2011)

Kick-Ass (2010)

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 12:18

Isaw1.jpgÂmes sensibles, passez votre chemin, I saw the Devil [J'ai rencontré le diable] n'est pas pour vous. Après l'excellent Bittersweet Life et Le bon, la brute et le cinglé, Ji-woon Kim revient cette fois avec un thriller extrêmement dur de 140 minutes. Une réalisation soignée pour un scénario au parfum nietzschéen: qui trop longtemps combat le dragon devient dragon lui-même.

Kyung-Chul (Choi Min-sik, le "héros" d'Old Boy) est un tueur en série des plus impitoyables. Le hasard fait qu'il découpe en morceaux la jeune épouse de Kim Soo-hyeon (Byung-hun Lee, remarqué dans Bittersweet Life). Malheureusement pour lui, Kim est un agent de la Sécurité Nationale, un dur-à-cuire, et il se promet de faire payer chèrement son acte au criminel. S'engage alors un jeu de chat et de souris, dans lequel le "gentil" risque beaucoup plus gros qu'il ne croit.

Une des forces du film est le style réaliste très cru que Ji-woon Kim utilise pour décrire les méfaits de Kyung-Chul comme la vengeance de l'agent justicier. Pas de chichi, Choi Min-sik incarne superbement un monstre totalement amoral, imprévisible, violent, un prédateur capable de trucider tout ce qui croise son chemin. La terreur de ses victimes est palpable. Certaines scènes, très violentes, décrivent tortures et sévices dans le détail.

Ce réalisme renforce la seconde force du film, l'intérêt du trajet psychologique de Kim Soo-hyen. Sa vengeance, bien compréhensible, devient une partie de chasse où le plaisir et l'excitation prennent progressivement une place moralement incompatible avec l'idée habituelle qu'on se fait de la justice.

Isaw2.jpgL'implacable volonté de l'agent de faire souffrir un maximum sa proie, de la briser physiquement et psychologiquement, mène ainsi à la mise en péril et à la destruction de personnes de plus en plus innocentes, de plus en plus proches, à des dégâts collatéraux de plus en plus incontrôlables. Ceci sans même prendre en compte la perte de sa propre intégrité morale.

Tout ceci pour un résultat peu probant, compte tenu de l'extraordinaire résilience du psychopathe. Inutile de raisonner avec un tel monstre, la seule manière de lui faire mal sans le supprimer purement et simplement est de descendre à son niveau, dans l'arène, et là est le danger.

Petit bémol, on pourra regretter le jeu généralement très fermé de Byung-hun Lee qui, s'il est compatible avec la personnalité de l'agent secret, aurait gagné à évoluer pour accompagner l'intrigue.

 

Note: 13,5/20

 

 


 
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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 20:53

DueDate.jpg

Prenez deux stars du moment, fournissez-leur deux personnages caricaturaux dans des directions diamétralement opposées, et coincez-les dans un ascenseur pour une destination si possible lointaine. Avec l'aide d'un bon réalisateur, vous obtiendrez le road movie - comédie classique, occasion de bien rigoler sur les travers de l'un et de l'autre, d'admirer de jolis paysages et de conclure sur une agréable et bien mielleuse leçon de tolérance mutuelle où chacun apprend à comprendre et aimer son voisin, aussi étrange soit-il. Dans Due Date, les deux stars sont Robert Downey Jr. (Natural Born Killers, Iron Man 2 ), qui incarnera l'homme normal-mais-un-peu-coincé sur lequel le spectateur sera prié de se calquer en priorité, et Zach Galifianakis, plus connu de ce côté de l'Atlantique pour son (ses) rôle(s) dans The Hangover [Very Bad Trip] (?), qui sera donc l'asocial insupportable-mais-fondamentalement-gentil. Le réalisateur, lui, sera Todd Philipps, étoile montante d'Hollywood spécialisée dans le domaine de la comédie trash avec justement The Hangover en question. Hélas, une recette maintes fois éprouvée n'est pas automatiquement cause de succès quand les ingrédients se limitent à des efforts de casting, comme le prouve cette Date limite.

Peter Highman (Robert Downey Jr.), architecte, doit rejoindre sa femme avant l'accouchement de cette dernière, prévu pour dans cinq jours à Los Angeles.

Rien n'entraverait son retour d'Atlanta si sa route ne croisait à l'aéroport de cette ville celle d'Ethan Tremblay (Zach Galifianakis), acteur en devenir, grand amateur de fumette et heureux propriétaire d'un petit chien masturbateur, qui prend immédiatement Peter en affection.

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Première conséquence de cette rencontre imprévue, le tasing de l'architecte par un US marshall et l'inscription du duo sur la "no-fly list".

Les deux compères se retrouvent donc scotchés l'un à l'autre pour un voyage difficile mais plein de péripéties à travers les Etats-Unis par la route, l'un haïssant autant que possible l'autre, qui lui vouera une affection sans borne. Pour les besoins de l'intrigue on prétendra que Peter n'a pas d'autre moyen de rejoindre sa femme à temps pour l'accouchement.

Si le scénario de Due Date n'est pas sans rappeler (entre autres) celui de Planes, Trains and Automobiles [Un ticket pour deux] (1987), Todd Philipps n'est pas John Hugues, et l'alchimie subtile atteinte dans le film des années 80 se révèle difficile à répliquer avec les ingrédients très grossiers utilisés ici.

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Plus lourds, plus épais, les gags exploitent les ficelles les plus épaisses dérivées de la personnalité d'Ethan.

Celle-ci se résumant à trois traits: son chien - masturbateur, on l'aura compris -, son père mort dont il trimbale les cendres dans une boîte de conserve, et son inclination au fumage de joint, on tourne rapidement en rond. Ces trois accessoires, gadgets devenus fils rouges, constituent toute l'armature du scénario et des plaisanteries qui le parsèment, et sont donc utilisés jusqu'à plus soif sans que la vraie nature d'Ethan soit en fait abordée.

A moins de projeter une énorme vague de sympathie sur le personnage, rien ne pousse à entrer en sympathie avec le personnage, et donc avec le film tout entier.

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Quelques scènes furtives avec Juliette Lewis, qui devait avoir un trou dans son emploi du temps, ici transformée en dealeuse de shit mère au foyer, lancent l'intrigue pendant un petit quart d'heure dans une direction qui s'assèche aussitôt sans conclusion probante.

Et lorsque le film décolle enfin, quarante-cinq minutes plus tard, pour atteindre pour le niveau de délire qu'on attendait depuis un bon bout de temps, c'est trop tard, le pétard est mouillé et les carottes bien cuites.

Dommage, la distribution et notamment la présence de Robert Downey Jr. laissait augurer mieux, beaucoup mieux.

 

Note: 06/20

 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 23:30

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The Boys from Brazil: sous ce titre énigmatique se dissimule un film tiré d'un roman éponyme de Ira Levin, écrivain à succès de la deuxième moitié du XXème siècle aux USA. Ses oeuvres passées à l'écran les plus connues (mis à part ces garçons)? Rosemary's Baby et The Stepford Wives. Un spécialiste donc du suspense et des thrillers sur des thèmes originaux et variés qui alimenteront à merveille Hollywood. Pour The Boys..., les petits plats ont été mis dans les grands, au moins question distribution: Gregory Peck, Laurence Olivier (qui a été 2 ans plus tôt criminel de guerre nazi dans Marathon Man, et qui cette fois-ci enchaîne sur le rôle du chasseur des dits nazis), James Manson. L'intrigues romantique est loin, mais le plongeon dans un mélange d'espionnage, de projet scientifique novateur avec des rebondissements et des personnages marquants correspondant est garanti. A la réalisation, Franklin J. Schaffner, réalisateur à succès issu de la télévision qui aura marqué, sinon le cinéma avec un grand C, du moins les esprits par des films aussi divers que Papillon, Patton et Planet of the Apes [La planète des singes]. Destiné à recevoir de nombreux prix, The Boys... aura sans doute déçu ses producteurs. Le résultat est inégal, les défauts se sont accentués, mais plus de 30 ans plus tard, les performances des acteurs restent, comme un certain climat de théories conspirationnistes de romans de gare qui alimentera toujours l'imaginaire des amateurs d'aventure.

Ezra Lieberman (Laurence Olivier), le célèbre chasseur de nazis autrichien, est peu étonné quand il reçoit un appel de Barry Kohler (Steve Guttenberg, plus connu pour ses prestations dans Police Academy), étudiant juif enquêtant pour son propre compte au Paraguay. En effet, si celui-ci lui raconte être sur la piste de criminels de guerre nazis, cela ne peut être considéré comme une grande nouveauté.

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Le second appel de Kohler, par contre, est plus original: les criminels en question semblent oeuvrer pour le docteur Josef Mengele (Gregory Peck), l'ancien médecin en chef d'Auschwitz, et ont le projet d'éliminer 94 hommes à travers le monde entier dans un objectif qui reste mystérieux mais qui leur paraît vital. Hélas, Kohler disparaît peu après l'appel, supprimé par les comploteurs.

Au fil de l'enquête dans laquelle se jette alors Ezra se dessine le plan insensé de Mengele, soutenu par ses ex-camarades de lutte, plan qui conjugue génétique, psychologie et les théories raciales chères aux théoriciens de la pureté de la race aryenne.

Si la réalisation est assez "standard" pour l'époque, le film reste marquant pour les prestations de ses deux principaux acteurs.

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Gregory Peck en médecin fou obsédé par ses lubies et Laurence Olivier en vieux chasseur de nazi pépère s'y donnent à coeur joie pour tenir le suspense et la crédibilité de cette histoire à dormir debout.

Le face à face de ces deux monstres sacrés coïncide bien entendu avec l'apex tant attendu.

A noter également, l'intéressante prestation du jeune Jeremy Black en adolescent insupportable et malfaisant.

Le reste de la distribution est hélas très variable en qualité.

Pour ce qui est du résultat global, quelques scènes remarquables sortent du lot, comme la visite nocturne de son ancien laboratoire par le professeur Mengele, mais c'est bien le scénario qui donne un sens, une tension et un intérêt au tout, à l'aide du parfum de nostalgie et de scandale exhalé par ces vieux SS complotant dans leur coin pour l'avènement d'un royaume perdu il y a belle lurette.BoysFrom3.jpg

The Boys from Brazil étant avant tout un film d'aventure et de conspiracy theory, Schaffner  ne plonge pas aussi loin sur ce thème précis que Cavani avec le sublime Il portiere di notte [Portier de nuit], sorti quatre ans plus tôt, mais ce n'était visiblement pas son but.

Un projet de remake est à l'oeuvre (sortie prévue en 2012) avec a priori Brett Ratner, l'homme de Rush Hours et de l'éminament oubliable Red Dragons, aux commandes. Pas sûr qu'il puisse mieux faire que la version de 1978...

 

Note: 11/20

 

 

 

 

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 17:49

Centurion.jpgLes anglo-saxons seraient-ils en quête de leurs racines? La naissance de la Grande-Bretagne est à la mode - au moins là-bas. Sur le thème de la mystérieuse disparition de la neuvième légion dans les brumes du nord de la Grande-Bretagne, le récent The Eagle [L'aigle de la neuvième légion] avait été devancé l'année précédente par Centurion, réalisé par Neil Marshall. Même intrigue ou presque, mais un style très différent porté vers le film d'action avec sanglants combats à la clef, éventuellement au détriment de la vraisemblance historique. Personnage central du film, les paysages écossais, par contre, ne changent pas - ce serait dommage. Ils raviront les amateurs de grandes étendues désolées parsemées de neige en leur offrant un grand bol d'air frais et glacial, une distraction bienvenue face aux scènes de boucherie sans doute inspirées du néo-péplum qui aura lancé le revival du genre - on veut parler de Gladiator bien entendu.

Le centurion Quintus Dias (Michael Fassbender - Inglorious Basterds, X-Men: First Class [X-Men: Le commencement]) est le commandant en second d'un poste romain avancé au nord de la Grande-Bretagne occupée quand celui-ci est attaqué par les hommes de Gorlacon (Ulrich Thomsen), chef picte rebelle.

Seul survivant, Quintus est fait prisonnier et emmené en captivité avant de réussir à s'échapper.

Après une longue (?) poursuite, il est sauvé in extremis par la neuvième légion, menée par le général Titus Flavuis Virilus (Dominic West), un meneur d'hommes qui n'hésite pas à metter la main à la pâte et est adoré, voire vénéré par ses hommes. Celui-ci a été envoyé mater les rebelles et est guidé par une picte rénégate, Etain (Olga Kurylenko)

Poursuivant son chemin, la légion tombe quelques jours plus tard dans une gigantesque embuscade...

Centurion3.jpgLe scénario suit donc l'itinéraire de Quintus Dias, valeureux centurion romain que le hasard fait partager le destin de cette légion disparue, selon certains historiens - les théories penchent maintenant dans une autre direction - dans les combats entre l'empire romain et les autochnones Pictes qui mèneront à l'édification du mur d'Hadrien.

L'intrigue, très linéaire, développe peu les personnages, mais se concentre sur l'action, essentiellement basée sur des poursuites d'une part, et des combats d'autre part.

Pour les premières, pas de problème, c'est une réussite: les landes et vallons écossais sont là pour apporter l'exotisme, le parfum sauvage, l'aventure qui comblera les plus difficiles. Les costumes, sans être aussi réussis que ceux de The Eagle, sont la cerise sur le gâteau. Des scènes convenues, vues et revues certes - le saut dans le torrent, la nuit dans une grotte... - pas de quoi être épaté, mais efficace.

Centurion1.jpgPour les seconds - les combats -, on se trouve confronté à un style graphique curieux et outrancier se plaçant entre la volonté de violence réaliste de Gladiator et son application esthétique extrême de 300. Impossible donc de trucider un picte ou un légionnaire sans balancer un baquet de sang - le plus souvent digital - sur le décor, en lui coupant une tête, une jambe ou un bras si possible. Si l'on en croît Marshall, le glaive romain et la hache picte étaient assez affutés pour pouvoir tronçonner à tours de bras les adversaires tous gabarits confondus. Et comme on n'a pas lésiné sur les figurants, attention aux éclaboussures.

Là, le réalisme en prend un petit coup quand même, et ça ne s'arrange pas avec le harnachement des chevaux et autres détails techniques que les pinailleurs apprécieront.

Centurion2.jpgL'élément féminin, malheureusement sous-représenté, est à l'avenant.

Faisant foin de toute vraisemblance, les trois valkyries placées dans le tableau sont certes charmantes mais trop parfaites pour être honnêtes, et donc on-n'y-croît-pas.

Alors bon oui, pour replonger dans une version bibliothèque verte des Trois Mousquetaires, se distraire sans engagement nécessaire, pourquoi pas effectivement: les images sont belles, les acteurs/ actrices aussi. Mais pour retrouver un souffle épique avec des personnages doués d'une consistance qui vous prendra aux tripes, c'est plutôt non.

 

Note: 10,5/20

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 17:40

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Albert Dupontel avait placé la barre haut avec Bernie. Noirs, acides, déjantés, loufoques: le film, le sujet, le synopsis, les dialogues, les personnages étaient sans conteste tout cela, et plus encore. Avec son long-métrage suivant, Le créateur, le cadre change: plus d'enfant trouvé et de barbotage dans monde déjà sordide a priori, mais une excursion dans l'univers glamour du théâtre et de ses stars. Dupontel s'adoucirait-il avec le temps? Détrompons rapidement les rêveurs éventuels, il n'en est rien. Car si le cadre a changé, les personnages, eux, conservent les caractéristiques qui les prêtent à l'humour si particulier du réalisateur. Egocentriques, violents, à fleur de peau, désespérés, entiers, et toujours gérés de main de maître par la même équipe que Bernie, avec une fois de plus le réalisateur en personne dans le rôle principal - pourtant d'ordinaire un gage de ratage garanti. Bien entendu, les amateurs de romantisme fleur bleue seront encore une fois déçus, mais attendaient-ils vraiment Albert sur ce terrain?

Darius (Albert Dupontel) est dramaturge. Sa première pièce, Détresse intime, qu'il a terminée à coup de comas éthyliques, vient de remporter un franc succès.

Revenu de cure de désintoxication, il replonge aussitôt dans la panique et la dépression. Sa pièce suivante, déjà annoncée et distribuée, il l'a complètement oubliée.

createur1.jpgFort heureusement (?), un accident survient. Par maladresse, il défenestre le chat de son voisin Victor (Philippe Uchan), et après une tentative de suicide manquée découvre au petit matin qu'il a écrit le premier acte de sa nouvelle oeuvre. C'est clair, lui souffle sa star Chloé Duval (Claude Perron), ce sacrifice a dopé son inspiration.

La voie est maintenant grande ouverte pour terminer son oeuvre...

Comme d'habitude, les dialogues sont extrêmement soignés et fourmillent de réparties et de mots d'esprit voués à devenir cultes ("Kénavo les bouseux!", "Quand on change de code, on prévient", "PSG, PSG, allez le P-S-G")

Premier rôle donc, Dupontel se livre à des morceaux de bravoure à ne pas manquer, par exemple quand il essaie d'embrouiller son monde pour décrire la pièce qu'il n'a pas encore écrite, pataugeant dans l'angoisse et mentant comme un arracheur de dent à la fois.

Les seconds rôles sont interprétés par des acteurs talentueux qui poussent leur jeu dans un registre qui leur est inhabituel, l'absurde jubilatoire, parmi lesquels s'illustrent Claude Perron en star prête à tout et Michel Vuillermoz en régisseur ronchon.

Derrière une idée simple mais originale progressivement poussée à son extrême, et dont on pourra tout de même regretter le peu de variation dans les enjeux fondamentaux (mais pas dans son amplitude), d'où le sentiment de piétinement de l'action sur certains passages, les thèmes des rapports entre les différents protagonistes du monde du spectacle et du mécanisme de la création sont étudiés plus finement qu'il n'y semble, masqué sous la farce Dupontelienne.

createur3.jpgLa magie - et la difficulté - de la création, son parallèle inhérent avec Dieu, l'identification impliquée avec celui-ci et ses dérives mégalomaniaques y forment le socle.

Sur cette base, les rapports auteurs/ metteurs en scènes/ techniciens/ comédiens sont croqués avec la vision cynique, noire et burlesque si particulière à ce réalisateur.

On pense bien sûr à un Barton Fink, au thème similaire, mâtiné de Monty Python, même si les styles sont radicalement différents.

The Tenant [Le locataire] semble avoir aussi avoir été une source d'inspiration.

De flatteuses références pour un film qui avait sans doute à l'origine moins de moyens et d'ambition que ces aînés, mais qui sera néanmoins parvenu, grâce au talent de son équipe, à marquer son territoire et les mémoires.

 

Note: 13,5/20

 

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