Catégories

Mercredi 18 juillet 2007
David Fincher a l’habitude de nous surprendre avec ses œuvres : restent en mémoire ‘Seven’, ‘The Game’, l’excellent ‘Fight Club’ et ‘Panic Room’. Des films dans des décors et sur des thèmes bien différents, qui ont pourtant ceci en commun de baigner dans une atmosphère oppressante, une manipulation du stress et du suspense dans lesquelles le réalisateur montre une grande maîtrise.
Zodiac1.jpgCette fois-ci, c’est à une histoire de son enfance qu’il s’attaque, un « serial killer » qui sévissait dans le San Francisco de son enfance, et qui était devenu l’ogre des contes de fées pour les gamins de la région.
Etant donnée l’atmosphère de panique générale qui régnait alors dans la population, le jeu du chat et de la souris qu’a entretenu le tueur avec la police et les media pendant des années, les œuvres passées du réalisateur, on s’attendait à une sorte de remake réaliste de ‘Seven’, un thriller qui nous aurait tenu en haleine jusqu’à un point d’orgue mémorable et surprenant, comme dans les films cités plus haut.

Malheureusement il n’en est rien, et si surprise il y a, c’est en fait par la lenteur du rythme imposé. Il faut dire que résumer une histoire qui se déroule sur une dizaine d’années, même en deux heures et demi, y condenser tout le climat des années 60-70 au travers une intrigue dont le fil rouge est une série de meurtres jamais élucidés – ce qui compromet déjà en soi l’espoir d’un final percutant attendu – ne peut que difficilement passionner l’amateur d’action. Et celle-ci est bien, de fait, reléguée au second plan, le premier étant accaparé par la nostalgie des années 60, illustrée des états d’âme de semi-héros dont l’existence tourne toute entière autour du sinistre parcours du tueur.
Zodiac2.jpgCar les personnages centraux sélectionnés pour figurer l’action sont, hormis les suspects serial killers, des personnages de la vie de tous les jours que le sort, à travers leur métier, leurs obsessions ou la fatalité, ont mis face au redoutable tueur. Jake Gyllenhaal incarne ainsi un journaliste caricaturiste aspiré dans l’enquête, Chloë Sevigny est sa femme délaissée de par ses obsessions, Mark Ruffalo un policier dont la carrière portera également les stigmates de son affrontement avec l’assassin... acteurs talentueux, pour la plupart  sur la voie de la starification, au service cette fois-ci d’une recréation minutieuse de l’univers qui a entouré l’enquête.

Zodiac3.jpgCollision entre le film à suspense attendu et une vérité peu alléchante d’un point de vue scénaristique puisque sans conclusion évidente, ‘Zodiac’ apparaît donc plus comme un contrepoint par rapport à la série de succès qui ont fait Fincher, que comme un pas de plus dans la même direction.
Malheureusement, le respect de la réalité de ces héros et la proximité temporelle des faits le contraignent à donner des débris de clef qui ne pourront satisfaire que les aficionados.

Alors, film policier ou chronique nostalgique de ces années vues au travers du prisme de la traque d’un tueur en série ? Certains trouveront un plaisir inédit à voir enfin un film hollywoodien tenter de concilier scénario alléchant et vérité de la vie quotidienne. Hésitant entre les deux registres, Fincher décevra la plupart à force de tergiversations.

SOS1.jpgIl est intéressant de faire un parallèle entre ce film et le ‘Summer Of Sam’ de Spike Lee, sorti en 1999. Ce dernier est une chronique de la banlieue New-Yorkaise des années 70 (l’été 77 en fait) au travers du trajet d’un tueur en série qui sévit là-bas à cette époque.
Comme Fincher, Lee décrit une banlieue américaine marquée par la peur du maniaque. Comme lui, son objet est sans doute de dépeindre une réalité américaine de tous les jours, image d’une jeunesse-paradis perdu pour la plupart des spectateurs, mais ici troublée par un maniaque : tentative de remise à l’heure des pendules d’un passé idyllique idéalisé dans des ‘Grease’ ou des ‘Cry Baby’.
Mais Lee, lui, ne s’attarde pas sur des demi-héros qui pourraient débusquer celui-ci, ou sur l’enquête policière proprement dite. Il choisit pour centres de l’action des personnages somme toute banals, dont le hasard fait qu’ils frôlent la trajectoire du maniaque à tel ou tel instant de leur existence. John Leguzamo y est Vinnie, coiffeur volage, Mira Sorvino est sa femme, et Adrien Brody un punk plus sensible qu’il n’y paraît. Là aussi des stars en devenir du cinéma américain.
SOS2.jpgMais la position des personnages est tout autre, car ils ne sont pas au cœur de l’action comme victimes, enquêteurs ou assassin. Ils ne sont plus contraints par le souci de respecter des modèles toujours vivants, et donc plus libres dans leur jeu, comme Lee et ses scénaristes le sont dans le fil de l’intrigue.
Conséquence logique, ‘Summer Of Sam’ y prend des couleurs et une vie plus intense que l’opus de Fincher. Il permet au spectateur de plonger au plus profond de la nostalgie trouble du réalisateur, là où ‘Zodiac’ paraît souvent bridé.

Notes :     Zodiac                    10,5/20
                  Summer of Sam   14/20

Zodiac sur imdb
Summer of Sam sur imdb
par Eddl publié dans : Cinéma
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 17 juin 2007
Comme le dit le dicton, l’amour est aveugle ; il frappe là où on ne l’attend pas. Il ignore les différences d’âge, de statut et autres règles de bienséance qu’un certain ordre des choses voudraient nous imposer. Dans la série des conjonctions improbables, quoi de commun, direz-vous, entre une grand-mère de famille, veuve quinquagénaire en voie de fossilisation et un immigré tenancier de peep show ?
‘Irina Palm’ est l’histoire de cette improbable étincelle qui, à travers moult méandres et accidents, va lier les destins de ces personnages que rien n’aurait dû faire se rencontrer.
Maggie (Marianne Faithfull, qui tient ici le premier rôle), veuve à la une cinquantaine bien sonnée, s’achemine à travers une retraite paisible dans une petite ville de la banlieue de Londres vers une fin solitaire, et somme toutes dans la logique d’une existence effacée, lorsque son petit-fils tombe gravement malade. Seule façon de le sauver : un traitement disponible uniquement en Australie. Mais comment se rendre là-bas, quand on n’a pas d’argent, et aucune qualification susceptible de vous en procurer ?
C’est à la recherche de cet argent  qu’elle découvrira « sa » véritable vocation, plutôt originale pour une femme d’un milieu si tranquille : masturbatrice dans un peep show de Soho, et qu’elle rencontrera son patron Mikki (Miki Manojlovic), un homme qui avait appris à mettre ses émotions de côté pour diriger cet établissement interlope.
Petit bijou romantique que ce film belgo-britannique, réalisé par Sam Gabarski. Outre la trame classique pour un film de ce style, qui met en présence deux héros aussi différents que possible, nous avons droit à une description sans fard des coulisses du monde des strip shows et autres clubs de Londres, avec ses lois dérivées d’un capitalisme pur et dur, ses moments de rire et de désespoir, et les regards et les jugements qu’il provoque. Gabarski dépeint avec talent les différents points de vue des acteurs sociaux sur ce milieu, avec leurs préjugés et leurs réalités respectifs : saintes-nitouches hors système, clients, employés (« travailleurs du sexe »), famille, patrons, tous sont croqués avec finesse et pertinence. Pas de parti pris moral, ni de dérive vers un voyeurisme complaisant, juste une description des relations qu’ils entretiennent, avec un humour toujours présent, né du décalage entre le milieu d’origine d’Irina et ce monde semi-obscur.
Au final c’est une peinture en demi-teinte d’un univers où l’argent et l’efficacité tiennent le haut du pavé dans les priorités de tous, une sorte de Far West à la fois moderne et éternel, trouble et parsemé d’abîmes, dans lequel la fortune peut, malgré tout, sourire aux chanceux ; un gisement encore trop peu exploité par le cinéma européen ?

Note : 13,5/20

Irina Palm sur imdb

Article repris dans

par Eddl publié dans : Cinéma
commentaires (0)    recommander
Dimanche 27 mai 2007
Danny Boyle a la réputation de surprendre le spectateur dans ses films. Chacun est un joyau dans son propre genre, qui marquera les esprits sans marcher sur les plate-bandes du précédent, mais trouvera son propre succès et son propre public. On se souvient ainsi de la noirceur comique de ‘Shallow Grave’ (‘Petits Meurtres entre amis’), des hallucinations déjantées de ‘Trainspotting’ et des petits français Virginie Ledoyen et Guillaume Canet (cocorico) qui jouaient avec DiCaprio dans ‘The Beach’, éclaboussés de la gloire de ce dernier alors en pleine ascension,. Puis il y eut le retour en 2002 du film d’épouvante à l’anglaise avec ’28 days later’, et enfin, pour compléter le tout, la fable enfantine et comique de ‘Millions’ en 2004, très réussie.

Si l’on devait trouver un fil conducteur d’une carrière déjà bien remplie, on pourrait écrire que le réalisateur anglais a réussi dans ses meilleures œuvres (sans doute ‘Shallow Grave’, ‘Trainspotting’ et ‘Millions’) à pousser plus loin que la simple narration d’une histoire, injectant et développant réflexion morales ou philosophiques à des scénarios déjà excellents.

Son dernier opus se démarque donc de la même manière, comme prévu, des précédents. Dans ‘Sunshine’, Boyle s’attaque en effet au genre de la science-fiction.

L’histoire ? Le soleil est en train de s’éteindre peu à peu. Une expédition y a donc été envoyé pour tenter de le ranimer à coup de bombes nucléaires. Elle a disparu. Une seconde y est donc dépêché, réunissant ce qui reste de matière fissible sur terre, avec un équipage de quelques spationautes, tous prêts à se sacrifier pour sauver leur planète: le dernier espoir de l’humanité.

Passées l’atmosphère imposante type ‘2001 l’Odyssée de l’Espace’ et les quelques données technologico-scientifiques, prétextes à lancer l’histoire, que le réalisateur survole bien heureusement sans s’y noyer, nous nous retrouvons par un de ces tours de passe-passe dont Boyle a le secret dans un thriller mystico-philosophique, conjuguant action, suspense et réflexion par ses allégories. Ce n’est plus une escouade de spationautes menant contre toutes probabilités matérielles une mission vitale et impossible, qu’on retrouvera par exemple dans ‘Armageddon’, thème fréquent dans le cinéma US de la supériorité de l’homme-pionnier sur un univers hostile, mais une équipe d’hommes qui tentent de réveiller leur Dieu, qui se meurt certes, mais dont le souffle conserve toujours son Essence écrasante. Le ranimer implique de S’en rapprocher, voire de Lui faire face, et qui pourrait imaginer de se tirer d’un telle confrontation indemne ?
Cette dernière, tant attendue, mènera-t-elle à une Epiphanie destructrice ou salvatrice ?

Dans cette quête du Graal revisitée, chacun de ces Icare est chevalier Arthurien. Perceval-Capa (Cillian Murphy, déjà remarqué notamment dans ‘Batman Begins’ et dans le dernier Ken Loach, ‘The Wind that Shakes the Barley’, ‘Le Vent se Lève’ en français) y trouve un rôle en or aux côtés de partenaires (Michelle Yeoh, Chris Evans...) toujours justes dans leurs variations sur les turpitudes de l’homme mis à nu devant le divin.

On pourrait relever quelques incohérences scientifiques dans les aventures de ces héros, mais qu’importe, elles abondent dans la plupart des réussites du genre, de ‘Planète Interdite’ à la série ‘Star Wars’... Non, ce n’est pas l’objet du film. Tous ici sont à la manœuvre pour montrer les multiples difficultés, toutes oh combien humaines, de ranimer un Dieu, même mourant, et y parviennent avec intelligence. Bref, encore un exercice original et réussi pour Danny Boyle !

Note : 13/20

Sunshine sur imdb
par Eddl publié dans : Cinéma
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 15 mai 2007
Le monde des églises chrétiennes évangéliques est mal connu en France et en Europe. C’est pourtant un secteur religieux des plus actifs, qui connaît une progression impressionnante dans le monde entier (environ 19 millions de nouveaux membres par an), et notamment dans les pays en voie de développement. Bien que composé d’une grande diversité de courants, souvent apolitiques, il a souvent, depuis les années Reagan, été associé aux mouvements de la « droite chrétienne » (Christian Right), et notamment aux néo-conservateurs américains qui accompagnent l’administration de George W. Bush, qui s’est d’ailleurs lui-même présenté comme un ‘born again christian’, autrement dit un évangélique.

En 2006, le président Bush décide de nommer à la cour suprême des Etats-Unis Samuel Alito, catholique censé être proche des convictions de ces milieux (notamment sur l’avortement), en remplacement d’un juge réputé comme modéré, déclenchant une polémique.

C’est dans ce contexte que Rachel Grady et Heidi Ewing vont réaliser ‘Jesus Camp’, documentaire sur Becky Fisher, pasteur pentecôtiste du Dakota du Nord qui organise tous les ans ‘Kids on Fire’ (‘Enfants en Feu’), camp d’été pour enfants. Durant quelques jours, elle y accueillera des jeunes (à partir de cinq ans), garçons et filles, éventuellement accompagnés de leur famille, pour une retraite au cours de laquelle elle pourra les éduquer suivant ses convictions.

Grady et Ewing nous initient ainsi à un monde très particulier, où politique, pseudo-science, propagande de tout poil et thématique guerrière sont intimement mêlées. Levi, Rachael et Tory, les trois enfants suivis plus particulièrement, baignent dans cet univers décalé de la norme, quelquefois tragiquement comique, souvent effarant, voire effrayant. De par leurs milieux familiaux, âgés d’une douzaine d’années environ, l’un se destine à devenir pasteur et compte déjà plusieurs ‘prêches’ à son actif, l’autre est une fan de ‘heavy metal chretien’ et s’inquiète des plaisirs de la chair associés à la danse, tandis que la troisième, prosélyte exemplaire, distribue un peu partout des tracts aux personnes qu’elle rencontre. Leur participation à cette retraite nous plonge dans leurs ratiocinations de tous ordres : innocuité du réchauffement climatique, créationisme, dénonciation du culte d’Harry Potter (qui aurait dû être mis à mort suivant les préceptes de la bible), lutte contre l’avortement... Le burlesque le dispute au pathétique.

Le plus étonnant est l’attitude du pasteur Fisher, organisatrice du camp au centre du documentaire. Cette petite bonne femme rondouillarde expose benoîtement à la caméra l’endoctrinement aboutissant à la formation de ce qu’elle considère comme la future élite pentecôtiste. Elle n’hésite pas à présenter son stage comme la réplique, inoffensive à ses yeux, aux camps d’entraînements des kamikazes du Proche-Orient. Et pour former les participants de l’Armée de Dieu, comme elle l’appelle, c’est un véritable spectacle destiné à marquer les esprits qu’elle met en scène, avec orchestre pour rythmer les prêches, jouets et accessoires pour en être les supports (car l’image est toute-puissante maintenant, particulièrement chez les jeunes), et séances d’imposition des mains, toujours impressionnantes il est vrai pour un néophyte.
On est loin d’un idéal de structuration d’esprits critiques. La frontière entre éducation et manipulation est allègrement franchie, mais la sincérité du pasteur Fischer est totale dans son exposé, ce qui n’est d’ailleurs guère rassurant.

Les réalisatrices revendiquent une objectivité aussi complète que possible dans leurs portraits. On peut en douter, vu les tentatives un peu alambiquées de rapprochement de certains acteurs avec George W. Bush.  Elles se défendent néanmoins d’avoir tiré une caricature du mouvement pentecôtiste, ou d’une partie de celui-ci. Il est d’ailleurs intéressant de relever que les familles impliquées dans le documentaire ont accordé un satisfecit au produit final après avoir demandé (et obtenu) quelques retouches mineures, ne réalisant sans doute pas l’impact qu’il aurait en-dehors de leur univers très tourné sur lui-même : après la sortie du film, le camp a en effet été fermé jusqu’à nouvel ordre à la suite de déprédations...

Dans quelle mesure ces personnes sont-elles représentatives d’un élan politico-religieux de l’Amérique profonde ? Difficile à dire, et le film, malgré tout son intérêt, n’apporte malheureusement pas de réponse directe à cette question. Une interview un peu moqueuse du pasteur Ted Haggard (plus tard impliqué dans un scandale sexuel, mais c’est une autre histoire) laisse bien penser qu’elles sont très marginales, mais aucun chiffre n’est donné.

Les mérites de ce documentaire sont autres : outre l’aspect de curiosité du phénomène, nous montrer comment vit un microcosme semi-clos et réfractaire aux idées les plus répandues, comment les enfants peuvent en être les victimes comme les vecteurs, et nous interroger : que seront-ils devenus dans 20 ans ?

Note : 13/20

Jesus Camp sur imdb
Blog des parents de certains enfants filmés dans le documentaire

Article repris sur
par Eddl publié dans : Cinéma
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 1 mai 2007
Nouveau film rassemblant de grands noms du cinéma français, ‘Le Prix à payer’ nous raconte la triste histoire de deux couples en perdition.
Jean-Pierre Ménard (Christian Clavier) est un homme d’affaire riche, très riche, mais malheureux, car sa vie affective (et sexuelle) n’est pas ce qu’il voudrait. Odile (Nathalie Baye), sa femme, passe son temps à courir les magasins de luxe, mais ne lui voue qu’une tendresse de surface. Le chauffeur de Jean-Pierre, Richard (Gérard Lanvin), explique alors les choses à son patron : les femmes, ce qui les intéresse, le focus de leur existence, c’est évidemment l’argent et la vie facile. La preuve, sa propre compagne, Caroline (Géraldine Pailhas), tente une carrière d’écrivain (autant dire qu‘elle ne fait rien) pendant que lui trime à plein temps. Jean-Pierre, éclairé par ce discours, décide donc de couper les vivres à Odile si celle-ci ne lui rend pas la dose d’affection à laquelle il a droit.
S’ensuit un laborieux mélange de gags et de situations rocambolesques sensées susciter l’hilarité et aboutir à une morale plus ou moins rassurante.
On espérait un semblant de réflexion ou d’amusement, un esprit acide était revendiqué : on se retrouve avec un sketch extrait de ‘La Guerre des Roses’ de Danny DeVito, interminablement étiré sur plus de quatre-vingt-dix très longues minutes. Là où ce dernier film provoquait une jubilation caustique, ‘Le Prix à Payer’ sombre dans une forme d’action lente. Les traits sont pesamment appuyés, les acteurs ne sortent pas de leurs stéréotypes, la richesse potentielle de certains personnages (les enfants des couples par exemple) reste inexploitée, les dialogues sont lourds et convenus. Qu’ont Jean-Pierre et Odile à faire ensemble ? Qu’est-ce qui les lie encore ? Le mystère reste entier.
Au bout de quelques minutes, on regarde le décor et on imagine ce qu’il aurait fallu faire pour rendre le tout un peu intéressant.
Plus que la fable piquante et enjouée qu’elle se voudrait être sur le temps qui passe et qui use, ou bien sur les relations troubles entre l’amour et l’argent, cette réalisation est un symbole de la perversion d’une partie du système de financement du film français.
Etant donné le niveau dérisoire de l’intrigue, il est facile de s’imaginer les atouts qui ont pesé dans la balance pour lancer le projet et attirer Studio Canal et TF1 en co-production.
‘Bankable’, tout le principe est là. Prenez quelques vedettes éprouvées de l’écran français dont le nom est devenu une rente à la suite de succès plus ou moins mérités mais populaires, donc rémunérateurs, ajoutez-y un vague prétexte de scénario, agitez-le tout dans un dossier de financement certainement très bien léché, et voilà, le tour est joué, roule ma poule !
Le reste n’est plus qu’accord des emplois du temps surchargés des uns et des autres, vague plâtrage de maquillage çà et là, récitation du texte plus ou moins appliquée (mais les efforts des uns et des autres étant complètement décalés, tous semblent mauvais), impression de la pellicule, et distribution des copies.
Oui, ils auront accès aux télévisions en prime-time la saison de la promotion venue. Oui, le film est (enfin on l’espère pour lui) déjà amorti par ses pré-ventes aux circuits de télévisions. Oui, ses acteurs ont participé à de bien beaux projets dans le passé...
Reste que la déception est grande sur celui-ci.

Note : 03/20 (à peu près)

Le Prix à Payer sur imdb
par Eddl publié dans : Cinéma
commentaires (0)    recommander
Blog : Maison sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus