Partager l'article ! 'Shin heike monogatari' [Le héros sacrilège/ Tales of the Taira Clan] (1955) - Une société en marche: En voilà une belle affiche! Pour son a ...
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2006
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The Departed [Les infiltrés]
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The Last King of Scotland
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1980
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1962
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1959
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1958
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1957
1956
1955
Shin heike monogatari [Le héros sacrilège/ Tales of
the Taira Clan]
1950
Los olvidados [Pitié pour eux]
1926
The Scarlet Letter [La lettre écarlate]
Télévision
Wire in the Blood 1-3 [La fureur dans le
sang]
En voilà une belle affiche! Pour son avant-dernier
film - et son premier en couleurs -, le célèbre réalisateur japonais Kenji Mizoguchi avait choisi de s'attaquer à une épopée du japonais médiévale, le conte des Heike. Celui-ci décrit l'ascension
et la chute de ce clan (aussi appelé Taira), dont l'un des membres, Kiyomori, établira au XIIème siècle le premier gouvernement dominé par la classe des samouraïs au Japon. L'épopée est
conséquente non seulement par son importance historique, mais aussi par sa taille. Mizoguchi ne s'attaque donc ici qu'à son introduction. Le propos est essentiellement historique et politique,
une direction originale pour un réalisateur plus accoutumé à la description des relations interpersonnelles qu'aux rivalités de clans. Shin heike monogatori décrit donc les
circonstances dans la réflexion et l'action qui mèneront à la construction d'un point de rupture: celui du basculement d'une société corrompue, en bout de course, vers un nouvel ordre plus en
adéquation avec les valeurs du moment, plus aux prises avec la réalité, celui des samouraïs.
Quand le capitaine Taira no Tadamori (Ichijirô Oya) revient d'une expédition victorieuse contre les pirates de l'Ouest avec son fils Kiyomori (Raizô Ichikawa), sa réception n'est pas vraiment triomphale, malgré la reconnaissance de la population. Les courtisans ont en effet décidé qu'il ne fallait surtout ne rien lui accorder de peur de renforcer son orgueil supposé, et se font donc un devoir de le battre froid.
Il se voit même bientôt contraint de mettre le nez dans la poussière devant un cortège de palanquins des moines Hiei, toujours plus puissants, toujours plus corrompus, toujours plus imbus d'eux-mêmes.
Si Tadamori reste stoïque devant ces humiliations, sa femme Yassuko
(Michiyo Kogure), ancienne courtisane, méprise chez lui ce qu'elle interprète comme un manque de caractère et d'ambition.
Kiyomori aussi a du mal à ronger son frein face à ces vicissitudes, et les choses empirent quand il apprend par un marchand que des rumeurs courent sur son propre compte: il serait le fils naturel du défunt empereur Shirakawa.
Si Mizoguchi a l'habitude de mettre à nu les plis et les replis de l'âme humaine (comme dans Ugetsu monogatari [Les contes de la lune vague après la pluie] ou Sanshô dayu [L'intendant Sansho]), l'histoire du clan Taira, elle, est beaucoup plus axée sur la politique et la réalité historique japonaise.
Elle met en valeur l'arrivée au pouvoir de la caste des guerriers - les samouraïs - au détriment de la noblesse de cours et du clergé, dépassés et imbus de pouvoirs dont ils ont abusé, et qui ne représentent plus rien aux yeux du peuple.
La leçon était valable aux yeux du Japon des années 50, alors en pleine
reconstruction et donc en besoin de rompre avec les autorités qui l'avaient mené au désastre, elle est encore d'actualité aujourd'hui.
Si le message est pertinent, il cadre mal par contre avec le cinéma de Mizoguchi, écartelé entre l'échelle humaine - où il excelle - et celle des masses.
Le personnage central de Kiyomori gagne certes en consistance avec ses questionnements sur sa naissance, son amour avec la jeune Tokiko (Yoshiko Kuga) ou ses relations avec ses parents, mais ces développements peinent à entrer en symbiose avec les évènements historiques qui forment le fond du film et dont les ficelles deviennent du coup trop apparentes.
La description de la société médiévale japonaise, très soignée, profite à plein de l'introduction de couleurs riches et fastueuses mais contraste aussi avec la subtilité habituelle des sentiments soulignés par Mizoguchi.
Le spectateur pris entre deux directions opposées - le grandiose et
l'humain, l'écrasant et le léger - hésite donc sur la direction à suivre, et les nuances dans les émotions et les sentiments finissent malheureusement écrasées dans la bataille.
Peut-être une tentative de sa part de se porter vers le cinéma d'action ou à grand spectacle, Shin heike monogatari n'est donc pas l'un des meilleurs Mizoguchi, loin s'en faut. Très classique dans sa présentation, plus instructif et didactique qu'émouvant, il présente néanmoins une description intéressante des équilibres et déséquilibres politiques qui ont mené le Japon féodal vers le règne des seigneurs de la guerre.
Note: 12,5/20
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