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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 17:05

Samaria.jpg

La prostitution des adolescents est un sujet difficile. Souvent assimilée au trafic d'enfants, elle finit fréquemment traitée sous l'angle du maniaque ou du pédophile, assortie de considérations moralistes ou apitoyantes plus ou moins sincères assises sur des images racoleuses. Ki-duk Kim (Bom yeoreum gaeul gyeoul geurigo bom [Printemps, été, automne, hiver... et printemps])  s'empare de ce thème avec le détachement qui le caractérise dans Samaria, original thriller psychologique aux mille et une facettes, loin de toute idée reçue, loin aussi de tout ce que vous aurez pu voir sur le sujet.

Samaria est structuré en trois parties.

Dans la première, Vasumitra, deux lycéennes, Jae-yeong (Yea-reum Han) et Yeo-jin (Ji-min Kwak), ont un but dans la vie, se rendre en Europe, et donc s'acheter deux billets d'avion. Pour y arriver, elles ont un arrangement original: Jae-yeong se prostitue auprès d'hommes auprès desquels Yeo-jin sert d'intermédiaire, les contactant par internet, téléphone, mettant au point les rendez-vous et surveillant l'endroit où se passe la rencontre.

Les attitudes des deux jeunes filles, par ailleurs les meilleures amies du monde, vis-à-vis de cette "occupation", sont radicalement opposées. Jae-yeong, lumineuse, candide, aime ce qu'elle fait et s'identifie à Vasumitra, prostituée de légende dont les rapports transformaient les clients en bouddhistes modèles. Elle ne voit que la bonté dans l'apport d'affection à ses clients. Yeo-jin, elle, plus sombre, trouve ces hommes répugnants et ne cache pas le dégoût - et probablement la jalousie - qu'ils lui inspirent.

Samaria5.jpgLes rencontres s'enchaînent jusqu'au jour où la police coince Jae-yong qui choisit de se défenestrer avec un visage illuminé, ravi.

Dans la deuxième partie du film (intitulée Samaria), Yeo-jin, livrée à elle-même, décide de revoir tous les clients de Jae-yong et de les rembourser (!) Ce faisant, elle prend la place de Yeo-jin auprès d'eux, une manière de la garder dans ses souvenirs et de découvrir ce qu'elle refusait jusqu'alors, ce don de soi qui était devenu la vie de son amie. Elle évolue ainsi pour se rapprocher mentalement de son amie, et gagne de cette aura de bonheur qui se dégageait d'elle.

Le père de Yo-jin, un policier veuf qui régale chaque jour sa fille d'histoires religieuses - chrétiennes - édifiantes, découvre par hasard ces rencontres, et alors rien ne va plus...

Dans la troisième partie, Sonata, le père et sa fille tente de se retrouver au-delà des drames et de leurs différences.

Samaria3.jpg

Comme on peut le voir, le scénario de Samaria peut être jugé absurde, mais surtout très choquant. Le réalisateur aborde la psychologie de chaque personnage avec un réalisme et une ouverture d'esprit qui condamne dès le départ le politiquement correct: pas d'image d'épinal chez Ki-duk Kim.

Comment présenter un personnage qui considère que se prostituer ou avoir des relations sexuelles est un acte de bonté qui contribue à faire le bien? Car c'est cette logique que suit Jae-yong et que découvre Yeo-jin.

On pourrait interpréter l'histoire comme une tentative de légitimer cette prostitution naïve et pure, il n'en est rien.

Cette façon de voir les choses n'est en effet pas du tout l'optique initiale des clients, pourtant quelquefois émus  par la "grâce" de la samaritaine.

Samaria4.jpgKi-duk Kim élargit considérablement la réflexion grâce à l'introduction du personnage du père, avec lequel arrivent la société avec sa réalité, ses prédateurs, ses jugements sur les autres et sur soi.

L'innocence réelle et contagieuse des adolescentes - qui fait sans doute une grande part de leur charme - est alors placée face aux adultes qui jugent et détruisent par leur regard même. La connaissance fait s'écrouler le jardin d'Eden.

Des scènes particulièrement fortes déclinent l'impact d'une vision objective et insupportable provoquée par le père. Les clients se trouvent alors cruellement mis à nu devant leurs actions dans un monde qui n'est plus l'univers candide où ils rencontraient leur samaritaine, mais celui, implacable, d'une société avec ses normes, sa morale, ses tabous.

Le personnage de ce père pieux et droit n'est pas le moins intéressant quand il se trouve confronté au bafouement de ses valeurs les plus profondes par sa fille. A quoi, à qui doit-il s'en prendre? A elle? A lui? A ses clients? La dernière proposition est bien entendu la plus facile, mais ne l'est-elle pas trop?

Samaria1.jpgQuand à la troisième partie, c'est la cerise sur le gâteau. Elle conclue l'histoire, développe les affres des uns et des autres et tente une difficile et improbable réconciliation familiale dans un final saisissant. Car selon Ki-duk Kim, la difficulté de communication inter-générationnelle, omniprésente en filigrane, est l'une des clés du "problème", qui de ce fait s'annonce comme incontournable.

Samaria2.jpg

Le ton colle à ce que l'on connait maintenant du cinéma coréen. Le réalisateur  n'hésite donc pas devant la violence physique comme mentale et le gore. Par contre, il évite intelligemment (et contrairement à ce que laissent supposer certaines affiches du film) les scènes de sexe qui auraient fait sombrer le film dans le glauque et le racoleur.

La bande-son bien assortie comprend des remakes de musiques occidentales connues, "à l'asiatique".

Tourné en une dizaine de jours (un exploit pour un film de plus de 95 minutes, un miracle pour un film de cette qualité), Samaria est donc un film de plus de Ki-duk Kim à ne pas manquer!

 

Note: 14/20

 

 

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Published by Eddl - dans Cinéma
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