Partager l'article ! 'Samaria' [Samaritan Girl] (2004) - Indécente candeur de l'adolescente: La prostitution des adolescents est un sujet difficile. Souve ...
2011
Red Riding Hood [Le chaperon
rouge]
Rise of the Planet of the Apes
[La planète des singes: les origines]
Jodaeiye Nader az Simin [Une séparation]
X-Men: First Class [X-Men: Le commencement]
The Eagle [L'aigle de la neuvième légion]
The Rite [Le rite]
2010
Bu-dang-geo-rae [The Unjust]
Due Date [Date limite]
127 hours [127 heures]
The Sorcerer's Apprentice [L'apprenti
sorcier]
The King's Speech [Le discours d'un roi]
Akmareul boatda [I saw the Devil]
2009
Amintiri din epoca de aur [Contes de l'âge
d'or]
State of Play [Jeux de pouvoir]
The Last Station [Tolstoï, le dernier automne]
Cold Souls [Âmes en stock]
The Men Who Stared at Goats [Les Chèvres du
Pentagone]
Bakjwi [Thirst, Ceci est mon sang]
The Road [La Route]
2008
Li Mi de caixiang [The Equation of Love and
Death]
Max Manus [Opération sabotage]
Kataude mashin gâru [The Machine Girl]
Die Welle [La vague]
2007
Se, jie [Lust, Caution]
Ryû ga gotoku: gekijô-ban [Yakuza: Like a Dragon]
Ji jie hao [Héros de
guerre/ Assembly]
Before the Devil Knows You're Dead
[7h58 ce samedi-là]
Kuro-obi [Black Belt]
Irina Palm
Sunshine
Le Prix à
Payer
Anna M.
300
2006
Omaret yacobean [L'immeuble
Yacoubian]
46-okunen no koi [4.6 Billion Year Love/ Big Bang
Love Juvenile A]
Jesus Camp
Letters from Iwo Jima
Ne le dis à personne
The Departed [Les infiltrés]
Little Miss Sunshine
The Good German
Apocalypto
La Vie des Autres
The Last King of Scotland
Thank you for smoking
2005
Danny the Dog / Unleashed
Chinjeolhan geumjassi [Lady Vengeance]
Down the Valley
2004
Rabudo gan [Loved Gun]
Git [Feathers in the Wind]
Chi to hone [Blood and bones]
Samaria [Samaritan Girl]
Baramui Fighter [Fighter in the Wind]
Kung Fu [Crazy Kung Fu]
Dawn of the Dead [L'Armée des Morts]
Napoleon Dynamite
2003
Salinui chueok [Memories of Murder]
Akarui Mirai [Jellyfish/ Bright Future]
2002
Boksuneun naui geot [Sympathy for Mr.
Vengeance]
Tasogare Seibei [Le Samouraï du
crépuscule]
Punch-Drunk Love
2001
Jopog manura [Ma femme est un
gangster]
Das Experiment [L'expérience]
Aoi haru [Blue spring]
2000
Gongdong gyeongbi guyeok JSA
[Joint Security Area]
Hyôryû-gai [La cité des âmes perdues]
La Parenthèse Enchantée
1999
Am zin [Running Out of Time]
1997
Unagi [L'anguille]
1996
Gokudô sengokushi: Fudô [Graine de Yakuza]
1995
Welcome to the Dollhouse [Bienvenue à l'Age Ingrat]
1990
A Fei jingjyuhn [Nos années sauvages/ Days of Being
Wild]
1989
NL's Xmas vacations
1988
The Cowboy and the Frenchman [Les
Français vus par David Lynch]
1981
Stripes [Les bleus]
1980
Caddyshack
1979
Kukushû suru wa ware ni ari [La Vengeance m'appartient]
1978
The Boys from Brazil [Ces garçons qui venaient du Brésil]
1977
1975
Zerkalo [Le miroir]
Love and Death [Guerre et amour]
1972
Vampire Circus [Le cirque des vampires]
1970
1969
Yuke yuke nidome no shojo [Go, Go Second Time Virgin / Vierge violée cherche étudiant révolté]
1968
1967
Two for the Road [Voyage à deux]
1966
Hakuchû no tôrima [L'obsédé en plein jour/ Violence at High Noon]
Taiji ga mitsuryô suru toki [Quand l'embryon part braconner]
1965
1964
Fail Safe [Point Limite]
1962
1960
Junfrukällan [La source/ The Virgin Spring]
1959
The Mouse that Roared [La Souris qui rugissait]
1958
Touch of Evil [La soif du mal]
1957
1956
1955
Shin heike monogatari [Le héros sacrilège/ Tales of
the Taira Clan]
1950
Los olvidados [Pitié pour eux]
1926
The Scarlet Letter [La lettre écarlate]
Télévision
Wire in the Blood 1-3 [La fureur dans le
sang]
La prostitution des adolescents est un sujet difficile. Souvent assimilée au trafic d'enfants, elle finit fréquemment traitée sous l'angle du maniaque ou du pédophile, assortie de considérations moralistes ou apitoyantes plus ou moins sincères assises sur des images racoleuses. Ki-duk Kim (Bom yeoreum gaeul gyeoul geurigo bom [Printemps, été, automne, hiver... et printemps]) s'empare de ce thème avec le détachement qui le caractérise dans Samaria, original thriller psychologique aux mille et une facettes, loin de toute idée reçue, loin aussi de tout ce que vous aurez pu voir sur le sujet.
Samaria est structuré en trois parties.
Dans la première, Vasumitra, deux lycéennes, Jae-yeong (Yea-reum Han) et Yeo-jin (Ji-min Kwak), ont un but dans la vie, se rendre en Europe, et donc s'acheter deux billets d'avion. Pour y arriver, elles ont un arrangement original: Jae-yeong se prostitue auprès d'hommes auprès desquels Yeo-jin sert d'intermédiaire, les contactant par internet, téléphone, mettant au point les rendez-vous et surveillant l'endroit où se passe la rencontre.
Les attitudes des deux jeunes filles, par ailleurs les meilleures amies du monde, vis-à-vis de cette "occupation", sont radicalement opposées. Jae-yeong, lumineuse, candide, aime ce qu'elle fait et s'identifie à Vasumitra, prostituée de légende dont les rapports transformaient les clients en bouddhistes modèles. Elle ne voit que la bonté dans l'apport d'affection à ses clients. Yeo-jin, elle, plus sombre, trouve ces hommes répugnants et ne cache pas le dégoût - et probablement la jalousie - qu'ils lui inspirent.
Les rencontres s'enchaînent jusqu'au jour où la police
coince Jae-yong qui choisit de se défenestrer avec un visage illuminé, ravi.
Dans la deuxième partie du film (intitulée Samaria), Yeo-jin, livrée à elle-même, décide de revoir tous les clients de Jae-yong et de les rembourser (!) Ce faisant, elle prend la place de Yeo-jin auprès d'eux, une manière de la garder dans ses souvenirs et de découvrir ce qu'elle refusait jusqu'alors, ce don de soi qui était devenu la vie de son amie. Elle évolue ainsi pour se rapprocher mentalement de son amie, et gagne de cette aura de bonheur qui se dégageait d'elle.
Le père de Yo-jin, un policier veuf qui régale chaque jour sa fille d'histoires religieuses - chrétiennes - édifiantes, découvre par hasard ces rencontres, et alors rien ne va plus...
Dans la troisième partie, Sonata, le père et sa fille tente de se retrouver au-delà des drames et de leurs différences.
Comme on peut le voir, le scénario de Samaria peut être jugé absurde, mais surtout très choquant. Le réalisateur aborde la psychologie de chaque personnage avec un réalisme et une ouverture d'esprit qui condamne dès le départ le politiquement correct: pas d'image d'épinal chez Ki-duk Kim.
Comment présenter un personnage qui considère que se prostituer ou avoir des relations sexuelles est un acte de bonté qui contribue à faire le bien? Car c'est cette logique que suit Jae-yong et que découvre Yeo-jin.
On pourrait interpréter l'histoire comme une tentative de légitimer cette prostitution naïve et pure, il n'en est rien.
Cette façon de voir les choses n'est en effet pas du tout l'optique initiale des clients, pourtant quelquefois émus par la "grâce" de la samaritaine.
Ki-duk Kim élargit considérablement la réflexion grâce à
l'introduction du personnage du père, avec lequel arrivent la société avec sa réalité, ses prédateurs, ses jugements sur les autres et sur soi.
L'innocence réelle et contagieuse des adolescentes - qui fait sans doute une grande part de leur charme - est alors placée face aux adultes qui jugent et détruisent par leur regard même. La connaissance fait s'écrouler le jardin d'Eden.
Des scènes particulièrement fortes déclinent l'impact d'une vision objective et insupportable provoquée par le père. Les clients se trouvent alors cruellement mis à nu devant leurs actions dans un monde qui n'est plus l'univers candide où ils rencontraient leur samaritaine, mais celui, implacable, d'une société avec ses normes, sa morale, ses tabous.
Le personnage de ce père pieux et droit n'est pas le moins intéressant quand il se trouve confronté au bafouement de ses valeurs les plus profondes par sa fille. A quoi, à qui doit-il s'en prendre? A elle? A lui? A ses clients? La dernière proposition est bien entendu la plus facile, mais ne l'est-elle pas trop?
Quand à la troisième partie, c'est la cerise sur le gâteau.
Elle conclue l'histoire, développe les affres des uns et des autres et tente une difficile et improbable réconciliation familiale dans un final saisissant. Car selon Ki-duk Kim, la difficulté de
communication inter-générationnelle, omniprésente en filigrane, est l'une des clés du "problème", qui de ce fait s'annonce comme incontournable.
Le ton colle à ce que l'on connait maintenant du cinéma coréen. Le réalisateur n'hésite donc pas devant la violence physique comme mentale et le gore. Par contre, il évite intelligemment (et contrairement à ce que laissent supposer certaines affiches du film) les scènes de sexe qui auraient fait sombrer le film dans le glauque et le racoleur.
La bande-son bien assortie comprend des remakes de musiques occidentales connues, "à l'asiatique".
Tourné en une dizaine de jours (un exploit pour un film de plus de 95 minutes, un miracle pour un film de cette qualité), Samaria est donc un film de plus de Ki-duk Kim à ne pas manquer!
Note: 14/20
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||