Partager l'article ! 'Gongdong gyeongbi guyeok JSA' [Joint Security Area] (2000) - Un demi-siècle de division plus tard: Depuis 1953, la Corée est divisée en deux. ...
2011
Red Riding Hood [Le chaperon
rouge]
Rise of the Planet of the Apes
[La planète des singes: les origines]
Jodaeiye Nader az Simin [Une séparation]
X-Men: First Class [X-Men: Le commencement]
The Eagle [L'aigle de la neuvième légion]
The Rite [Le rite]
2010
Bu-dang-geo-rae [The Unjust]
Due Date [Date limite]
127 hours [127 heures]
The Sorcerer's Apprentice [L'apprenti
sorcier]
The King's Speech [Le discours d'un roi]
Akmareul boatda [I saw the Devil]
2009
Amintiri din epoca de aur [Contes de l'âge
d'or]
State of Play [Jeux de pouvoir]
The Last Station [Tolstoï, le dernier automne]
Cold Souls [Âmes en stock]
The Men Who Stared at Goats [Les Chèvres du
Pentagone]
Bakjwi [Thirst, Ceci est mon sang]
The Road [La Route]
2008
Li Mi de caixiang [The Equation of Love and
Death]
Max Manus [Opération sabotage]
Kataude mashin gâru [The Machine Girl]
Die Welle [La vague]
2007
Se, jie [Lust, Caution]
Ryû ga gotoku: gekijô-ban [Yakuza: Like a Dragon]
Ji jie hao [Héros de
guerre/ Assembly]
Before the Devil Knows You're Dead
[7h58 ce samedi-là]
Kuro-obi [Black Belt]
Irina Palm
Sunshine
Le Prix à
Payer
Anna M.
300
2006
Omaret yacobean [L'immeuble
Yacoubian]
46-okunen no koi [4.6 Billion Year Love/ Big Bang
Love Juvenile A]
Jesus Camp
Letters from Iwo Jima
Ne le dis à personne
The Departed [Les infiltrés]
Little Miss Sunshine
The Good German
Apocalypto
La Vie des Autres
The Last King of Scotland
Thank you for smoking
2005
Danny the Dog / Unleashed
Chinjeolhan geumjassi [Lady Vengeance]
Down the Valley
2004
Rabudo gan [Loved Gun]
Git [Feathers in the Wind]
Chi to hone [Blood and bones]
Samaria [Samaritan Girl]
Baramui Fighter [Fighter in the Wind]
Kung Fu [Crazy Kung Fu]
Dawn of the Dead [L'Armée des Morts]
Napoleon Dynamite
2003
Salinui chueok [Memories of Murder]
Akarui Mirai [Jellyfish/ Bright Future]
2002
Boksuneun naui geot [Sympathy for Mr.
Vengeance]
Tasogare Seibei [Le Samouraï du
crépuscule]
Punch-Drunk Love
2001
Jopog manura [Ma femme est un
gangster]
Das Experiment [L'expérience]
Aoi haru [Blue spring]
2000
Gongdong gyeongbi guyeok JSA
[Joint Security Area]
Hyôryû-gai [La cité des âmes perdues]
La Parenthèse Enchantée
1999
Am zin [Running Out of Time]
1997
Unagi [L'anguille]
1996
Gokudô sengokushi: Fudô [Graine de Yakuza]
1995
Welcome to the Dollhouse [Bienvenue à l'Age Ingrat]
1990
A Fei jingjyuhn [Nos années sauvages/ Days of Being
Wild]
1989
NL's Xmas vacations
1988
The Cowboy and the Frenchman [Les
Français vus par David Lynch]
1981
Stripes [Les bleus]
1980
Caddyshack
1979
Kukushû suru wa ware ni ari [La Vengeance m'appartient]
1978
The Boys from Brazil [Ces garçons qui venaient du Brésil]
1977
1975
Zerkalo [Le miroir]
Love and Death [Guerre et amour]
1972
Vampire Circus [Le cirque des vampires]
1970
1969
Yuke yuke nidome no shojo [Go, Go Second Time Virgin / Vierge violée cherche étudiant révolté]
1968
1967
Two for the Road [Voyage à deux]
1966
Hakuchû no tôrima [L'obsédé en plein jour/ Violence at High Noon]
Taiji ga mitsuryô suru toki [Quand l'embryon part braconner]
1965
1964
Fail Safe [Point Limite]
1962
1960
Junfrukällan [La source/ The Virgin Spring]
1959
The Mouse that Roared [La Souris qui rugissait]
1958
Touch of Evil [La soif du mal]
1957
1956
1955
Shin heike monogatari [Le héros sacrilège/ Tales of
the Taira Clan]
1950
Los olvidados [Pitié pour eux]
1926
The Scarlet Letter [La lettre écarlate]
Télévision
Wire in the Blood 1-3 [La fureur dans le
sang]
Depuis 1953, la Corée est divisée en deux. Un profond
déchirement pour beaucoup de coréens, matérialisé par une zone tampon, la DMZ (zone démilitarisée) bien connue pour son no man's land, ses mines, ses haut-parleurs hurleurs de propagande, la
tension permanente qui y règne. Au coeur de la DMZ se trouve la JSA ou Joint Security Area, un endroit unique où les troupes des deux camps se trouvent tous les jours au contact - ou plus
exactement à quelques mètres les uns des autres. C'est dans ce lieu hautement symbolique que se déroule l'action de Gondong gyeongbi guyeok ou JSA, le film qui fit émerger le
maintenant célèbre Chan-Wook Park*. Un long-métrage avec suspense, action, meurtre, politique internationale, et une vraie émotion qu'on retrouve rarement mêlée aux premiers, sinon justement dans
les oeuvres de ce cinéaste.
Sophie Jean, jeune officier suisse d'origine coréenne (Yeong-ae Lee) est envoyée en Corée pour mener une enquête sur un incident sanglant qui s'est produit une nuit au coeur de la Joint Security Area, le "pont dont on ne revient pas", un des endroits potentiellement les plus explosifs au monde.
Un soldat et un officier nord-coréens abattus, un sergent nord-coréen blessé à l'épaule (Kang-Ho Song, toujours aussi juste et qu'on a déjà apprécié dans Memories of Murder et Thirst entre autres), un sergent sud-coréen également blessé (Byung-hun Lee, aujourd'hui également devenu une vedette coréenne de stature internationale, et qu'on retrouvera bientôt dans I Saw the Devil), un revolver et 16 balles tirées pour un chargeur qui peut en contenir 15...
La version officielle veut que cette nuit-là, le sud-coréen se soit fait enlever au Nord et se soit échappé en tuant deux de ses kidnappeurs. Cette histoire ne convainc pas Sophie, qui poursuit donc son enquête dans cette poudrière.
Chan-Wook Park a opté dans ce film pour une construction un peu bancale en commençant par une longue introduction à l'enquête. Le rythme de la première demi-heure pâtit de ce choix comme de la qualité moyenne des scènes tournées en anglais, au point de frôler le ton de la série judiciaro-militaire américaine JAG de temps à autre.
Une musique très "film d'enquête hollywoodien", des acteurs rigides à l'anglais très approximatifs, une action entravée par le cérémonial omniprésent qui s'est mise en place sur les cinquante dernières années pour que cette zone ne se transforme pas en champ de bataille à chaque opportunité d'affrontement... l'ennui s'installe. Peut-être fallait-il cela pour transmettre le cadre inhumain totalement automatisé de la DMZ, mais le résultat n'est pas probant.
Le film décolle heureusement avec la recréation des évènements sur lesquels porte l'enquête. A mesure que celle-ci progresse, les versions données par les uns et les autres rapprochent le spectateur de la vérité et sont relatées par flashbacks successifs.
Le centre de l'action et de l'intérêt se transfère donc rapidement du suspense autour du dénouement de l'histoire - dont on saisit en fait très rapidement les grandes lignes - à l'évolution des liens entre les différents personnages du drame, où Chan-Wook Park peut donner toute sa mesure.
Joint Security Area dépasse alors le whodunnit classique pour se concentrer sur les émotions bien humaines tissées par les soldats envers et contre toutes leurs consignes. Appuyé sur les interprétations toutes en subtilité des quatre acteurs principaux, sur des images et des paysages magnifiques aussi, le film vire pour le meilleur dans les registres psychologique et, plus exceptionnel chez Park, politique.
Dans cette seconde partie, le réalisateur anime les situations à la perfection en jouant, comme il le fera dans ses futures oeuvres, sur une palette très variée - et éventuellement déconcertante pour un tel sujet - d'émotions: peur, rire, plaisir, angoisse. La maîtrise de la caméra et du tempo - on retrouve par moment les qualités d'association image/musique du générique de Lady Vengeance - est impressionnante.
Côté politique, loin de toute propagande mais sans l'ignorer, traitant les deux camps sans a priori, le cinéaste décrit à travers ses personnages un simple état de fait, la triste situation dans laquelle se trouve son pays. Pas de lavage de cerveau donc, mais un constat à partir duquel le réalisateur pose avec intelligence les questions que les responsables devraient se poser après plus d'un demi-siècle de postures stériles.
Le contexte est plus fort si l'on connaît ou que l'on compatit à l'histoire de la Corée moderne. JSA est certainement encore plus émouvant pour ses habitants, dont les familles ont souvent été déchirées dans cette guerre, et chez qui la réunification reste un sujet très sensible.
Mais même sans avoir à plonger dans les détails du conflit coréen, Chan-Wook Park produit avec JSA un film aussi prenant que pertinent.
La scène finale est une apothéose. Exceptionnelle, à partir d'une simple photo, elle condense en quelques secondes toutes les émotions qui ont traversé le film. Une leçon.
* Old Boy, Sympathy for Mr. Vengeance, Thirst...
Note: 15/20
Autres films de Chan-Wook Park chroniqués dans ce blog:
Bakjwi [Thirst, Ceci est mon sang] (2009)
Chinjeolhan
geumjassi [Lady Vengeance] (2005)
Boksunen naui geot [Sympathy for Mr. Vengeance] (2002)
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