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Mardi 1 mai 2007
Nouveau film rassemblant de grands noms du cinéma français, ‘Le Prix à payer’ nous raconte la triste histoire de deux couples en perdition.
Jean-Pierre Ménard (Christian Clavier) est un homme d’affaire riche, très riche, mais malheureux, car sa vie affective (et sexuelle) n’est pas ce qu’il voudrait. Odile (Nathalie Baye), sa femme, passe son temps à courir les magasins de luxe, mais ne lui voue qu’une tendresse de surface. Le chauffeur de Jean-Pierre, Richard (Gérard Lanvin), explique alors les choses à son patron : les femmes, ce qui les intéresse, le focus de leur existence, c’est évidemment l’argent et la vie facile. La preuve, sa propre compagne, Caroline (Géraldine Pailhas), tente une carrière d’écrivain (autant dire qu‘elle ne fait rien) pendant que lui trime à plein temps. Jean-Pierre, éclairé par ce discours, décide donc de couper les vivres à Odile si celle-ci ne lui rend pas la dose d’affection à laquelle il a droit.
S’ensuit un laborieux mélange de gags et de situations rocambolesques sensées susciter l’hilarité et aboutir à une morale plus ou moins rassurante.
On espérait un semblant de réflexion ou d’amusement, un esprit acide était revendiqué : on se retrouve avec un sketch extrait de ‘La Guerre des Roses’ de Danny DeVito, interminablement étiré sur plus de quatre-vingt-dix très longues minutes. Là où ce dernier film provoquait une jubilation caustique, ‘Le Prix à Payer’ sombre dans une forme d’action lente. Les traits sont pesamment appuyés, les acteurs ne sortent pas de leurs stéréotypes, la richesse potentielle de certains personnages (les enfants des couples par exemple) reste inexploitée, les dialogues sont lourds et convenus. Qu’ont Jean-Pierre et Odile à faire ensemble ? Qu’est-ce qui les lie encore ? Le mystère reste entier.
Au bout de quelques minutes, on regarde le décor et on imagine ce qu’il aurait fallu faire pour rendre le tout un peu intéressant.
Plus que la fable piquante et enjouée qu’elle se voudrait être sur le temps qui passe et qui use, ou bien sur les relations troubles entre l’amour et l’argent, cette réalisation est un symbole de la perversion d’une partie du système de financement du film français.
Etant donné le niveau dérisoire de l’intrigue, il est facile de s’imaginer les atouts qui ont pesé dans la balance pour lancer le projet et attirer Studio Canal et TF1 en co-production.
‘Bankable’, tout le principe est là. Prenez quelques vedettes éprouvées de l’écran français dont le nom est devenu une rente à la suite de succès plus ou moins mérités mais populaires, donc rémunérateurs, ajoutez-y un vague prétexte de scénario, agitez-le tout dans un dossier de financement certainement très bien léché, et voilà, le tour est joué, roule ma poule !
Le reste n’est plus qu’accord des emplois du temps surchargés des uns et des autres, vague plâtrage de maquillage çà et là, récitation du texte plus ou moins appliquée (mais les efforts des uns et des autres étant complètement décalés, tous semblent mauvais), impression de la pellicule, et distribution des copies.
Oui, ils auront accès aux télévisions en prime-time la saison de la promotion venue. Oui, le film est (enfin on l’espère pour lui) déjà amorti par ses pré-ventes aux circuits de télévisions. Oui, ses acteurs ont participé à de bien beaux projets dans le passé...
Reste que la déception est grande sur celui-ci.

Note : 03/20 (à peu près)

Le Prix à Payer sur imdb
par Eddl publié dans : Cinéma
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