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Lundi 16 avril 2007

Rappelez-vous les années 70. Les deux blocs se font face, la guerre du Vietnam se termine, et dans les salles obscures une meute de zombies déferle sous la houlette de George A. Romero.

Eh bien environ 25 ans plus tard, accompagnant le courant de nostalgie qui surfait alors sur ces années-là, Zack Snyder, futur réalisateur du récent ‘300’, sortait un remake d’un des films les plus célèbres du vieux maître (enfin pas si âgé, 67 ans), ‘Dawn of the Dead’.

L’intrigue tient en une ligne : un groupe hétéroclite d’américains se retranche dans un centre commercial, assiégé par les mort-vivants.
Romero en avait fait, consciemment ou non, un sujet de réflexion, une satire de la société US, dans laquelle les zombies représentaient les consommateurs passifs, moutons destructeurs de ce qui fait la ‘vraie vie’. Le message était percutant, même si les bouts de ficelle et l’atmosphère d’improvisation générale du film laissaient un peu à désirer en ce qui concerne ses qualités esthétiques. L’essentiel n’était pas là.
Zack Snyder, en le reprenant, en fait un film où la qualité technique de la réalisation, si elle est privilégiée, ne gâche pas non plus la réflexion déjà présente dans l’original.

‘Dawn of the Dead’ est donc d’abord un excellent film de genre. Qualité du maquillage et effets spéciaux sont au rendez-vous et raviront les amateurs. A leur intention, les clins d’oeils et références aux modèles du genre abondent pour mieux les séduire. Mais le spectacle ne leur est pas uniquement réservé.
L’atmosphère est totalement prenante. Les quinze premières minutes du film (générique compris) sont absolument à ne pas manquer. L’apocalypse s’y déclenche par surprise sur notre petite planète bien paisible, convaincante et terrifiante.
Le reste est à l’avenant. Les mort-vivants ont gagné en rapidité par rapport à la tradition. Ceci ne gâche rien, mais suscite au contraire des pics de tension chez le spectateur agrippé à son fauteuil. Reste heureusement l’aspect gore, la bêtise, l’appétit et la multitude chez ces vilaines bestioles, autant de traits essentiels à la terreur qu’ils sèment chez les derniers hommes ‘libres’.

L’encre a beaucoup coulé sur la vision politique du monde qui avait mené Romero à imaginer la dégénérescence du monde capitaliste sous la forme du retour des morts à la (presque) vie.
Dans cette version, Zack Snyder pousse la critique plus loin en nous détaillant les attitudes des derniers hommes assiégés dans une forteresse de luxe. Défendre son petit chez-soi, se livrer à des orgies certes amusantes mais finalement stériles, élaborer des stratégies peut-être tout aussi stériles pour échapper à un raz-de-marée inéluctable… Comme dans la plupart des films du genre, la vision est pessimiste mais révélatrice.

Quelle sera la menace qui engloutira notre mode de vie ?
Celles-ci ne manquent pas. L’intégrisme religieux ? Les errements de la science ? Les déséquilibres économiques mondiaux ? Des pistes sont esquissées. Mais quelle que soit ce danger, la leçon est claire : un centre commercial ne peut y apporter qu’un antidote temporaire.

Note : 15,5/20

Dawn of the Dead sur imdb
Par Eddl - Publié dans : Cinéma
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