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Jeudi 5 avril 2007

La parenthèse enchantée, ce sont les années 70 vues comme une ère nostalgique de conquête des droits de la femme, entre le conservatisme de le société française des 60 et le sida des 80. C’est aussi la chronique douce-amère du périple de cinq personnages, deux hommes et trois femmes, qui se croisent et se recroisent, se cognent et s’évitent, s’attrapent et se manquent. C’est enfin un film touchant de Michel Spinosa qui nous raconte cela.

Vincent (Vincent Elbaz) et Paul (Roschdy Zem), deux amis d’enfance, rencontrent un soir d’été Alice (Clotilde Courau) et Eve (Karine Viard). Vincent est aussi coureur que Paul introverti, Eve aussi coincée et aigrie qu’Alice est libre et fraîche. Des liaisons se font et se défont dans la tête des uns, dans les faits pour tous. Eve épouse Paul, Vincent Marie (Géraldine Mailhas), Alice reste seule, mais ces choix sont-ils les bons ? Les situations peu à peu se délitent, les masques tomberont, mais peut-être trop tard.
Tous les comédiens incarnent leurs personnages à la perfection, alternant avec subtilité moments de drôlerie, de légèreté et instants graves ou émouvants. Clotilde Courau est particulièrement attendrissante. Fragile et très forte, elle est le centre autour duquel les autres gravitent. Une danse qui nous fait osciller entre désir et détresse avec bonheur. Le dosage prend aux tripes et à la gorge tout à la fois.

Ces intrigues sentimentales se déroulent dans le contexte de l’évolution de la société française des années 70, plus spécifiquement centré sur l’évolution de la condition de la femme. Là se situe l’autre intérêt du film.
Les décors, les vêtements, les couleurs, les dialogues, les coupes de cheveux fleurent bon les élans généreux et désordonnés de ces temps-là. Entre un entretien télévisé de Pompidou et le discours de Simone Veil sur l’avortement à l’Assemblée Nationale, on passe de l’univers étriqué des faiseuses d’anges à une image de liberté un peu incertaine mais oh combien positive.
Le message est enjolivé et probablement contestable, mais convaincant. On est heureusement loin du pamphlet féministe, et les diatribes des militantes de la cause sont intéressantes non seulement par le radicalisme et l’énergie qu’elles dégagent, mais aussi dans la qualité des dialogues eux-mêmes, qui traduisent bien les visions conflictuelles à l’époque – et sans doute aussi aujourd’hui – de la société. Les aspects divers et variés de l’attitude des femmes face aux hommes sont abordés avec délicatesse et sans manichéisme dans la composition des personnages féminins, qui ont chacun une posture bien tranchée vis-à-vis des hommes. On ne retrouve hélas, seul bémol sur le sujet, pas le même équilibre chez ces derniers. La lâcheté est le trait général qui les caractérise le plus. Elle apparaît comme le responsable principal des échecs des uns et des autres. Reflet de la réalité ?

Reste que l’on rie de bon cœur devant les problèmes de tous, lâches ou pas, et que l’on sent que chacun existe et est aimé, dans l’histoire comme par le réalisateur. Une bonne recette pour un succès.
Bref, Michel Spinosa réussit là un très bon mélange de divertissement et de réflexion. A voir – ou à revoir !

Note : 15/20

La parenthèse enchantée sur imdb
par Eddl publié dans : Cinéma
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