Olive Hoover (Abigail Breslin, fulgurante de spontanéité) a 7
ans, et comme beaucoup de petites filles du monde entier, un rêve en tête : devenir miss. Cet idéal est sur le point de devenir réalité, car elle vient d’être sélectionnée de manière
inattendue pour la finale d’un concours de beauté pour enfants.
Comme on le voit, Jonathan Dayton et Valerie Faris ont réalisé ‘Little Miss Sunshine’, leur premier long métrage commun avec Michael Arndt, scénariste (oscarisé à la suite de cette opération), en
réunissant dans un road movie toute une brochette pimentée de personnages variés et atypiques qui n’ont a priori rien à faire ensemble. Tous les facteurs sont habilement réunis pour provoquer un
feu d’artifice de malentendus détonants, de moments de pure comédie, de disputes fécondes en bons mots et bonnes vérités, et de confessions émouvantes. Recette facile d’un succès
annoncé ?
Peut-être, mais le résultat est là : on ne s’ennuie pas
une seule seconde devant les tribulations de la famille Hoover.
Qui plus est, le casting excellent d’acteurs qui les incarne, composé de seconds rôles du cinéma américain, trouve là une occasion idéale de prouver sa valeur. Du plus petit au plus grand, tous
ont l’opportunité de développer dans au moins une scène une personnalité extrême, déjantée, ou dans une situation impossible. Et nous n’avons plus qu’à nous laisser porter par chacun des désirs,
aspirations et problèmes existentiels respectifs de ses membres au cours de ce voyage. Un régal ! Pris dans leurs tourments, nous partageons leurs émotions et nous identifions à chacun tour
à tour.
Sur le fond des messages ou de la morale transmise, le ton est critique sur les valeurs habituellement mises en exergue dans les descriptions de l’Amérique traditionnelle. Les personnages garants
des valeurs traditionnelles sont tournés en dérision, et tous les héros, profondément en décalage avec la norme, tentent au mieux de leurs capacités de vivre au sein d’un monde qui les opprime.
Un discours sous-jacent qui tranche avec la plupart des films traditionnels américains, mais qui a déjà été exploité dans nombre de productions semi ou complètement indépendantes.
C’est aussi l’un des ingrédients qui font le succès de ce film aux USA comme ailleurs, au-delà du créneau habituel des ‘indy-movies’. Loin de l’image d’arrogance et de conquête du monde de
l’Amérique Bushienne, ‘Little Miss Sunshine’ est un symbole de réconciliation qui arrive à point nommé. Il vient soigner les plaies internes et externes à un univers américain en crise, et aider
à nous faire croire que nous pouvons tous, quelque torturé que l’on soit, vivre, en harmonie avec l’Autre comme avec nous-même.
Un message d’optimisme ici si bien traité qu’il ne pourra que réjouir petits et grands.
Note : 15/20
Little Miss Sunshine sur imdb| Juillet 2008 | ||||||||||
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