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Dimanche 11 février 2007

Pendant les années 70, la scène comique américaine était occupée par un journal satirique appelé « National Lampoon » (le libelle national), un peu l’équivalent du Charlie Hebdo français de l’époque. En naquirent dans les années qui suivirent nombre d’émissions télé et de films comiques.

National Lampoon’s Christmas Vacations en est l’un d’entre eux, lui-même le troisième d’une sous-série de films ayant pour thème les vacances d’une famille américaine typique, les Griswold.

Se succèdent donc à l’écran une suite de gags et de sketches autour du même thème : les vacances de Noël avec les belles-familles respectives, les enfants, les cadeaux, le sapin, etc, etc..., le tout culminant avec l’aboutissement d’une ligne rouge plutôt bon enfant.

Il faut dire que l’humour est plutôt lourd, les blagues se devinent à peu près une vingtaine de secondes avant qu’elles n’aient lieu, et le rythme n’en est pas assez élevé pour que le spectateur ne puisse retomber dans son apathie naturelle. Le film a vieilli, et la folie qu’on attendait n’est pas là. Dommage...

Seul intérêt du film : la présence d’une jeune Juliette Lewis qui joue la fille adolescente de la famille, dans un de ses premiers longs métrages.

Note : 09/20

par Eddl publié dans : Cinéma
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Vendredi 9 février 2007

Deux monuments sont unis en ce moment pour une affiche alléchante au Théâtre de Paris : Harold Pinter et Robert Hirsch, dans une formidable pièce, Le Gardien.

Trois personnages déséquilibrés y établissent des rapports incertains où se mêlent compassion et jalousie, amour et haine de l’autre.

Le fond de l’affaire : un SDF maniéré (Robert Hirsch) , tour à tour veule et pathétique, est recueilli par un solitaire à l’équilibre mental incertain (Samuel Labarthe), dans une maison dont le jeune frère (Cyrille Thouvenin) est apparemment le propriétaire. Le SDF se retrouve arbitre entre les deux frères, puis éventuellement gardien de la maison, ce qui finit par lui tourner la tête…

Les difficultés de la vie en marge et de la réinsertion apparaissent sans fard au travers des caractères de chacun. Les rapports entre personnages, comme dans toutes les pièces de Pinter, créent l’intérêt de la pièce. Les malentendus restent à la surface, le malaise se forme peu à peu, et le drame éclate dans une explosion assourdie d’incertitudes.

Tous passeront du statut de victime à bourreau et inversement dans une continuité déconcertante.

 

Visiblement, le parti pris du metteur en scène (Didier Long) est de prendre Robert Hirsch comme centre de l’histoire, celui par qui tout arrive, et même peut-être celui par qui le spectateur voit la situation.

On voit d’ailleurs mal comment les choses auraient pu tourner autrement, étant donné le talent de l’acteur. Celui-ci virevolte, se plaint, cabotine, passe par tant et tant d’états qu’il occupe le terrain en permanence. Même lors des monologues de ses comparses, on se prend à tenter de scruter ses réactions (la mise en scène le place d’ailleurs pendant un monologue de Labarthe dans l’obscurité, sans nul doute pour forcer l’attention sur le récitant)

 

Difficile donc de rivaliser avec un tel numéro. Samuel Labarthe réussit à façonner une pâte inquiétante et émouvante, mais Cyrille Thouvenin est complètement perdu : ses répliques tombent à plat, on ne comprend pas où il veut en venir (veut-il d’ailleurs quelque chose ?), ses accès de colère tombent à plat. Dommage !

 

Une représentation passionnante donc par la qualité du texte et la performance de Robert Hirsch, placées à une hauteur qui met malheureusement en évidence les défauts du reste…

Le Gardien, de Harold Pinter, mise en scène Didier Long, au Théâtre de Paris jusqu’au 25 février 2007

par Eddl publié dans : Théâtre
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Mercredi 7 février 2007
Colombie, Novembre 2005

Quelle perte de temps,
Quels délices,
Refaire le monde alors qu'il est déjà là,
Tout bien fait, mais pas bien lisse,
Comme on n'en espérait pas tant.
par Eddl publié dans : Images d'ailleurs
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Lundi 5 février 2007
Dans une banlieue américaine ensommeillée, une jeune fille en crise d’adolescence, Tobe (la ravissante Evan Rachel Wood), tombe follement amoureuse d’un cow-boy vagabond, Harlan (Edward Norton). L’aventure va virer peu à peu au cauchemar devant l’hostilité du père (David Morse) et l’inconscience d’Harlan, qui n’est pas tout à fait celui qu’il semblait être..


Une histoire qui peut donner le pire des téléfilms du soir, mais qui, traitée par David Jacobson, et alimentée par le talent de ses acteurs, nous fournit un thriller romantique intéressant par la vision de la société contemporaine qu’il propose.

Le monde est beau et calme. Et pourtant en émane une terrible hostilité, insidieuse et omniprésente (on notera ici les tons jaune orangés utilisés dans une grande partie du film, qui apaisent le spectateur tout en l’oppressant par leur constance, à l’instar de l’environnement dans lequel les personnages évoluent) L’incompréhension entre les hommes est générale : tout rapport humain avec un adulte semble ne pouvoir que dégénérer en rapport de force.

Dans un tel milieu, la première des victime est la naïveté et l’innocence des adolescents concentrés sur leurs idéaux, la pureté de leurs rêves d’enfants, et confrontés au cynisme et aux mensonges de leurs aînés.

Chaque personnage évolue suivant son propre chemin psychologique, complexe mais plausible, voire réaliste, qui renforce la vision fataliste des rapports humains distillée par le metteur en scène. L’aventure ne peut que dégénérer.


Harlan, le « déclencheur » du drame, en est le meilleur exemple. Il est une tentative de « pont » entre le monde des enfants et celui des grands.

Adolescent attardé, il tente de vivre suivant des illusions qui sont celles de son enfance, loin des contingences et des contraintes de la vie matérielle. Tâche impossible !

Il séduit les jeunes. En effet, il incarne pour eux la liberté ; il la vit dans le personnage de cow-boy solitaire qu’il s’est créé.

Pour les adultes, par contre, il n’est qu’un « moins que rien qui crève d'envie de devenir quelqu'un », un vagabond qui ne respecte pas les lois des hommes comme celles de la prudence la plus élémentaire.

C’est un irresponsable au sens propre. Face à l’échec de son intégration dans une vie « normale », il est d’ailleurs forcé de mentir en permanence, a lui-même comme aux autres.

Harlan est un charmant et profond gamin écervelé, plein de bonne volonté et de bonnes intentions ; dont l’enfer, comme chacun le sait, est pavé.


Dans cette course de tous vers un idéal lointain, chacun sa vérité. Tout le monde a raison de son point de vue, mais le drame, inéluctable, peu à peu se dessine et éclate comme un fruit mûr.


La réalisation du film est techniquement de haut niveau, les prises de vue, les tons et les décors soigneusement sélectionnés. On pourra s’amuser à retrouver les nombreuses références à des films abordant le même thème (un remake de la scène de Taxi driver où de Niro est face à son miroir par exemple)


Voici donc un thriller efficace mais pessimiste, une triste mais belle mise à mort des rêves d’enfance, incarnée par de brillants acteurs.

Références : Taxi Driver, A Perfect World (Un Monde Parfait), Gummo, Badlands

Note : 13/20

par Eddl publié dans : Cinéma
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Vendredi 2 février 2007
'Le drame de la vieillesse, ce n'est pas qu'on se fait vieux, c'est qu'on reste jeune' (Oscar Wilde)

J'ai vu 'L'Eventail de Lady Windermere' aux Bouffes Parisiens avec Geneviève Casile et Elisa Sergent entre autres, et j'ai aimé.

Un résumé du pourquoi dans l'article paru dans Agora Vox aujourd'hui:
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=18584
par Eddl publié dans : Théâtre
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