Encore un film qui a récolté quelques prix – c’est la saison qui le veut!
César 2007 du meilleur réalisateur et Prix Jacques Deray 2006, ‘Ne le dis à personne’ est le second long métrage de Guillaume Canet (le premier, ‘Mon Idole’, avait déjà été nominé pour deux
Césars en 2002) Celui-ci prouve ici qu’il est non seulement un acteur accompli (on se souvient du superbe ‘Jeux d’enfants’ de Yann Samuell), mais aussi un réalisateur assez aguerri pour se lancer
dans le tournage d’un thriller de 125 minutes.
On admettra d’ailleurs sans problème qu’il s’est dans l’ensemble
bien tiré de cette tâche, même si la pluie d’éloges qui a accompagné le lancement du film, en France du moins, semble excessive.
Le scénario a été tiré d’un roman éponyme d’Harlan Coben, dont l’action se déroulait logiquement aux Etats-Unis. Canet a transposé le tout en France.
Le docteur Beck (François Cluzet, impeccable) a perdu sa femme et amour d’enfance Margot (Marie-Josée Croze), victime d’un tueur en série. Il a lui-même réchappé miraculeusement au drame dans des
circonstances peu claires. Huit ans après jour pour jour, il reçoit un mail lui donnant rendez-vous sur une caméra du web, et là, il aperçoit son épouse décédée, apparemment vivante. S’ensuit une
course-poursuite pour retrouver Margot, dans laquelle interviendront voyous des cités, tueurs professionnels, policiers, gendarmes et autres personnages en tous genres. Les rebondissements se
multiplient jusqu’au dénouement.
Outre François Cluzet, le tournage a réuni une solide équipe d’acteurs réputés, dans de petits et de grands rôles (Jean Rochefort, Nathalie Baye, André Dussolier, Kristin Scott-Thomas…), chacun
donnant une profondeur réelle au personnage qu’il ou elle incarne.
Un scénario tiré d’un best-seller international, une distribution sans faille, et pourtant nous restons sur notre faim.
Pourquoi ?
D’une part, la multitude de pistes et de verrues ajoutées à l’histoire sont autant de distractions pour le spectateur égaré dans des détails qui n’apportent rien à l’intrigue centrale (la
neutralisation du chien du docteur est un exemple de ces passages gratuits censés rythmer l’action mais qui en fait l’entravent). L'histoire est certes intelligente, mais inutilement compliquée
d’ajouts qui alourdissent le suspense et le rendent moins crédible. Trop de questions sont soulevées, trop de personnages avec chacun son petit travers fignolé : ce qui n’était au départ
qu’une volonté de perfectionnisme de Guillaume Canet finit par ralentir la cadence du thriller.
D’autre part, le saupoudrage de clichés sur lesquels sont basés les personnages dégage un parfum de film de série B. Le réalisateur a indiscutablement mis beaucoup de lui-même et de ses
sensibilités dans son ouvrage, ce qui fait osciller le tout entre une poursuite effrénée à l’américaine (le roman initial), des réminiscences kitscho-romantiques (dans lesquelles on imagine
l’apport personnel de Canet) et une série policière cocorico (conséquence inévitable des uniformes français). On est déçu de ne pouvoir choisir.
Certains noms propres ayant été conservés dans l’adaptation du roman (le lac Charmaine par exemple), ajoutant au tout une bizarrerie qui alourdit les clichés. La bande-son, notamment dans les
passages d’émotion, souligne encore trop l’ambiance.
Reste que malgré ces quelques imperfections, et si l’on n’est pas trop difficile, on sera pris par l’action, les aventures du docteur Beck, et le jeu de tous ces comédiens talentueux.
Alors si vous cherchez un thriller français correct sans être époustouflant, n’hésitez plus, vous passerez une bonne soirée avec ‘Ne le dis à personne’.
Note : 11/20
Ne le dis à personne sur imdb
L’année 2006 aura été, après cinq nominations, celle de la
consécration par l’Oscar pour Martin Scorsese. Enfin reconnu par ses pairs, il aura en effet remporté quatre oscars pour son dernier film, ‘The Departed’ (traduit par ‘Les Initiés’ en français),
qui l’a donc mené plus loin que plus de quarante ans de réalisation pourtant jonchés de chefs d’œuvre.
maîtres incontestés du film policier ou à suspense actuels.
Non. Pour arriver au niveau de ces chefs d’œuvre, en manque
malheureusement le souffle épique qui les anime : la folie et la démesure qu’on trouve dans les personnages principaux de ces réussites. Travis Bickle, Jake La Motta, Tommy DeVito, Ginger
McKenna et Howard Hughes présentaient tous des traits et des destinées qui marqueront à jamais ceux qui les ont côtoyés quelques heures. Certes, le personnage incarné par Jack Nicholson en est
pourvu, et il fait d’ailleurs une grande part de l’intérêt du film, mais il n’est pas vraiment au centre de l’action.
Olive Hoover (Abigail Breslin, fulgurante de spontanéité) a 7
ans, et comme beaucoup de petites filles du monde entier, un rêve en tête : devenir miss. Cet idéal est sur le point de devenir réalité, car elle vient d’être sélectionnée de manière
inattendue pour la finale d’un concours de beauté pour enfants.
Peut-être, mais le résultat est là : on ne s’ennuie pas
une seule seconde devant les tribulations de la famille Hoover.
En fait, une Princesse Juive, c’est aussi une JAP, acronyme pour
Jewish American Princess, un stéréotype US datant des années 60-70 dont les valeurs morales essentielles reposent dans le shopping, la manucure, la chirurgie esthétique, et éventuellement la
psychanalyse.
