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Mardi 8 mai 2007
Suspendu dans les airs,  il passe sous son aile,
Mirage sur les eaux, paisible et éternel
par Eddl publié dans : Images d'ailleurs
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Mardi 1 mai 2007
Nouveau film rassemblant de grands noms du cinéma français, ‘Le Prix à payer’ nous raconte la triste histoire de deux couples en perdition.
Jean-Pierre Ménard (Christian Clavier) est un homme d’affaire riche, très riche, mais malheureux, car sa vie affective (et sexuelle) n’est pas ce qu’il voudrait. Odile (Nathalie Baye), sa femme, passe son temps à courir les magasins de luxe, mais ne lui voue qu’une tendresse de surface. Le chauffeur de Jean-Pierre, Richard (Gérard Lanvin), explique alors les choses à son patron : les femmes, ce qui les intéresse, le focus de leur existence, c’est évidemment l’argent et la vie facile. La preuve, sa propre compagne, Caroline (Géraldine Pailhas), tente une carrière d’écrivain (autant dire qu‘elle ne fait rien) pendant que lui trime à plein temps. Jean-Pierre, éclairé par ce discours, décide donc de couper les vivres à Odile si celle-ci ne lui rend pas la dose d’affection à laquelle il a droit.
S’ensuit un laborieux mélange de gags et de situations rocambolesques sensées susciter l’hilarité et aboutir à une morale plus ou moins rassurante.
On espérait un semblant de réflexion ou d’amusement, un esprit acide était revendiqué : on se retrouve avec un sketch extrait de ‘La Guerre des Roses’ de Danny DeVito, interminablement étiré sur plus de quatre-vingt-dix très longues minutes. Là où ce dernier film provoquait une jubilation caustique, ‘Le Prix à Payer’ sombre dans une forme d’action lente. Les traits sont pesamment appuyés, les acteurs ne sortent pas de leurs stéréotypes, la richesse potentielle de certains personnages (les enfants des couples par exemple) reste inexploitée, les dialogues sont lourds et convenus. Qu’ont Jean-Pierre et Odile à faire ensemble ? Qu’est-ce qui les lie encore ? Le mystère reste entier.
Au bout de quelques minutes, on regarde le décor et on imagine ce qu’il aurait fallu faire pour rendre le tout un peu intéressant.
Plus que la fable piquante et enjouée qu’elle se voudrait être sur le temps qui passe et qui use, ou bien sur les relations troubles entre l’amour et l’argent, cette réalisation est un symbole de la perversion d’une partie du système de financement du film français.
Etant donné le niveau dérisoire de l’intrigue, il est facile de s’imaginer les atouts qui ont pesé dans la balance pour lancer le projet et attirer Studio Canal et TF1 en co-production.
‘Bankable’, tout le principe est là. Prenez quelques vedettes éprouvées de l’écran français dont le nom est devenu une rente à la suite de succès plus ou moins mérités mais populaires, donc rémunérateurs, ajoutez-y un vague prétexte de scénario, agitez-le tout dans un dossier de financement certainement très bien léché, et voilà, le tour est joué, roule ma poule !
Le reste n’est plus qu’accord des emplois du temps surchargés des uns et des autres, vague plâtrage de maquillage çà et là, récitation du texte plus ou moins appliquée (mais les efforts des uns et des autres étant complètement décalés, tous semblent mauvais), impression de la pellicule, et distribution des copies.
Oui, ils auront accès aux télévisions en prime-time la saison de la promotion venue. Oui, le film est (enfin on l’espère pour lui) déjà amorti par ses pré-ventes aux circuits de télévisions. Oui, ses acteurs ont participé à de bien beaux projets dans le passé...
Reste que la déception est grande sur celui-ci.

Note : 03/20 (à peu près)

Le Prix à Payer sur imdb
par Eddl publié dans : Cinéma
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Jeudi 26 avril 2007
Le précédent long métrage réalisé par Michel Spinosa, ‘La Parenthèse Enchantée’, nous amenait à un univers nostalgique poétique et vivant. Sept ans plus tard, Spinosa revient à la mise en scène avec un film d’un tout autre acabit, ‘Anna M.’. Tenter de décrire les affres d’une psychotique, les faire partager aux spectateurs, voilà ce qui est tenté ici.

L'histoire d'abord: Anna (Isabelle Carré) est une jeune femme timide et solitaire. Sa vie tranquille se partage entre la bibliothèque dans laquelle elle travaille en reliant de vieux livres et le petit appartement qu’elle habite avec sa mère et son chien. Une existence qui lui est sans doute trop paisible, puisqu’elle se jette un soir sous une voiture qui passe à toute vitesse sur un boulevard. Emmenée à l’hôpital, elle se lance alors à corps perdu dans un amour à sens unique pour son médecin, le docteur Zanevski (Gilbert Melki). Rapidement son équilibre mental déjà fragile se détériore, et les hallucinations succèdent aux visions et aux délires. Persuadée qu’elle est d’être face à celui qu’elle a attendu si longtemps, elle transforme en enfer la vie de sa victime et de la femme de celui-ci (Anne Consigny).

Ce long métrage peut être regardé comme une étude de cas psychiatrique d’un ton similaire à celui que l’on trouve dans la littérature médicale. Le titre évoque d’ailleurs immanquablement, outre le jeu de mots ‘M.’-aime, la célèbre Anna O., dont le cas est exposé dans ‘Etudes sur l’hystérie’ de Sigmund Freud et Joseph Breuer.
Les états psychologiques typiques de l’érotomanie par lesquels transite la pauvre Anna M., dans la même optique de description clinique, sont soulignés tout au long du film et structurent le récit: illumination, espoir, dépit, et enfin haine. Il semble que le metteur en scène se soit inspiré de la passionnante thèse de Lagache (‘La jalousie amoureuse’) pour établir son scénario.
Mais cette volonté affichée de décrire objectivement un cas est rapidement dépassée par les interactions entre personnages, mis en valeur par le jeu des acteurs, et tout spécialement celui d’Isabelle Carré.
En effet, celle-ci parvient à incarner Anna avec une telle vérité que la distance qui se crée d’ordinaire entre le lecteur d’une étude dépeignant un sujet donné, qui plus est en état de perdition psychiatrique, et le sujet en question, s’efface par moments pour laisser la place au doute. Dans quelle mesure les réactions extrêmes d’Anna sont-elles légitimes ? L’amour ne donne-t-il pas tous les droits, ne permet-il pas toutes les folies dans l’idéal romantique dès lors qu’il est sincère? Jusqu’où est-il permis lutter pour conquérir celui ou celle qu’on aime ? Si le médecin cédait à ses avances, le cauchemar ne tournerait-il pas au conte de fée ?
Anna oscille désespérément entre cette hypothétique et attendrissante légitimité et la folie furieuse dans laquelle ses hallucinations la plongent, de plus en plus pathétique à mesure qu’elle s’enferme dans ses délires douloureux. Personnage attachant et repoussant, elle offre un rôle difficile à Isabelle Carré, mais celle-ci réussit à nous faire partager la plupart de ses douleurs.

Spinosa tente d’accrocher à sa description un mysticisme qui reste incertain, et quelques tentatives de mise en scène sans doute trop audacieuses tournent mal (dans les cauchemars de la malheureuse Anna par exemple), mais beaucoup de scènes sont de véritables bijoux : le dialogue entre la patiente et son psychiatre (François Loriquet) pour décider de la fin de son internement, danse du chat et de la souris. De même Eleonore, la collègue d’Anna (Gaëlle Bona), est un véritable ange - rayon de soleil qui transfigure à son insu la vie de notre égarée.

Au final un film inégal donc, pas totalement abouti, mais à voir malgré tout pour les acteurs et leur direction, les moments magiques qu'il contient, et les questionnements intérieurs qu’il ne manquera pas de susciter.

Note : 12,5/20
Anna M. sur imdb

Article repris sur

par Eddl publié dans : Cinéma
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Samedi 21 avril 2007
par Eddl publié dans : Images d'ailleurs
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Lundi 16 avril 2007

Rappelez-vous les années 70. Les deux blocs se font face, la guerre du Vietnam se termine, et dans les salles obscures une meute de zombies déferle sous la houlette de George A. Romero.

Eh bien environ 25 ans plus tard, accompagnant le courant de nostalgie qui surfait alors sur ces années-là, Zack Snyder, futur réalisateur du récent ‘300’, sortait un remake d’un des films les plus célèbres du vieux maître (enfin pas si âgé, 67 ans), ‘Dawn of the Dead’.

L’intrigue tient en une ligne : un groupe hétéroclite d’américains se retranche dans un centre commercial, assiégé par les mort-vivants.
Romero en avait fait, consciemment ou non, un sujet de réflexion, une satire de la société US, dans laquelle les zombies représentaient les consommateurs passifs, moutons destructeurs de ce qui fait la ‘vraie vie’. Le message était percutant, même si les bouts de ficelle et l’atmosphère d’improvisation générale du film laissaient un peu à désirer en ce qui concerne ses qualités esthétiques. L’essentiel n’était pas là.
Zack Snyder, en le reprenant, en fait un film où la qualité technique de la réalisation, si elle est privilégiée, ne gâche pas non plus la réflexion déjà présente dans l’original.

‘Dawn of the Dead’ est donc d’abord un excellent film de genre. Qualité du maquillage et effets spéciaux sont au rendez-vous et raviront les amateurs. A leur intention, les clins d’oeils et références aux modèles du genre abondent pour mieux les séduire. Mais le spectacle ne leur est pas uniquement réservé.
L’atmosphère est totalement prenante. Les quinze premières minutes du film (générique compris) sont absolument à ne pas manquer. L’apocalypse s’y déclenche par surprise sur notre petite planète bien paisible, convaincante et terrifiante.
Le reste est à l’avenant. Les mort-vivants ont gagné en rapidité par rapport à la tradition. Ceci ne gâche rien, mais suscite au contraire des pics de tension chez le spectateur agrippé à son fauteuil. Reste heureusement l’aspect gore, la bêtise, l’appétit et la multitude chez ces vilaines bestioles, autant de traits essentiels à la terreur qu’ils sèment chez les derniers hommes ‘libres’.

L’encre a beaucoup coulé sur la vision politique du monde qui avait mené Romero à imaginer la dégénérescence du monde capitaliste sous la forme du retour des morts à la (presque) vie.
Dans cette version, Zack Snyder pousse la critique plus loin en nous détaillant les attitudes des derniers hommes assiégés dans une forteresse de luxe. Défendre son petit chez-soi, se livrer à des orgies certes amusantes mais finalement stériles, élaborer des stratégies peut-être tout aussi stériles pour échapper à un raz-de-marée inéluctable… Comme dans la plupart des films du genre, la vision est pessimiste mais révélatrice.

Quelle sera la menace qui engloutira notre mode de vie ?
Celles-ci ne manquent pas. L’intégrisme religieux ? Les errements de la science ? Les déséquilibres économiques mondiaux ? Des pistes sont esquissées. Mais quelle que soit ce danger, la leçon est claire : un centre commercial ne peut y apporter qu’un antidote temporaire.

Note : 15,5/20

Dawn of the Dead sur imdb
par Eddl publié dans : Cinéma
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