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Critiques Films

2011

Red Riding Hood [Le chaperon rouge]

Melancholia

Rise of the Planet of the Apes [La planète des singes: les origines]

Jodaeiye Nader az Simin [Une séparation]

X-Men: First Class [X-Men: Le commencement]

The Tree of Life

Source Code

The Eagle [L'aigle de la neuvième légion]

Thor

Battle: Los Angeles

Sucker Punch

The Rite [Le rite]

2010

Bu-dang-geo-rae [The Unjust]

Due Date [Date limite]

Centurion

Tucker & Dale vs. Evil

Casino Jack

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Waste Land

Incendies

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True Grit

127 hours [127 heures]

Repo Men

The Sorcerer's Apprentice [L'apprenti sorcier]

Black Swan

Resident Evil: Afterlife 3D

The King's Speech [Le discours d'un roi]

Tekken

Another Year

The Town

Akmareul boatda [I saw the Devil]

Scott Pilgrim vs. The World

Kick-Ass

Iron Man 2

The Expendables

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Machete

RED
The Other Guys [Very Bad Cops]

2009

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Fantastic Mr. Fox

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Savage

Amintiri din epoca de aur [Contes de l'âge d'or]

State of Play [Jeux de pouvoir]

Harry Brown

The Last Station [Tolstoï, le dernier automne]

Cold Souls [Âmes en stock]

Goemon

The Men Who Stared at Goats [Les Chèvres du Pentagone]

Enter the Void

Bakjwi [Thirst, Ceci est mon sang]

The Road [La Route]

The House of the Devil

2008

Bitten

Zombie Strippers!

Li Mi de caixiang [The Equation of Love and Death]

Max Manus [Opération sabotage]

Kataude mashin gâru [The Machine Girl]

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Gomorrah

2007

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Sex and Death 101

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Ryû ga gotoku: gekijô-ban [Yakuza: Like a Dragon]

Ji jie hao [Héros de guerre/ Assembly]

Before the Devil Knows You're Dead [7h58 ce samedi-là]

Kuro-obi [Black Belt]

Katyn

Crows Zero

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Zodiac

Irina Palm
Sunshine
Le Prix à Payer
Anna M.
300
2006

Omaret yacobean [L'immeuble Yacoubian]

The Fountain

Rescue Dawn

46-okunen no koi [4.6 Billion Year Love/ Big Bang Love Juvenile A]
Jesus Camp
Letters from Iwo Jima
Ne le dis à personne
The Departed [Les infiltrés]

Little Miss Sunshine
The Good German
Apocalypto  
La Vie des Autres
The Last King of Scotland
Thank you for smoking
2005

Danny the Dog / Unleashed

Chinjeolhan geumjassi [Lady Vengeance]

Down the Valley
2004

Rabudo gan [Loved Gun]

Layer Cake

Git [Feathers in the Wind]

Chi to hone [Blood and bones]

Samaria [Samaritan Girl]

D'autres mondes

Baramui Fighter [Fighter in the Wind]

Kung Fu [Crazy Kung Fu]
Dawn of the Dead [L'Armée des Morts]

Napoleon Dynamite
2003

9 Souls

Salinui chueok [Memories of Murder]

Haute tension

Akarui Mirai [Jellyfish/ Bright Future]

2002

Dirty Pretty Things

Boksuneun naui geot [Sympathy for Mr. Vengeance]

Tasogare Seibei [Le Samouraï du crépuscule] 
Punch-Drunk Love
2001

Jopog manura [Ma femme est un gangster]

Das Experiment [L'expérience]

Aoi haru [Blue spring]

Training Day

2000

Gongdong gyeongbi guyeok JSA [Joint Security Area]

Hyôryû-gai [La cité des âmes perdues]
La Parenthèse Enchantée
1999

Le créateur

Am zin [Running Out of Time]

Titus
Summer of Sam

1997

Unagi [L'anguille]
1996

Gokudô sengokushi: Fudô [Graine de Yakuza]

1995

Welcome to the Dollhouse [Bienvenue à l'Age Ingrat] 

1990

A Fei jingjyuhn [Nos années sauvages/ Days of Being Wild]

1989  
NL's Xmas vacations
1988

The Cowboy and the Frenchman [Les Français vus par David Lynch]

Ghosts... of the Civil Dead

1981

Stripes [Les bleus]

1980  
Caddyshack
1979

Hardcore

Kukushû suru wa ware ni ari [La Vengeance m'appartient]

1978

The Boys from Brazil [Ces garçons qui venaient du Brésil]

1977

Une sale histoire

1975

Zerkalo [Le miroir]

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Maîtresse

1972

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1970

La pacifista

Catch-22

1969

Yuke yuke nidome no shojo [Go, Go Second Time Virgin / Vierge violée cherche étudiant révolté]

Les Damnés

1968

If...

1967

Two for the Road [Voyage à deux]

1966

Hakuchû no tôrima [L'obsédé en plein jour/ Violence at High Noon]

Taiji ga mitsuryô suru toki [Quand l'embryon part braconner]

1965

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1964

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1962

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1960

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1958

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1957

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1956

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1955

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The Scarlet Letter [La lettre écarlate]


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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 22:03

Bon eh bien après quelques mois de silence (dûs à d'autres projets souvent liés au septième art ou à ses dérivés), une petite mise à jour en cette période de Césars et d'Oscars pour ce qui concerne les films chroniqués l'année dernière dans ce blog.

 

Petit rappel: ce ne sont pas les Oscars qui sont distribués ici, mais les "Coeurs et Têtes". Et on ne s'intéresse pas qu'aux productions de l'années, mais à tout ce qui a été chroniqué dans ce blog en 2011, soit 9 séries et environ 115 films. Quel que soit le millésime, quel que soit l'origine. Etant donné le nombre de "candidats", les choix ont donc été difficiles cette saison.

 

Meilleur générique*: Chinjeolhan geumjassi [Lady Vengeance] (2005)

 

Meilleur montage: Zerkalo [Le miroir] (1975)

 

Meilleurs effets spéciaux: Sucker Punch (2011) 

 

Meilleur bande originale/ musique: Black Swan (2010) - la musique de Tree of Life (2011) n'est pas mal non plus...   

 

Meilleurs décors: Kung Fu [Crazy kung fu] (2004)

   

Meilleure direction artistique: The Fountain (2006)

 

Meilleurs dialogues: Tucker & Dale vs. Evil (2010)  

 

Meilleur scénario: Tree of Life (2011)

 

Meilleur dessin animé/ film d'animation: Fantastic Mr. Fox (2009)

 

Meilleur second rôle féminin: Sarina Farhadi dans Jodaeiye Nader az Simin [Une séparation] (2011)

 

Meilleur second rôle masculin: Christian Bale pour The Fighter  (2010) 

 

Meilleur actrice: Natalie Portman pour Black Swan (2010)

 

 

Meilleur acteur: Robert Duchesne pour Bob le flambeur (1956)

 

Meilleur réalisateur: vraiment pas facile, mais s'il faut choisir, Luis Bunuel dans Los olvidados [Pitié pour eux] (1950). Le plus récent aurait été Malick (Tree of Life)

 

Meilleur série: choix difficile ici aussi... mais Oz 1  quand même

 

Meilleur documentaire*: le seul dans sa catégorie d'accord, mais il mérite la mention Waste Land (2010)

 

Meilleur film français: Bob le flambeur (1956)

 

Meilleur film anglo-saxon*: Tree of Life (2011)

 

Meilleur film africain*: peu de candidats là aussi, mais Omaret yacobean [L'immeuble Yacoubian] (2006) mérite une mention

 

Meilleur film moyen-orient*:Jodaeiye Nader az Simin [Une séparation] (2011)

 

Meilleur film européen hors France*: Zerkalo [Le miroir] (1975)

 

Meilleur film asiatique*: un classique, ou en tous cas qui devrait l'être, Taiji ga mitsuryô suru toki [Quand l'embryon part braconner] (1966)

 

Meilleure comédie: Amintiri din epoca de aur [Contes de l'âge d'or] (2009)

 

Meilleur film de guerre*: la guerre y est froide, mais... Gongdong gyeongbi guyeok JSA [Joint Security Area] (2000)

 

Meilleur film romantique*: Two for the Road [Voyage à deux] (1967)

 

Meilleur drame: Yuke yuke nidome no shojo [Go, Go Second Time Virgin / Vierge violée cherche étudiant révolté] (1969)

 

Meilleur film d'horreur: Tucker & Dale vs. Evil (2010)

 

 

Meilleur film policier/ d'aventure: beaucoup de prétendants, mais à ne pas manquer, Salinui chueok [Memories of Murder] (2003)

 

 

Meilleur film (tadaaaaaa!): difficile à dégager cette année, tous les films précédents étant excellents, je choisis néanmoins Los olvidados [Pitié pour eux] (1950) 

 

Voilà, beaucoup de choix peuvent se discuter, c'est en partis le but de l'opération d'ailleurs... bonne année cinéma 2012 à tous!

 

* nouvelle catégorie

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 18:42

Unagi.jpgPénétrer dans le quotidien et les tourments d'un ancien criminel passionnel, voilà où nous entraîne Shôhei Imamura dans Unagi (L'anguille ou The Eel pour les anglophones) Palme d'or ex-aequo au festival de Cannes 1997, le film était présenté comme un "sortilège érotique" sur son affiche anglaise. Et pourtant, la dose d'images brutes ou de séquences choc y reste faible en comparaison de nombre de ses contemporains qui n'affichent pas la même prétention. Alors, cette anguille, brûlot érotique à la japonaise qui aura fait long feu?

Yamashita (Kôji Yakusho), employé sans histoire, reçoit une lettre anonyme lui apprenant que son adorable femme le trompe sitôt parti à sa pêche hebdomadaire. Et revenant un soir plus tôt que prévu, il la surprend en plein acte avec son amant. Ni une ni deux, il les poignarde avant de se rendre docilement au commissariat pour avouer le meurtre de son épouse.

Huit ans plus tard, c'est toujours paisiblement, voire placidement, qu'il sort de prison en compagnie d'un étrange animal familier avec lequel il a développé un étrange attachement dans la cour de la prison: une anguille.

Un prêtre bouddhiste chargé de le surveiller pendant ses deux ans de liberté conditionnelle, Keiko (Misa Shimizu), femme qu'il aura sauvé du suicide et qui porte une étrange et troublante ressemblance avec sa défunte femme, un ancien co-détenu qui connaît son passé, des voisins sympathiques mais aux obsessions bizarres, les fantômes du passés, tous vont apporter d'étranges éclairages à sa tentative de réinsertion dans la vie "normale" en compagnie de cet animal hautement symbolique.

Unagi1.gifUnagi sort après une période de huit ans de silence (difficultés de financement apparemment) d'Imamura après Kuroi Ame [Pluie noire ou Black Rain], film intense s'il en est. Mais comme dans ce dernier, comme dans son Kukushû suru wa ware ni ari [La Vengeance m'appartient] (1979), ce sont les rapports de l'homme avec la société japonaise - moderne - dans toute leur richesse et leur complexité qui sont ici passés au crible à travers l'esquisse du parcours très personnel des personnages.

Shôhei Imamura concentre donc le récit sur de la difficulté de Yamashita, monstre psychopathe officialisé à se réconcilier avec lui-même. Ses huit années de prisonnier modèle confiné sur les rails du bon élève depuis son meurtre, lui ont-ils vraiment fait tourner la page? Est-il vraiment prêt - l'a-t-il jamais été? - à vivre une vie, un amour "normal", à se "réintégrer"?

Unagi2.jpgLa personnalité complexe de Yamashita se débat en compagnie de caractères singuliers qui, eux aussi, montrent rapidement des fêlures qu'ils ont peut-être appris à mieux masquer que l'ex-tueur. Une suicidée, un interpelleur d'extra-terrestres, un ancien co-détenu... Les liens se tissent entre tous les inadaptés de ce monde, Imamura y fait fleurir perturbations, fantasmes, assortis d'un humour noir bien personnel: un composé subtil d'émotions.

Le sexe, mis en exergue par le battage marketing du film, et moteur essentiel pour Yamashita, reste intelligemment en sourdine.

Les problèmes personnels façonnent chaque individu et décrivent dans le détail une société modèle bien lisse en apparence, mais composée d'atomes tous en pleine déconfiture, réduits à l'obligation d'un douloureux mal-vivre. Et le singulier attachement à une anguille n'en est pas le moindre des symptômes. Mais une autre solution est-elle possible? Les démons intérieurs peuvent-ils être maîtrisés?

Imamura chante le décalage dans toutes ses tonalités.

Et quoiqu'il en soit, si le salut - le bonheur - reste un objectif très incertain au niveau individuel, souvent cantonné aux rêves de chacun, la machine, elle, ronronne, imperturbable.

 

Note: 15/20

 

 

Le générique de fin, sur une musique de Shinichiro Ikebe:
Autre film de Shôhei Imamura chroniqué dans ce blog:
Kukushû suru wa ware ni ari    [La Vengeance m'appartient]     (1979)
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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 14:27

CeluiQuiDoitMourir.jpgL'hypothèse du retour de Jésus ou du Messie sur terre constitue un exercice d'école classique, stimulant mais délicat, prompt à affirmer les dévoiements de la société moderne par rapport au modèle chrétien théorique. Dans Celui qui doit mourir, Jules Dassin emprunte indirectement cette voie pour livrer une parabole sur le mode de la tragédie mystique, tableau critique d'une humanité dominée par l'égoïsme et la cupidité, et où l'espoir des plus faibles ne peut venir que de la révolte. Le ton est théâtral - on y distingue le style littéraire d'André Obey, dramaturge célèbre du siècle dernier en France - le style un peu daté, voire grandiloquent mais l'émotion est là, et le message porte.

Un petit village grec des années 20, occupé par les turcs. Les villageois, en bonne entente avec leurs occupants, veulent organiser, comme tous les sept ans, une représentation de la passion du christ.

Pour ce, les chefs du village, le pope Grigoris (Fernand Ledoux) en tête, ont choisi leur Marie-Madeleine, Katerina (Melina Mercouri), la prostituée du village, leur Pierre, Yannakos le colporteur-facteur (René Lefèvre), leur Jacques, Kostandis le tenancier de café (Lucien Raimbourg), leur Jean, Michelis (Maurice Ronet) - fils de l'homme riche de la région, Patriarcheas (Gert Fröbe) -, leur Judas aussi, Panagiotaris (Roger Hanin) et bien sûr leur Jésus, Manolios (Pierre Vaneck), berger bègue et analphabète.

Les personnages vont peu à peu habiter les acteurs, et leur faire entrer en conflit avec les autorités même qui les ont nommés à l'occasion de l'arrivée d'un groupe de grecs errants et affamés menés par le pope Fotis (Jean Servais)

CeluiQui1.jpg

Le destin se met en branle et les chemins des uns et des autres rejoignent de manière troublante ceux de leurs modèles, pour le meilleur ou pour le pire...

Jules Dassin opte dans Celui qui doit mourir pour un style proche du théâtre des années 50-60 en France. Des décors soignés, des mouvements de foules soigneusement mis en scène, de grands sentiments illustrés de belles phrases: les techniques de réalisme et de rendu des émotions des habitués de l'Actor Studio sont ignorées au profit de l'élaboré et, avouons-le, parfois de la pose.

Si le résultat manque de spontanéité, le film colle grâce à ces procédés à la tragédie et entraîne le spectateur avec les personnages vers la recréation de la Passion vue - et mise en perspective politique - par Dassin. L'agha turc (Grégoire Aslan, superbe) devient Pilate, le conseil du village se mue en Sanhédrin, la jalousie amoureuse de Panagiotaris pour Manolios celle de Judas pour Jésus.

CeluiQui2.jpg

Les passerelles jetées ne manquent pas de pertinence et affirment l'universalité du message chrétien en le liant à une optique de lutte de classe, ou plutôt des riches contre les pauvres, de l'ordre établi de la possession contre la spontanéité du don. Une vision d'un retour aux sources de la chrétienté, aux valeurs de partage souvent évoquée, mais rarement mise en application et qui trouve ici un portrait empreint de charité mystique.

L'attitude en décalage de l'église traditionnelle, alliée aux nantis, trouve elle son reflet dans le personnage du pope Grigoris, antipathique à souhait, et dans le conseil du village.

Les traits peuvent être lourds, paraître trop classiques, les ficelles sont épaisses, mais la tragédie mise en place reste prenante.

Pour l'anecdote, les fans et les curieux pourront repérer Jo (ici Joseph)  Dassin, futur chanteur aux Champs-Elysées et fils de Jules, dans un petit rôle (repérer la scène où le pope Fotis dit avoir eu une apparition de Saint-George, vers la minute 37)

 

Note: 14/20

CeluiQuiDoitMourir

Pas de vidéo cette fois-ci, mais un enregistrement audio de critiques sur le festival de Cannes de 1957 qui parle un peu du film .

Jean Dutourd n'est "pas tellement pour", même si c'est un film de "grande qualité".

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 23:40

RedRidingHood.jpg

Catherine Hardwicke, vous connaissez? Avec de la chance, vous vous souvenez de Thirteen (2003), film d'adolescents désaxés assez réussi. Si vous êtes un fan de Twilight (la probabilité en est nettement plus élevée) vous savez sûrement qu'elle a réalisé le premier épisode de la saga des vampires teenagers bien propres sur eux. Eh bien trois ans après cet exploit, elle sort, d'après le conte de Perrault repris par les frères Grimm, un Red Riding Hood [Le chaperon rouge] qui, n'était le chaperon en question, ne déparerait pas la série vampirique à l'eau de rose: de sublimes forêts aux arbres gigantesques (ce sont d'ailleurs les mêmes), un monstre terrorisant une région, des éclairages qui jouent avec les brumes, une petite dose d'effets spéciaux numériques, une rivalité amoureuse entre personnages incolores et inodores... Pas de ralenti, mais c'est lent. Très - lent. Et pourtant Gary Oldman était là...

La jeune Valerie (Amanda Seyfried) vit dans un village au fond d'une forêt avec ses parents, son frère et sa soeur aînée.

Ses habitants vivent depuis des années dans une trêve fragile avec un loup-garou à qui ils laissent un tribu sous forme d'animaux laissés sur la grand-place les nuits de pleine lune.

Mais voilà, un après-midi, le loup égorge la soeur de Valérie alors seule dans un champ, et les villageois criant vengeance montent une expédition pour en finir une bonne fois pour toute.

Sur ce, Solomon (Gary Oldman), sorte d'inquisiteur itinérant, débarque avec une troupe de guerriers surarmés et révèle aux habitants stupéfaits (?) que le loup-garou se cache certainement parmi eux.

RedRiding1.jpgLe monstre pourrait être le ténébreux Peter (Shiloh Fernandez), orphelin étranger ami d'enfance pour lequel vibre le coeur de Valérie, ou Henry (Max Irons), le blond forgeron à qui elle a été promise par ses parents, ou qui encore?

Le propos de  la réalisatrice est ambitieux: faire revivre le conte immémoriel dans ses grandes lignes en le développant au goût du jour.
Et pour Catherine Hardwicke, ce jour c'est Twilight, un univers aseptisé calqué sur les références des teenagers américains, et dont le centre est une petite princesse adolescente courtisée par tous, incomprise par les adultes et entretenant avec des monstres des relations qui se veulent ambigües, évocatrices de pulsions sexuelles qui montent qui montent, mais qu'on ne montrera surtout pas - il ne faut pas inquiéter.

RedRiding2.jpg

Le concept semble correspondre avec le trajet idéalement et psychanalitiquement suivi par notre petit chaperon rouge, à un détail de taille prêt: le loup doit faire peur.

Or, dans ce Red Riding Hood, ce n'est absolument pas le cas. Construite à base d'effets spéciaux propres mais sans plus, la montée des interventions de la bête n'est pas - ou peu - orchestrée.

En effet, Hardwicke a préféré se consacrer aux détails, à la sauce qui enrobe le tout, et l'épicer selon ses goûts favoris. A préféré la cerise sur le gâteau au détriment de ce dernier.

Alors oui, les décors et les images sont techniquement superbes, bien léchés. Les vêtements sont parfaitement cohérents avec l'univers du conte fantastique intemporel.

Quant au fond, il est phagocyté par le style Twilight plaqué sur une ambition démesurée de parcourir tous les genres, toutes les scènes traditionnelles du film pour teenagers.

RedRiding3.jpg

Des adolescents métrosexuels bien pommadés tentent de procurer une épaisseur à des personnages allant d'une rencontre à l'eau-de-rose à un bal absurde, certains protagonistes apparaissent ou disparaissent sans crier gare, tous ou presque ont l'occasion de montrer qu'il ou elle peut être le loup-garou, mais sans assez s'attarder pour en rendre la théorie plausible...

Mis à part Gary Oldman, seul à imprimer la pellicule en maîtrisant son personnage, les acteurs pataugent à qui mieux mieux pour tenter de donner un sens à leurs actions.

Slasher aux dents limées, film d'amour sans sentiment, thriller sans véritable suspense, feu d'artifice sans couleur, ce pauvre chaperon est de ces films d'où l'on sort en se disant que c'était bien joli, mais qu'on ne se souvient pas vraiment de quoi ça parlait.

 

Note: 07/20

 

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 21:03

TheUnjust.jpgLe cinéma coréen nous a maintenant accoutumé à des variations toujours inattendues - intéressant et stimulant paradoxe - dans les genres les plus variés. Avec Bu-dang-geo-rae [The Unjust], Seung-wan Ryoo replonge dans le policier, s'appuyant sur une intrigue complexe dont le thème central sera la corruption qui, si l'on en croît le scénario, gangrène la société coréenne, privée comme publique. Jouant - et surtout déjouant - les conventions, The Unjust entraîne ses personnages, et le spectateur avec eux, dans un tourbillon de magouilles qui tourneboulerait les valeurs morales du plus preux des chevaliers.

Et le plus preux d'entre eux, à qui le synopsis nous identifie spontanément, c'est Choi Cheol-gi (Jeong-min Hwang), inspecteur de second rang têtu, qui a jusque-là vu toutes ses occasions de promotion lui filer sous le nez parcequ'il n'était pas passé par l'académie de police.

Heureusement (?) pour lui, la Corée est alors confrontée à un violeur et tueur de petites filles en série qui suscite l'inquiétude de la population, l'intérêt des médias et donc l'inquiétude des politiques.

Choi se voit en conséquence sélectionné et aussitôt mis au pied du mur par ses supérieurs: un coupable dans la semaine (n'importe qui, si ce n'est pas le bon ça retombera de toutes les façons sur le sans-avenir qu'il est), ou la perspective de la stagnation et d'une frustration éternelle, ses confrères de l'académie lui étant toujours préférés.

Choi sous pression contraint alors un mafieux, Jang Seok-goo (Hae-jin Yu), à lui procurer un coupable qu'il lui désigne, sélectionné au hasard dans une liste de suspects. Jang va alors tenter de monnayer ses services pour d'autres "retours d'ascenseurs" le favorisant dans les affaires immobilières peu nettes où il se trouve impliqué.

Unjust1.jpg

Hélas, son adversaire dans celles-ci est allié à Joo-yang (Ryoo Seung-Bum), ambitieux procureur mis sur l'affaire du tueur en série côté ministère de la justice. L'affrontement entre Joo-yang et Choi n'est qu'une question de temps et risque de faire des vagues...

La complexité affirmée du scénario, fourmillant d'intrigues secondaires, pourra rebuter, mais Seung-wan Ryoo la transfère habilement aux personnages qui en gagnent vraisemblance et profondeur.

Parti sur une scène d'action dans la droite ligne du film policier asiatique traditionnel, si The Unjust réserve une part non négligeable aux séquences fortes ou violentes pimentées d'arts martiaux, on ne saurait le cantonner au simple action flick.

Unjust2.jpg

La part belle reste de fait réservée aux manipulations, pressions hiérarchiques et autres politicailleries.

Le spectateur, naturellement poussé à s'identifier à l'inspecteur Choi, est aspiré de la même manière dans les tourments et les pressions dont il est victime. Partant d'une innocence, d'une rigueur morale présumée du personnage - c'est le présupposé traditionnel du policier intègre confronté à un monde corrompu -, il subit ses affres et suit son parcours dans une série de voies sans issues glorieuses en perspective.

Mais Choi est-il vraiment ce personnage pur et dur? Ne se compromet-il pas insensiblement - et le spectacteur avec - avec ses liens de plus en plus suspects avec la pègre?

A contrario, le jeune procureur Joo-yang, apparu au départ comme le type même du Rastignac pourri jusqu'à la moëlle, gagne progressivement en sympathie par des scènes tragico-comiques mettant en scène ses rapports avec sa hiérarchie et ses subordonnés, sa famille aussi, et atténuant son amoralité patente.

La réflexion sur la corruption et le pouvoir est plus fine qu'elle n'y paraît.

 

Note: 13,5/20

 

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 17:56

Hardcore.jpg

Mettre deux univers totalement décalés l'un par rapport à l'autre en présence: recette simple et facile pour les mettre tous deux en valeur, en exploiter les particularismes et mener des personnages au bout de leurs contradictions. Dans Hardcore, Paul Schrader, un des scénaristes les plus en vue du Hollywood des années 70/80 (Yakuza et Taxi Driver entre autres) nous décrit une collision spectaculaire, plongeant un patriarche calviniste, digne représentant des valeurs de l'Amérique profonde, dans les bas-fond de l'industrie du sexe de la côte Ouest. Dans le rôle principal, George C. Scott (Dr. Strangelove...[Docteur Folamour...],  Patton) , qui trouve là un de ses personnages les plus intéressants à développer.

La vie semble un long fleuve tranquille vue de Grand Rapids, Michigan. Aussi la disparition de la jeune Kristen VanDorn (Ilah Davis) à l'occasion d'un rassemblement d'été de jeunes calvinistes sonne-t-elle comme un coup de tonnerre dans sa communauté.

Son père, Jake (George C. Scott), un homme de convictions, va tout tenter pour retrouver sa fille unique. Un détective privé (Peter Boyle) lui montre après une courte enquête Kristen dans un film porno amateur venu de Los Angeles.

Jake, que tout oppose à ce milieu, décide alors de l'infiltrer pour récupérer Kristen, aidé notamment par une jeune femme qu'il y rencontre, Niki (Season Hubley, remarquable)...

Le parcours de Jake se pose dans une première approche en reportage sur le milieu du hardcore des années 70, alors en pleine explosion, et suit, comme on pouvait s'y attendre, son petit bonhomme de chemin à travers ses arcanes les plus divers, donnant l'occasion de scènes émoustillantes ou comiques: tournages, castings, producteurs.

Hardcore1.jpg

Une fois passées ces présentations, arrive la dimension la plus intéressante du film, développant l'évolution des principaux protagonistes en fonction de leurs interactions.

Le personnage de Jake, a priori un monolithe psycho-rigide, se craquèle d'emblée devant la disparition de sa fille avant de se fissurer complètement en voyant le film dans lequel elle "joue". Sonné, son chemin n'est plus alors qu'une errance pour retrouver ses marques en s'accrochant au peu d'espoir qu'il lui reste. Son monde n'est plus, il apprend et découvre, l'occasion d'une très belle performance de George C. Scott.

A l'inverse, le personnage de Niki, brillamment joué par Season Hubley, découvre en Jake une bouée de sauvetage rêvée pour sortir d'une vie infernale et enfin gagner un havre - ou à tout le moins une porte de sortie - idéal.

Hardcore2.jpg

Leur rencontre donne lieu à des scènes mémorables, dont une curieuse et fascinante discussion théologique entre le calviniste endurci qui commence à se poser des questions et celle qui se raccroche à une identité plus légère et plus floue de "vénusienne".

Paul Schrader, lui-même issu du même milieu, de la même ville que Jake, a recyclé avec talent son histoire personnelle et façonné des personnages stéréotypés mais convaincants.

Quant au côté éventuellement aguicheur du film, il est aussi bien maîtrisé. Le délicat mais nécessaire équilibre entre en montrer trop ou pas assez qui aurait pu faire verser le tout dans la sexploitation, ou à l'inverse dans le film tendance vigilante style Death Wish [Un justicier dans la ville] est habilement respecté.

Hardcore3.jpg

Peu ou pas de voyeurisme donc (contrairement à ce que laisse penser la bande-annonce), juste assez pour désamorcer la curiosité du spectateur et illustrer de manière crédible le rude apprentissage de Jake.

Même si on pourra regretter la fin du film, qui tombe à plat, sans doute façonnée pour correspondre aux critères éditoriaux de l'époque, Hardcore garde encore une force psychologique agréablement étayée par les interprétations de ses acteurs et soutenue par beaucoup de scènes mémorables.

Une bonne surprise donc.

 

Note: 14/20

 

 

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 15:30

LeDoulos.jpgMelville aux commandes, Bébel et Reggiani à la manoeuvre, Piccoli au balcon: Le doulos présente une alléchante affiche pour une bien sombre histoire, une fois de plus située dans les bas-fonds parisiens des années 50-60, univers de prédilection du réalisateur. Pour l'occasion, le scénario, passablement alambiqué, suit la trajectoire glauque et incertaine d'un indic pas comme les autres. Les personnages arborent une face qui ne correspond pas à leur revers, le destin en marche remettra douloureusement les pendules à l'heure: le film noir est toujours vivant.

Maurice Faugel (Serge Reggiani), à sa sortie de prison, tue Gilbert Vanovre (René Lefèvre), receleur et ami, et lui dérobe le butin d'un casse avant d'en préparer un nouveau.

Hélas, quand il passe à l'action, la police est là, manifestement prévenue. Le responsable ne peut être que Silien (Jean-Paul Belmondo), un de ses compères, séduisant en diable, mais aussi réputé pour être un indicateur, un "doulos"...

Melville a cette fois encore construit son oeuvre dans la droite ligne du film noir américain, dont le modèle imprègne le film jusque dans les vêtements et voitures utilisées par les protagonistes.

Le scénario, atout majeur et traditionnel du genre, en suit les canons. Alambiqué à souhait, il égare le spectateur dans l'embrouillamini des motivations et des actions - souvent en opposition avec les intentions affirmées - des personnages.

Doulos1.jpg

Assassins candides, gangsters patelins, manipulateurs consciencieux, tous prétendent afficher une conduite en perpétuel décalage avec la réalité. A tel point que le récit, sous peine de devenir totalement hermétique, devra en passer à un point par une laborieuse explication de texte des actions passées des uns et des autres, rare moment de déception devant la maîtrise de Melville.

Autre dimension indissociable du genre, l'éclairage est lui aussi digne des plus grands. Les ombres, portées à leur maximum, sculptent les visages et les silhouettes, construisant des ambiances à couper au couteau. Un terrain vague dans la nuit, une brume flottant atour d'un réverbère: le style épuré ne laisse aucune chance aux indécrottables optimistes, le film sera noir, bien noir.

Doulos2.jpegOn pourra regretter que Melville ne se concentre pas sur un seul personnage comme dans Le samouraï ou   Bob le flambeur, ce qui aurait facilité la lecture de l'intrigue et l'identification du spectateur, mais la qualité est là.

Stimulés par la complexité des personnages, les acteurs ont la chance de pouvoir développer leur jeu dans des scènes mémorables. Belmondo et Reggiani mènent le bal, mais les seconds rôles sont aussi à la fête, Piccoli et Jean Desailly en tête, sans oublier les femmes, Fabienne Dali et Monique Hennessy, énigmatiques, fatales, melvilliennes à souhait.

Doulos3.jpgUn long interrogatoire de police sans coupe, une scène de bar où les regards comptent plus que les dialogues: les duels sont à la fois feutrés et implacables. Et quand l'action se précipite, rien n'est gratuit.

Sans atteindre la profondeur de  Bob le flambeur parce que sans doute trop marqué par une volonté de coller au meilleur du film noir américain et sans personnage central, Melville réussit une fois de plus avec Le doulos à nous raconter une histoire de gangsters, d'hommes, d'amitié et de trahison comme on les aime.

 

Note: 14/20

 

Autre film de Jean-Pierre Melville chroniqué dans ce blog:

Bob le flambeur (1956)

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 14:09

LovedGun.jpgSaviez-vous que la couleur des balles d'un revolver reflète les émotions du tireur? C'est en tous cas l'une des théories développées dans Rabudo gan [Loved Gun], road-movie de Kensaku Watanabe. Film de yakuzas plus original par la pseudo-mystique poétique qu'il développe et ses cadrages radicaux que par son intrigue proprement dite, il puise ses racines dans les films du genre sans verser dans la violence et l'action débridées auxquelles nous ont habitués d'autres réalisateurs: une teinte inhabituelle dans ce monde de brutes.

Hayamada (Masatochi Nagase), tueur à gages blessé, tente de voler à la pointe de son revolver le scooter de la jeune Miyuki (Aoi Miyazaki, déjà remarquée dans le monumental Eureka), adolescente orpheline en perdition.

Hélas, il s'évanouit avant d'avoir pu fuir, et Miyuki l'emmène à l'hôpital.

Pendant ce temps, le gang à la poursuite d'Hamayada engage deux tueurs pour le retrouver et le supprimer: l'oncle et père adoptif de ce dernier, Maruyama (Ittoku Kishibe), et un jeune inexpérimenté, Taneda (Hirofumi Arai, qu'on aura déjà pu apprécier dans Chi to hone [Blood and bones] et Aoi haru [Blue spring] )

D'un côté le tueur et l'adolescente, de l'autre le vieux tueur et l'apprenti, les deux duos s'engagent dans une aventure qui bouleversera leurs vies à tous.

Le propos n'est pas exceptionnel, les personnages non plus: des stéréotypes maintes fois pris et repris dans les films et autres mangas familiers à l'univers des gangsters japonais.

Non, l'originalité de Loved Gun tient plutôt dans la vision épurée et poétique du monde du tueur à gage et dans le style de la réalisation soignée et très particulière de Kensaku Watanabe.

LovedGun1.jpg

Dans ces deux domaines, celui-ci développe des visions extrêmes alliant, comme souvent dans les (bons) films asiatiques, symboles et esthétisme.

Exemple de symbole exploité parmi d'autres: la balle d'un revolver prend une couleur correspondant à l'état d'esprit du tireur - jaune pour la peur, noir pour la haine, le rouge est une teinte légendaire dont la clef sera évidemment donnée à la fin du film.

Pour souligner ces images, Kensaku Watanabe multiplie également les cadres originaux, les personnages apparaissent à plusieurs endroits dans la même sens, éventuellement au même moment, le montage n'hésite pas à sauter d'un instant à un autre dans la même scène.

LovedGun2.jpg

La distance esthétique créée renforce alors la poésie et rend crédible sa concrétisation à l'écran. Les tueurs à gages deviennent samouraïs des temps modernes, avec un code moral parfois déroutant, mais toujours au-dessus des us et coutumes du commun des mortels, une pureté des personnages et de leurs émotions qui traverse toutes les situations et thèmes abordés.

Un résultat final très honorable pour un film de gangster sans prétention.

 

Note: 13,5/20

 

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 12:27

Melancholia.jpgComment mener le spectateur par le bout du nez quand on lui donne la fin du film dans les premières scènes? C'était le défi relevé par Titanic, c'est celui que tente Lars von Trier avec sa dernière réalisation, Melancholia. Mélange de styles avec forte dose d'une apparence de dogme, mise en perspective et propos empreints d'un symbolisme transparent: le message est diamétralement opposé, mais on a du mal à ne pas y déceler un parallèle, une version noire et tragique du lumineux Tree of Life [L'arbre de vie] de Malick.

Il ne reste que quelques jours à vivre à notre vieille Terre. Une énorme planète nommée Mélancholia est entraînée avec elle dans une danse de mort dont l'issue - le grand Néant - ne cesse de se préciser.

C'est le moment qu'a choisi Claire (Charlotte Gainsbourg) pour célébrer le mariage de sa soeur Justin (Kirsten Dunst) avec Michael (Alexander Skarsgard - le shériff vampire de True Blood)

Claire est le portrait d'une femme toujours en perpétuelle construction: déjà mariée au riche et fortuné John (Kiefer Sutherland), elle élève leur enfant.

La belle Justin, elle, semble la personnalisation d'un instinct destructeur qui s'amplifie avec l'arrivée de la mystérieuse planète.

Les caractères des deux femmes, si différents et si complémentaires s'affirment, se forment et se déforment au rythme des incertitudes sur l'issue de la collision annoncée...

Von Trier a construit son oeuvre en trois tableaux: un prologue, suite de magnifiques scènes léchées au ralenti qui rappellent Tarkovski - visage de Justin sur fond d'oiseaux qui tombent, morts, d'un ciel irréel, cheval paralysé à l'agonie, collision cosmique: instantanés sur les derniers moments de la planète -, et deux chapitres racontant les derniers jours vécus par les soeurs et leur entourage, en commençant par la soirée de mariage de Justin.

Melanch1.jpg

Pour cette dernière, qui forme donc son premier chapitre, von Trier opte clairement pour le style du Dogme - caméra baladeuse à l'épaule, flous et zoom rapides évoquant l'improvisation et le manque de moyens. La ressemblance avec l'excellent Festen est évidente.

Le dénuement technique en trompe-l'oeil (la distribution du banquet est impressionnante, les décors somptueux), la pseudo-improvisation apparente n'y sont hélas plus cautionnés par les habituelles justifications artistiques servant de cache-sexe à de triviales contraintes financières. Ils devraient être employés à souligner les motivations des personnages, ils ne font que souligner une confusion provoquée par le curieux mélange des relents disparates d'une histoire familiale à la Festen qui restera dans l'ombre avec la pression encore diffuse de l'épée de Damoclès qui plane sur la planète entière. Résultat: les comportements erratiques et tragi-comiques des protagonistes qui auraient fait le sel de cette partie tombent à plat.

Melanch2.jpg

Le second chapitre, plus concentré sur le sujet véritable du film, mieux maîtrisé, filmé de manière plus classique, se focalise sur les derniers jours des deux soeurs et de leur entourage immédiat.

Cette gigantesque planète "Mélancholia" dans laquelle s'abîmera la Terre symbolise bien sûr la dépression qui guette l'homme, ses personnages des principes élémentaires de ce même homme avec chacun leur façon de réagir, de tenter d'anticiper une fin pressentie et inéluctable.

La vision du monde de Trier est à l'opposé de celle de Malick, mais les procédés et les images utilisés - si l'on excepte le style "dogme travaillé" développé dans le premier chapitre - étonnamment semblables. Ici le cosmos récèle une sourde et fatale menace, là les étoiles illuminaient le ciel pour créer la vie. Ici on broit du noir par anticipation, là-bas les lendemains chantaient l'amour envers et contre tout.

L'intensité des émotions est comparable, et c'est sans doute plus votre vision du monde que les qualités techniques de l'un et de l'autre qui détermineront - s'il en est besoin - votre préférence.

 

Note: 13/20

 

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 18:53

RiseOfThePlanet.jpg

L'étrange logique selon laquelle un grand succès des années de notre enfance sera meilleur s'il est repétri et recuit à l'aide des outils du jour semble très largement admise. Et pourtant, dans la série des remakes catastrophiques - l'imagination semblant être passée denrée rare à Hollywood - on avait déjà "gagné" il y a une dizaine d'années la version Tim Burton de Planet of the Apes. Son échec - mérité - ayant probablement été attribué au manque d'innovation de l'intrigue, le choix s'est porté cette fois-ci vers un remise à neuf du moteur avec réécriture complète de la prise du pouvoir par les singes, soutenue par une utilisation massive du numérique pour parfaire la carrosserie, qui en avait aussi bien besoin. Rise of the Planet of the Apes ne décrit donc pas les tribulations de la petite troupe d'astronautes transportée dans un univers parallèle - ou pas - et simiesque, mais bien plutôt la déchéance de la civilisation humaine entraînée par une évolution fulgurante d'animaux de laboratoires. Des moyens énormes, un scénario bourré de clichés, quelques stars du moment en ascension, et donc un énorme succès au box-office qui, il y a fort à parier, ne marquera pas l'histoire du cinéma.

Will Rodman (James Franco - ouf ça y est, son bras a repoussé) est un brillant chercheur en génétique. Sa passion, c'est Alzheimer, terrible maladie dont souffre son père Charles (John Lithgow) et contre laquelle il a élaboré un remède miracle, le 112, qu'il teste sur des singes.

Une démonstration qui tourne mal, et son chef Steven Jacobs (David Oyelowo, le méchant), corporate jusqu'au bout des ongles, décide de faire abattre tous les cobayes. Seul César, chimpanzé nouveau-né non encore répertorié, réchappe du massacre.

Wil le récupère, l'élève et décide d'expérimenter le médicament sur son père, qui va rapidement mieux.

RiseOfTheplanet1.jpg

Huit ans plus tard, César est parfaitement intégré à la famille. Il a trouvé une ravissante petite amie (Freida Pinto) à Will, parle le langage des signes, est doux comme un agneau... mais reste un singe.

Après une intervention un peu brutale pour protéger Charles d'un voisin irrascible, il va découvrir un tout autre visage de la société humaine.

La narration colle au style bande dessinée bas de gamme: personnages monolithiques portés par des acteurs très typés, intrigue linéaire sans surprise privilégiant l'émotion immédiate, les messages consensuels et les clichés (non, vous n'échapperez pas au moment E.T.) à une vraisemblance trop encombrante.

RiseOfThePlanet2.jpg

Le film était-il prévu pour une durée de deux heures? On se peut en douter tant les raccourcis abondent: passée l'évasion tant attendue des singes, ceux-ci se multiplient comme des petits pains, commencent à parler, disparaissent dans les nuages, restent non-violents au possible... on frise le grotesque, le message reste au ras des pâquerettes.

Les effets numériques sont propres, mais se contentent de remplacer les acteurs du passé en costume encombrant sans vrai plus.

Ah, les bon vieux maquillages! Les exercices de voltige scientifico-intellectuels dans l'espace-temps! Charlton Heston! La SF des années 60-70, au secours!

 

Note: 08,5/20

 

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