Bon eh bien après quelques mois de silence (dûs à d'autres projets souvent liés au septième art ou à ses dérivés), une petite mise à jour en cette période de Césars et d'Oscars pour ce qui concerne les films chroniqués l'année dernière dans ce blog.
Petit rappel: ce ne sont pas les Oscars qui sont distribués ici, mais les "Coeurs et Têtes". Et on ne s'intéresse pas qu'aux productions de l'années, mais à tout ce qui a été chroniqué dans ce blog en 2011, soit 9 séries et environ 115 films. Quel que soit le millésime, quel que soit l'origine. Etant donné le nombre de "candidats", les choix ont donc été difficiles cette saison.
Meilleur générique*: Chinjeolhan geumjassi [Lady Vengeance] (2005)
Meilleur montage: Zerkalo [Le miroir] (1975)
Meilleurs effets spéciaux: Sucker Punch (2011)
Meilleur bande originale/ musique: Black Swan (2010) - la musique de Tree of Life (2011) n'est pas mal non plus...
Meilleurs décors: Kung Fu [Crazy kung fu] (2004)
Meilleure direction artistique: The Fountain (2006)
Meilleurs dialogues: Tucker & Dale vs. Evil (2010)
Meilleur scénario: Tree of Life (2011)
Meilleur dessin animé/ film d'animation: Fantastic Mr. Fox (2009)
Meilleur second rôle féminin: Sarina Farhadi dans Jodaeiye Nader az Simin [Une séparation]
(2011)
Meilleur second rôle masculin: Christian Bale pour The Fighter (2010)
Meilleur actrice: Natalie Portman pour Black Swan (2010)
Meilleur acteur: Robert Duchesne pour Bob le flambeur (1956)
Meilleur réalisateur: vraiment pas facile, mais s'il faut choisir, Luis Bunuel dans Los olvidados [Pitié pour eux] (1950). Le plus récent aurait été Malick (Tree of Life)
Meilleur série: choix difficile ici aussi... mais Oz 1 quand même
Meilleur documentaire*: le seul dans sa catégorie d'accord, mais il mérite la mention Waste Land (2010)
Meilleur film français: Bob le flambeur (1956)
Meilleur film anglo-saxon*: Tree of Life (2011)
Meilleur film africain*: peu de candidats là aussi, mais Omaret yacobean [L'immeuble Yacoubian]
(2006) mérite une mention
Meilleur film moyen-orient*:Jodaeiye Nader az Simin [Une séparation]
(2011)
Meilleur film européen hors France*: Zerkalo [Le miroir] (1975)
Meilleur film asiatique*: un classique, ou en tous cas qui devrait l'être, Taiji ga mitsuryô suru toki [Quand l'embryon part braconner] (1966)
Meilleure comédie: Amintiri din epoca de aur [Contes de l'âge d'or]
(2009)
Meilleur film de guerre*: la guerre y est froide, mais... Gongdong gyeongbi guyeok
JSA [Joint Security Area] (2000)
Meilleur film romantique*: Two for the Road [Voyage à deux] (1967)
Meilleur drame: Yuke yuke nidome no shojo [Go, Go Second Time Virgin / Vierge violée cherche étudiant révolté] (1969)
Meilleur film d'horreur: Tucker & Dale vs. Evil (2010)
Meilleur film policier/ d'aventure: beaucoup de prétendants, mais à ne pas manquer, Salinui chueok [Memories of Murder]
(2003)
Meilleur film (tadaaaaaa!): difficile à dégager cette année, tous les films précédents étant excellents, je choisis néanmoins Los olvidados [Pitié pour eux] (1950)
Voilà, beaucoup de choix peuvent se discuter, c'est en partis le but de l'opération d'ailleurs... bonne année cinéma 2012 à tous!
* nouvelle catégorie
Pénétrer dans le quotidien et les tourments d'un ancien
criminel passionnel, voilà où nous entraîne Shôhei Imamura dans Unagi (L'anguille ou The Eel pour les anglophones) Palme d'or ex-aequo au festival de Cannes 1997, le
film était présenté comme un "sortilège érotique" sur son affiche anglaise. Et pourtant, la dose d'images brutes ou de séquences choc y reste faible en comparaison de nombre de ses contemporains
qui n'affichent pas la même prétention. Alors, cette anguille, brûlot érotique à la japonaise qui aura fait long feu?
Unagi sort après une période de huit ans de silence
(difficultés de financement apparemment) d'Imamura après Kuroi Ame [Pluie noire ou Black Rain], film intense s'il en est. Mais comme dans ce dernier, comme dans son
La personnalité complexe de Yamashita se débat en compagnie de
caractères singuliers qui, eux aussi, montrent rapidement des fêlures qu'ils ont peut-être appris à mieux masquer que l'ex-tueur. Une suicidée, un interpelleur d'extra-terrestres, un ancien
co-détenu... Les liens se tissent entre tous les inadaptés de ce monde, Imamura y fait fleurir perturbations, fantasmes, assortis d'un humour noir bien personnel: un composé subtil d'émotions.
L'hypothèse du retour de Jésus ou
du Messie sur terre constitue un exercice d'école classique, stimulant mais délicat, prompt à affirmer les dévoiements de la société moderne par rapport au modèle chrétien théorique. Dans
Celui qui doit mourir, Jules Dassin emprunte indirectement cette voie pour livrer une parabole sur le mode de la tragédie mystique, tableau critique d'une humanité dominée par l'égoïsme
et la cupidité, et où l'espoir des plus faibles ne peut venir que de la révolte. Le ton est théâtral - on y distingue le style littéraire d'André Obey, dramaturge célèbre du siècle dernier en
France - le style un peu daté, voire grandiloquent mais l'émotion est là, et le message porte.
Le monstre pourrait être le ténébreux Peter (Shiloh
Fernandez), orphelin étranger ami d'enfance pour lequel vibre le coeur de Valérie, ou Henry (Max Irons), le blond forgeron à qui elle a été promise par ses parents, ou qui encore?
Le cinéma coréen nous a maintenant accoutumé à des
variations toujours inattendues - intéressant et stimulant paradoxe - dans les genres les plus variés. Avec Bu-dang-geo-rae [The Unjust], Seung-wan Ryoo replonge dans le
policier, s'appuyant sur une intrigue complexe dont le thème central sera la corruption qui, si l'on en croît le scénario, gangrène la société coréenne, privée comme publique. Jouant - et surtout
déjouant - les conventions, The Unjust entraîne ses personnages, et le spectateur avec eux, dans un tourbillon de magouilles qui tourneboulerait les valeurs morales du plus preux des
chevaliers.










