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Jeudi 18 octobre 2007
Depuis deux ans, ‘Prison Break’ est la série qui cartonne chez Fox, qui enchaînait déjà les ‘24’ (déjà à leur sixième volume) avec succès. Le pourquoi en reste mystérieux, voire inquiétant.
 
PrisonB2.jpgSon héros central, Michael Scofield (Wentworth Miller), est un Mac Gyver tatoué du plan de sortie de sa prison (les dits tatouages clignotant de temps en temps pour souligner au spectateur peu évolué leur importance), maniaque d’origami (sans doute signe d’une grande intelligence), qui a tout prévu, tout calculé, tout appris sur ses futurs codétenus, avant de se faire enfermer dans le même pénitencier d’Etat que son frère condamné à mort mais innocent, Lincoln Burrows (non, il ne porte pas le même nom que son frère) (Dominic Purcell). Il grignote peu à peu tout au long des 22 épisodes de la série tous les obstacles qui s’accumulent sur son chemin pour faire évader ce frère et une équipe de codétenus de tout poil qui l’ont aidé dans son aventure.
Parallèlement, une avocate ancienne petite amie de Lincoln, Véronica (Robin Tunney) essaie de démêler l’enquête qui innocentera le condamné, prétexte à laisser le spectateur souffler périodiquement hors du stress l’univers carcéral, tandis que les méchants, des gens très haut placés (parmi lesquels la vice-présidente des USA), multiplient les pressions les plus maladroites pour arrêter les progrès de nos héros, victimes d’une machination très ‘conspiracy theory’.

A partir d’un synopsis somme toute classique, une série est née, hybride de telenovela et de thriller, dont on se demande bien pourquoi elle plaît tant.

PrisonB3.jpgLes invraisemblances du scénario ne sont plus à compter. Les tueurs, des agents des services secrets, aussi peu discrets que possible, ratent si fréquemment leur cible par bêtise et manque de professionnalisme qu’on en vient à vouloir les aider. Négligeant toujours des indices pourtant évidents, ces félons deviennent quand tout espoir leur semble perdu exceptionnellement subtils (mais rassurez-vous, cela ne durera que quelques secondes), le temps de relancer une poursuite cousue de fil blanc. Leur non renouvellement fait qu’ils deviennent véritablement lassant au fil des épisodes.
Les personnages, bons comme méchants, pourvus d’une épaisseur psychologique aussi fine que du papier à cigarette, développent un cruel manque d’humour, du moins quand celui-ci n’est pas involontaire.
Et le reste est à l’avenant. Les décors mélangent luxe et carton-pâte, même quand les premiers épisodes, souvent des pilotes approximatifs dans le cycle de vie des séries américaines, sont passés. La musique, malgré sa qualité, est utilisée de telle façon qu’elle souligne lourdement l’action.
Le montage accompagne grossièrement le tout. On ne compte plus ainsi les exemple de faux suspense (vous savez, les policiers vont ouvrir une porte, on s’attend à trouver les évadés qui sont derrière une porte similaire, et : oh surprise ! ce n’est pas la même porte qui est ouverte...), qui deviennent malheureusement un des ressorts principaux de l’histoire.
Au milieu de ce cirque, les acteurs font ce qu’ils peuvent pour faire semblant de forcer des portes déjà ouvertes, ouvrir des trappes d’acier en balsa, les cheveux rasés du héros subissent une forte et subite poussée vers l’épisode 17...
Le doublage français, à la hauteur du tout, condamne définitivement un réalisme supposé.
Restent bien quelques rares moments de grâce, comme le final de l’épisode 20, où les complices sont passés en revue en prélude au bouquet des deux derniers épisodes, mais valent-ils bien la peine de subir le reste ?

PrisonB5.jpgFox, avec cette série, confirme son orientation ‘white trash’. Les références sur lesquelles sont basées ‘Prison Break’ sont en effet celles de cette ‘culture’ dans toute sa splendeur : les valeurs familiales et patriotiques y sont exaltées au travers des qualités inhérente à l’individu-pionnier bourré de qualités trahi par des structures financières ou administratives corrompues.
Malheureusement, le manichéisme inhérent à l’idéologie sous-jacente ne favorise pas ici la créativité et l’originalité dans les productions de ces filières.
Les emprunts à la grande sœur ‘24’ abondent, mais perdent leur efficacité. Là où les approximations de scénario des aventures de Jack Bauer passent avec la sauce de l’action et la précipitation dans laquelle les acteurs sont plongés, elles sont ici trop transparentes, dans un milieu où les contraintes de temps ne sont pas du tout les mêmes. Le style de tournage « sur le vif », également emprunté à ‘24’ n’apporte au final pas grand-chose.

Le succès d’un tel produit n’est-il pas un des reflets d’une médiocrité flagrante de certaines couches de la population américaine ? Sans l’espérer, on en vient à le penser.

Note :     06/20
Prison Break 1 sur imdb
par Eddl publié dans : Télévision
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Lundi 6 août 2007
Lost1.jpgTrop souvent, et même si on nous assure que ce n’est pas le cas, une série télévisée est lancée sur une illumination, une « bonne idée » plus ou moins vague qui, c’est certain, en se développant, cristallisera l’attention du public pour les années à venir. L’histoire débute généralement de façon intelligente, avec des moyens techniques corrects et des rebondissements multiples. L’élan initial dure en général deux saisons : la première met l’eau à la bouche et introduit la problématique générale – la « bonne idée » en question – , la deuxième exploite cette dernière à fond. C’est sur la troisième que les choses se gâtent : on veut garder le succès des précédentes, amortir leur coût, rentabiliser les excès du passé. Et donc on commence à tirer sur la corde, à étaler la confiture de plus en plus finement. Du coup le remplissage par des verrues secondaires et sans importance prend de plus en plus d’ampleur, le tout s’alourdit et s’embourbe, et quand le public s’en rend compte, c’est déjà trop tard, il est fatigué, il n’est plus temps que de tirer le rideau.
Aussi, quand ‘Lost’, la série phare de l’année 2004, entame sa troisième saison, les fans peuvent prendre peur. Lost-2.jpgResteront-ils sur leur faim ? Le travail sera-t-il digne des épisodes précédents ? Le suspense sera-t-il conservé ? Y aura-t-il assez d’action et d’intelligence pour remplir 23 épisodes d’une quarantaine de minutes chacun ?
Pour éviter ces embûches, ‘Lost’ a été dès sa naissance pensée comme différente : ce qui distingue cette série de la plupart de ses concurrentes construite sur le même modèle – une histoire qui évolue d’épisode en épisode en tenant le public en haleine de façon à le fidéliser –, c’est la structure globale de l’intrigue avant tout. Cette dernière aurait été élaborée dès le départ pour s’étaler sur six saisons, pas une de plus, pas une de moins. L’histoire progresserait donc conformément à un plan, et le spectateur ne s’égarerait pas dans un labyrinthe de petites histoires traitant de personnages secondaires.
On pourra toujours douter de la profondeur de cette volonté, mais cette démarche a ici porté ses fruits. Le concept initial de ‘Lost’, mélange (voulu ainsi dès les origines) de ‘Cast Away’ (‘Seul au Monde’) de Robert Zemeckis et de ‘Survivor’, le ‘Koh Lantah’ américain, arrangé entre autres créateurs de séries par le maintenant célèbre J.J. Abrams (‘Alias’), concept qui aurait pu être épuisé après plus de quarante épisodes, évolue sans lasser dans une troisième saison haletante.
Lost4.jpgSi la construction de la plupart des épisodes reste la même – évolution de l’intrigue générale autour de flash-back sur la vie d’un des personnages – on ne peut que rester collé à son fauteuil devant l’inventivité des scénaristes et la réalisation soignée.
La première saison traitait de l’installation des survivants d’un crash aérien sur l’île et de leurs premières déconvenues face à des habitants hostiles et secrets. La deuxième narrait les affrontements avec ces derniers jusqu’à l’explosion cataclysmique d’un étrange bunker. La troisième raconte les heurts de plus en plus violents entre les différentes communautés, le passé des divers camps en présence, et ce jusqu’à un éventuel et hasardeux sauvetage...
Lost3.jpgSur le fond de l’histoire, alors que tout s’acharne sur les rescapés, nous en apprenons plus sur l’énigmatique ‘Dharma Initiative’ et les non moins énigmatiques ‘Autres’, mais il faut bien avouer que plus on en apprend, plus le mystère s’épaissit sur les objectifs des uns et des autres. Ce ne sont pas les réponses à beaucoup de questions posées dans les épisodes précédents qui manquent, mais chacune en génère une à son tour, et ainsi de suite. Cette construction en poupées russes est sans doute la vraie marque de fabrique de ‘Lost’, plus encore que le cadre exotique de cette île mystérieuse.
Résultat : les éléments nouveaux sur les divers habitants de l’île surviennent dosés par un compte-goutte assez équilibré en rebondissements et coups de théâtre pour que le tout garde l’attention captive, et ce jusqu’au dernier épisode. Celui-ci apparaît très intelligemment, lui aussi, comme conclusion d’une partie de l’aventure – et comblera donc les attentes des fans – tout en dévoilant une nouvelle poupée gigogne.
Certains épisodes sont particulièrement savoureux, surtout dans la seconde partie du lot : le 14 par exemple déborde de second degré et d’humour noir, tandis que les deux derniers passent en un clin d’œil. Des éléments qui semblaient avoir été mis en sourdine dans la deuxième saison resurgissent pour notre plus grand plaisir – le monstre mystérieux est de retour ! – , certaines quêtes personnelles trouvent leur conclusion, souvent dramatique – celle de Sawyer par exemple –, et les personnages et détails secondaires sont assez soignés pour que le spectateur ne puisse pas à l’avance évaluer leur importance dans la fresque énigmatique.
Alors n’en disons pas trop, mais contentons-nous d’encourager les hésitants : ‘Lost 3’ est une bonne cuvée, et tout comme ses deux sœurs aînées, il serait vraiment dommage de ne pas y goûter !

Note :     16/20
Lost sur imdb
par Eddl publié dans : Télévision
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Vendredi 3 août 2007
Les séries sont pour la plupart des chaînes de télévision généralistes leur vitrine. Censées concurrencer les films cinéma et les téléfilms qui n’offrent qu’une aventure ponctuelle, elles fidélisent une audience sur un créneau horaire tout en lui offrant un spectacle éventuellement comparable en terme de qualité.
Heroes1.jpgLa mode télévisuelle est, depuis quelques années, et notamment la montée de HBO aux Etats-Unis avec ‘Sex and the City’ dans une moindre mesure, puis les ‘Sopranos’, rejointe par ABC avec ‘Alias’ et Fox avec ‘24’ (on se souvient également de ‘X-Files’ sur le même modèle dans les années 90), aux séries où l’intrigue se développe sur une saison (souvent équivalente à un semestre), à doses élevées de suspense et de mystère, et reposant sur des codes et des conventions d’un genre bien déterminé (espionnage, fantastique, policier...)
Chaque réseau TV digne de ce nom en lance au moins une par an, qui sera son image pour l’année à venir, et ne lésine donc plus sur les moyens qui assureront leur succès. Si celui-ci est au rendez-vous, la série peut s’étaler sur plusieurs années, pour le meilleur – quelquefois pour le pire.

2006 aura ainsi été pour NBC l’année du lancement triomphal de ‘Heroes’, série racontant l’émergence douloureuse d’une nouvelle génération de super héros. Qui ? Pourquoi ? Comment ?
Les aventures vécues par une multitude de personnages menant une vie plus ou moins ordinaire, qui se découvrent chacun une capacité incroyable et unique constituent le fil de l’histoire, ou plutôt des histoires. Nathan Petrelli (Adrian Pasdar) est un candidat au Congrès qui peut voler comme Superman, Claire Bennet (Hayden Panettiere) une lycéenne dont les blessures et contusions disparaissent presque instantanément, Niki Sanders (Ali Larter) une strip-teaseuse douée d’une force surhumaine et d’une personnalité multiple, Mohinder Suresh (Sendhil Ramamurthy) un professeur en génétique indien qui marche dans les traces d’un père mystérieusement assassiné à la recherche de ces surhommes...

Heroes-4.jpgRapidement, le spectateur est saisi par l’intrigue générale, pourtant banale pour ce genre : une prophétie assure que le monde sera détruit dans quelques semaines ; il faudra donc détourner le destin de son cours en accomplissant l’impossible.
La réalisation est efficace, les scènes d’action nombreuses et généreuses, le ou les méchants ignobles à souhait. Sont multipliés bien sûr, pour  le plaisir de tous, les retournements de situation et autres ‘cliffhangers’ (vous savez, l’angoisse posée par le « à suivre... » brutal qui va vous faire passer une semaine infernale dans l’attente du prochain épisode)
Quant aux héros, ils sont si divers dans leurs capacités extraordinaires, leurs histoires personnelles, leurs comportements que n’importe qui trouverait à s’y identifier. Jusqu’à leurs personnalités respectives, toutes tranchées et simples, tout en étant très variées. Dans la même idée, du lycée à la politique, de la famille américaine idéale aux repris de justice, de l’hôpital à la police, tous les milieux de la société américaine sont abordés.
Heroes-3.jpgAutre atout pour cette réussite, Tim Krig, créateur de la série, a repris beaucoup d’éléments qui ont fait le succès de films ou de séries de ces dernières années : les amateurs de mystère et d’organisations secrètes (‘Alias’, ‘Lost’, ‘Tomb Raider’), de meurtres répugnants (‘Seven’) y trouveront leur compte, pas de problème !

Les canons du genre sont bien respectés, et l’œuvre globale est dans le droit fil de l’évolution de la mythologie du super héros. Incarnation d’un rêve de chacun d’entre nous, exacerbation d’un sens, capacité portée à l’extrême, celui-ci est une prolongation des dieux de l’antiquité, tout-puissant sur un domaine de l’activité humaine. Ses pouvoirs portent souvent en eux-mêmes leur propre malédiction, sur le principe du ‘mieux est l’ennemi du bien’, ce qui est après tout rassurant pour le citoyen lambda que nous sommes.
Depuis leur naissance avant la seconde guerre mondiale, quand la simplification apaisante du combat du bien contre le mal plaisait aux lecteurs, jusqu’à leur évolution dans les années 50-60, quand les préoccupations générales ont commencé à s’éloigner des visions manichéennes, les super héros ont évidemment bien changé. Les tenues en collant se sont faites rares, les conflits sont souvent devenus intra-personnels, les personnalités troubles, à mesure que les repères idéologiques du reste de la société se brouillaient. ‘Heroes’ se situe dans le prolongement de ce mouvement.
Heroes-2.jpgLes clins d’œil à la tradition, comme il se doit, sont très nombreux : un des personnages est lui-même dessinateur de comics par exemple, un autre est un fan, l’affichage des titres des épisodes est résolument très BD.
Si l’on pressentait un certain essoufflement du genre, il faudra donc se détromper avec ce premier volet d’une œuvre globale annoncée comme gigantesque (on parle de cinq saisons déjà esquissées !)

Seul bémol, mais qui sera de taille pour certains : en introduisant une profusion de destins et d’historiettes qui sont autant de fils d’une trame qui enfle à mesure que ces super héros y sont intégrés, Krig a pris le risque de rendre le tout illisible, et plus d’un sera désorienté par la richesse de l’ensemble. Bien sûr, quelques personnages sont plus centraux que d’autres, mais un grand nombre (une douzaine à peu près) ont une importance primordiale dans le déroulement des événements. Ils se croisent et se recroisent au cours des épisodes dans un ballet qui risque de donner le tournis et multiplie des verrues scénaristiques dont on aurait pu se passer. Mais n’est-ce pas là une stratégie qui attire et capte les fans de ce type de séries ?
En tous cas, preuve de la réussite des créateurs de ‘Heroes’, une fois de plus, nombreux sont les malheureux en attente de la saison suivante... La télévision a encore frappé !

Note :     Heroes             14/20

Heroes sur imdb
par Eddl publié dans : Télévision
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Vendredi 27 juillet 2007
AfficheRII.jpg
Une chose à dire: courez-y vite!


par Eddl publié dans : Théâtre
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Mercredi 25 juillet 2007
Yeux.jpg
Traversée la plaine de neige
Et les broussailles bien taillées,
Un fin rideau de peupliers
Et les oh ! les ah ! les rêvais-je ?

Adossée au céleste pic,
Au creux de deux belles cuvettes,
Voilà que la troupe en goguette
Se rêve à quelque acte héroïque

Car aux pieds de ces matamores,
Eveillant leur cupidité,
Endormant la peur du danger,
Là, étincelants, des trésors !

Encerclés de chaudes banquises,
Autour de puits noirs et profonds,
Pure merveille, ange ou démon ?
Quelle symétrie, oh surprise !

Deux couronnes sans prix, serties
D’azurites et de turquoises,
Aigues-marines et topazes,
Joyaux et brillants assortis

C’est pour elles qu’ils sont partis
Pour cette lave d’émeraude
Semée de geysers de saphir

C’est pour elle que cette nuit
Ils ont rejoint cette maraude
Promesse d’infinis plaisirs

Quel dur cerbère pour ces ors
Pour retenir l’avidité
De ces brigands bien apprêtés
A braver mille et mille morts ?

Suffiront ces terribles armes
Pleines de générosité,
Par la douce âme dispensées :
Un souffle, un baiser, une larme.
par Eddl publié dans : Images d'ailleurs
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